Né le 29 mai 1883 à Veretz (Indre-et-Loire), mort le 16 avril 1989 à l’hôpital de Tours ; vigneron ; agriculteur ; chansonnier anarchiste.

Eugène Bizeau, sa femme Anne, la grand-mère paternelle et les deux enfants, Max et Clairette. La photographie a été prise à Massiac en 1926.
Serge Mazières, op. cit.
Un hommage de Cabu à Bizeau
Bizeau (qu’il écrit Bizot) est mort : "Je vous passe le relais !".
Deuxième enfant d’une famille de vignerons républicains et socialisants, Bizeau obtint à treize ans son certificat d’études primaires puis exerça divers métiers avant de devenir vigneron. Il épousa, en 1916, Anne Adélaïde Charbonnière, institutrice laïque, syndicaliste qu’il avait connu par les journaux d’Armand. Ils eurent deux enfants, Max et Clairette.
Bizeau lisait beaucoup et collabora par ses chansons et poèmes à de nombreux périodiques anarchistes, l’Anarchie, de Libertad, L’Idée libre, Le Luth français, Hors du troupeau, les Réfractaires. Il publia en 1910 et 1914, deux recueils de vers : Balbutiements et Verrues Sociales.
Réformé en 1914, il écrivit des poèmes pacifistes et collabora à CQFD de Sébastien Faure, Pendant la Mêlée, et Par-delà la Mêlée, journaux d’Armand (1915-1917).
En 1916-1936, il vivait avec sa famille à Massiac (Cantal) travaillant comme jardinier et agriculteur.
Il continuait à collaborer à de nombreuses publications anarchistes ; citons : Le Libertaire, depuis 1920, La Revue anarchiste, n° 1, 28 janvier 1922, Le Semeur, de 1927 à 1936, La Voix libertaire en 1932, Contre-courant, revue de Louis Louvet, L’Unique, en 1950-1951, etc.
En 1980-1981, Eugène Bizeau, toujours alerte, participa au tournage d’un court métrage : Écoutez Bizeau réalisé par Bernard Baissat avec la participation de l’historien Robert Brécy. Ce film contribua à donner une nouvelle notoriété au vieux chansonnier qui passa le cap des cent ans entouré d’amis et d’artistes. Les éditions Pirot publièrent un livre intitulé : Eugène Bizot à cent ans.
Eugène Bizeau mourut le 16 avril 1989 à l’hôpital de Tours, à cent cinq ans. Il fut enterré à Véretz.

SOURCES : Le Semeur contre tous les tyrans, octobre, novembre, décembre 1927. — Terre libre, n° 25, juin 1936. — Libération, 27 juin 1983. — Le Monde, 29-30 septembre 1985. — L’Humanité, 19 avril 1989. — Serge Mazières, Prémices du syndicalisme des fonctionnaires et ouvrières d’État (Cantal), sd, Aurillac. — État civil de Veretz.

Jean Maitron, Claude Pennetier

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