Né le 30 décembre 1851 à Arcis-sur-Aube (Aube), de père inconnu, typographe, marié le 24 février 1877 avec Léontine Marie Roussin, trois enfants, anarchiste et syndicaliste de Troyes.

Le 12 mars 1868, il fut condamné à 3 mois de prison pour recel, le 20 août 1868 à 2 mois de prison pour vol, le 16 septembre 1869 à 6 mois de prison pour vol, le 24 août 1871 à 5 mois de prison pour vol, le 1er février 1872 à 20 jours de prison pour coups, le 2 juillet 1874 à deux ans de prison pour coups.
Correspondant pour l’Aube du Révolté de Jean Grave dès 1881, Henri Enfroy habitait alors 39, rue Saint-Jacques, à Troyes. En juillet 1881, il mandata Louis Bouisson pour représenter le groupe anarchiste de Troyes au congrès international de Londres (voir Gustave Brocher).
En mars 1883, il fut arrêté pour avoir reçu à Troyes un paquet de brochures antimilitaristes intitulées À l’Armée, expédiées de Paris par Émile Pouget. Au terme du procès qui se tint les 21, 22 et 23 juin 1883 à Paris (voir Mareuil), il fut acquitté. À l’audience, Enfroy déclara : « On me reprochera certainement d’avoir subi quatre condamnations pour vol. [...] Il faut savoir que je suis fils d’une pauvre fille séduite par un bourgeois, abandonnée par son séducteur, que j’ai longtemps connu les angoisses de la misère, de la faim. Il faut savoir que les condamnations ont été prononcées pour vols de fruits, de pommes de terre. [...] Depuis que je suis devenu socialiste, j’ai toujours vécu de mon travail... » (La Bataille, 22 juin 1883).
Le 30 mars 1886 Denéchère et Galichet, deux anarchistes parisiens, auraient quitté Paris pour se rendre à Troyes afin de rencontrer Enfroy et Paul Martinet.
Enfroy fut un des promoteurs des premières organisations syndicales à Troyes. Il prit une part active à la création de l’Union syndicale des ouvriers et ouvrières de toutes les industries qu’il dirigea pendant les années 1888-1889 et dont il démissionna à la suite de plusieurs condamnations pour infraction à la loi sur les syndicats professionnels (dont une le 20 août 1889 à 16 francs d’amende pour constitution illégale de syndicat) : l’Union comprenait des travailleurs de professions diverses et lui-même était frappé d’incapacité électorale.
Le 4 juin 1889, il fut condamné à 6 jours de prison pour outrage au commissaire de police.
En mai 1892, son nom figurait sur un carnet d’adresses saisi chez Mougin, un anarchiste de Paris.
En décembre 1897 et janvier 1898, il était abonné au Libertaire. Henri Enfroy était correspondant du journal où il signait ses chronique «  E. Henry typographe », il y attaquait la municipalité de Bar-sur-Seine.
Son fils Henri Paul Enfroy, né à Troyes le 20 février 1880, rebrousseur, demeurant 51 rue du Temples à Troyes était membre du groupe libertaire, selon un rapport de police du 8 septembre 1896.
Après avoir travaillé chez plusieurs imprimeurs de Troyes, en avril 1896, il était typographe à l’imprimerie Saillard de Bar-sur-Seine.
Il organisa les conférences de Barrucand et de Sébastien Faure et fit partie du groupe des « Libertaires troyens ».
Il fut rayé de la liste des anarchistes le 10 janvier 1910 mais vers 1912-1913, Henri Enfroy se livrait encore à une active propagande antimilitariste.

SOURCES : 1 M 337 et 1 M 640 Archives départementales de l’Aube — F7 12506 Archives nationales — Jean Maitron, Histoire du mouvement anarchiste en France, tome I, Gallimard, 1975 — La Bataille, 22 juin 1883. — Charles Chincholle, Les Survivants de la Commune, L. Boulanger éditeur, 1885. — Le Petit Parisien, 22, 23 et 24 juin 1883. — Vivien Bouhey, Les Anarchistes contre la république, thèse soutenue à l’université Paris-X Nanterre en 2006.

Jean Maitron, notice complétée par Guillaume Davranche et Dominique Petit

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