BLANC ROSSET Léon, André. Pseudonyme à Moscou : LAMBERT Louis

Par Paul Boulland, René Lemarquis, Claude Pennetier

Né le 4 février 1907 à Saint-Ouen (Seine) ; chauffeur de taxis ; militant communiste et syndicaliste ; élève à l’École léniniste internationale, à Moscou, en 1934-1935 ; volontaire en Espagne républicaine.

Léon Blanc Rosset était le fils d’un peintre en voitures, d’origine paysanne venu de Haute-Saône à Paris à l’âge de seize ans ; sa mère était ménagère. En 1953, il qualifiait ses deux parents de sympathisants, son père était alors décédé ainsi que son frère militant communiste ; sa sœur, commerçante, était d’ « opinions vagues ». Après sept années d’école primaire, titulaire du certificat d’études, il commença à travailler en 1920. D’abord imprimeur jusqu’en 1925 à Saint-Ouen, il fut ensuite marchand forain jusqu’en 1927. De 1927 à 1929 il fit son service militaire comme artilleur de 2e classe et devint ensuite chauffeur de taxis au garage Citroën à Saint-Ouen jusqu’en 1931 puis au garage Mondet jusqu’en 1934.

Léon Blanc Rosset avait reçu une éducation, sinon communiste, du moins marquée par « un sens de classe assez développé » par son père. Il adhéra au Parti communiste en février 1932 lors d’un meeting à Bullier après s’être syndiqué en 1929. Il donna son adhésion après avoir « approfondi et étudié le mouvement et le Parti communiste... lorsque [son] instruction politique et sociale [lui] apparut suffisante pour militer ». Affecté à la cellule Émile Zola du rayon de Saint-Ouen il fut membre de son bureau. Mais ses conditions de travail lui imposaient de militer plutôt au syndicat (il était secrétaire de son syndicat en 1932) et, pour cette raison, il abandonna sa fonction de trésorier de sa cellule.

Sur le plan syndical, Léon Blanc Rosset fut membre du bureau et trésorier de 1929 à 1931 de la section syndicale CGTU du garage Citroën de Saint-Ouen. Il participa à la grève de trois semaines des taxis de cette entreprise en 1931 et fut licencié. En 1934, il était, provisoirement, permanent rétribué au Syndicat unitaire des cochers-chauffeurs où il militait avec Raymond Loche* et Léon Depolier*. Sa tâche consistait surtout à former « ou des sections syndicales ou des comités de garage » groupant tous les chauffeurs. A la suite d’une grève des taxis en février 1934 dont, en tant que responsable de secteur, il fut membre du comité central de grève, il s’était retrouvé au chômage. Il vivait alors, ainsi que son frère également chauffeur, avec leur mère, âgée, qu’ils aidaient financièrement.

Il fut proposé par Raymond Loche pour l’ELI ce qui fut accepté par la commission des cadres et le secrétariat. En mai 1934 il entra à l’École sous le pseudonyme de Louis Lambert et y resta jusqu’en 1935. À son retour, il travailla six mois comme permanent au bureau fédéral syndical des cochers chauffeurs. Il s’engagea comme volontaire en Espagne républicaine où il fut chauffeur.

Prisonnier de guerre en Allemagne, il séjourna au Camp XIIIC, fut envoyé dans plusieurs commandos. Il déclara en 1953 : « J’ai lutté contre la formation de cercles Pétain avec résultats ».

Toujours chauffeur de taxis après la Libération, il était secrétaire de sa section locale CGT en 1953. À cette date, il n’est considéré par le secrétaire de la section communiste de Saint-Ouen, Lucien Belloni*, que comme un « camarade très connu dans son quartier et très estimé. Attaché au parti, à sa place comme candidat sur la liste électorale municipale. » Il était proposé comme candidat au conseil municipal. Blanc-Rosset est représentatif de ce volant important d’élèves de l’École léniniste internationale qui ne tirèrent pas de bénéfices militants de ce capital politique exceptionnel, ni d’ailleurs de son séjour dans les Brigades internationales.

Il était marié avec Élise Chapuis, « sans profession, sympathisante », et père de deux enfants âgés de quinze et seize ans, en 1953.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16852, notice BLANC ROSSET Léon, André. Pseudonyme à Moscou : LAMBERT Louis par Paul Boulland, René Lemarquis, Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 27 octobre 2010.

Par Paul Boulland, René Lemarquis, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI : 495.270.1016 : Autobios de mars et mai 1934. Questionnaire à l’entrée à l’ELI (Noté A — AS par la CDC). — Arch. Fédération communiste de Seine-Saint-Denis.

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