ROUSSEAU Émile.

Par Jean Puissant

(Fayt-lez) Seneffe (pr. Hainaut, arr. Charleroi), 8 décembre 1859 – (Fayt-lez) Manage (pr. Hainaut, arr. Charleroi), 9 novembre 1928. Ouvrier métallurgiste, boulanger et dirigeant de la coopérative Le Progrès à Jolimont (aujourd’hui commune de La Louvière, pr. Hainaut, arr. Charleroi).

Émile Rousseau fréquente l’école communale jusqu’à l’âge de treize ans. Il devient ouvrier métallurgiste aux ateliers de construction mécanique de la Croyère (La Louvière, pr. Hainaut, arr. Soignies) jusqu’en 1886. À la création de la boulangerie coopérative du Progrès de Jolimont (aujourd’hui commune de La Louvière), il y est engagé comme aide boulanger. Dès l’année suivante (à la mort d’Abel Wart*), il devient employé. Lors de l’élection de Henri Léonard comme député en 1894, il lui succède à la comptabilité. De même, lors du décès de Théophile Massart en 1903, il lui succède comme directeur, fonction qu’il assume jusqu’à sa mort, bientôt sous le titre d’administrateur délégué.

« De taille élancée, les traits fins, arborant le pince-nez comme un jeune maître du barreau, la lèvre ombragée d’une forte moustache brune, sans afféterie dans le maintien, mais non sans aisance ni distinction, il (Émile Rousseau) a gardé pourtant et je l’en congratule, l’estampille, simple, enjoué, exubérant dans l’intimité de de son entourage, et je m’imagine volontiers apercevoir en lui, un précurseur de la classe ouvrière affranchie, cultivée dans tous les domaines, affinée avec une pointe de coquetterie artiste… » (voir LEKEU, J., 1907). Ce beau portrait ne nous apprend rien sur le rôle d’Émile Rousseau dont nous notons néanmoins que fougueux, « il est un jouteur redoutable… dans un français châtié. »

En 1906, la coopérative de Jolimont fabrique 32.000 kilos de pain par jour, 5.000 hectolitres de bière par mois, dispose de cinq maisons du peuple, trois pharmacies, une boucherie charcuterie, deux magasins de confection, trois magasins de chaussures. Elle garantit un minimum salarial à ses salariés, la journée des huit heures, une caisse de secours et de retraite, le suffrage universel pour recruter le personnel… tout en consacrant plus de 12.000 francs or (plus de 50.000 euros) pour la propagande au cours de l’année et en finançant diverse associations culturelles.

Membre de La Solidarité de Fayt, caisse de secours mutuels, société matrice du Progrès et de bien d’autres organisations, Émile Rousseau en devient le secrétaire en 1875 ; il le restera pendant vingt ans. Cette caisse compte à ce moment 400 membres. Contrairement à ses collègues, Émile Rousseau n’a brigué aucun mandat politique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article168280, notice ROUSSEAU Émile. par Jean Puissant, version mise en ligne le 8 décembre 2014, dernière modification le 4 juillet 2019.

Par Jean Puissant

SOURCES : DE LA SOCIALE (rédacteur : ROUSSEAU E.), Histoire du socialisme et de la coopération dans le Centre, préface d’Émile Vandervelde, La Louvière, 1894 – LEKEU, J., À travers le Centre. Croquis et mœurs : enquête ouvrière et industrielle, Bruxelles, 1907 (icono, p. 170) – JORIS, F., 1885-1985. Histoire des fédérations. Soignies-Thuin, Bruxelles, 1985, p. 196 (Mémoire ouvrière, 10).

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