BIOT Charles [BIOT Marie, Charles]

Par Michel Dreyfus

Né le 21 juin 1888 à Paris (IIIe arr.), mort le 12 janvier 1954 à Paris (XIIIe arr.) ; ouvrier gazier ; syndicaliste CGT.

Entré à la Compagnie du gaz de Paris le 17 mars 1908, Charles Biot milita dès l’avant-guerre et il était, en 1914, secrétaire de la section « Pétrelle » du syndicat général du personnel de cette société. À peine revenu de la guerre qu’il avait faite d’un bout à l’autre, il fut révoqué pour faits de grève le 14 mai 1920, mais fut réintégré une année plus tard. En septembre 1921, il fut nommé secrétaire général de la Fédération nationale de l’Éclairage et des Forces motrices et fut constamment renouvelé dans ses fonctions jusqu’en 1936. Membre du comité confédéral de la CGT à partir de 1925, il présenta cette année-là le rapport sur « les huit heures » au congrès national ; il siégeait en outre à la commission administrative de la CGT et fit partie en 1926 du comité intersyndical du personnel des services publics. En 1929, il était avec Jean Morel*, Louis Cattanéo* et René Calmels* un des quatre délégués titulaires de la section des ouvriers confédérés du Gaz de Paris au conseil d’administration du syndicat du Gaz de Paris.

Dans les années suivantes, il collabora régulièrement au Peuple et fut un orateur actif et apprécié des réunions corporatives. Ses sympathies allaient au Parti socialiste SFIO sans qu’il paraisse en avoir été membre. Au congrès de fusion des Fédérations « confédérée » et « unitaire », en février 1936, il devint l’un des secrétaires généraux de la nouvelle Fédération de l’Éclairage, mais démissionna de cette fonction en juin 1937. De mars 1936 à novembre 1938, il fut membre de la Commission administrative de la CGT et lors de la réunion de cette instance tenue le 5 juin 1936, « approuvé par la commission administrative unanime (il aurait estimé) que le mouvement (des grèves) ne doit pas déborder le cadre de l’industrie privée » : selon l’orientation fédérale et confédérale, les services publics ne devaient en effet pas faire grève.

Selon le numéro de Syndicats du 15 avril 1937, Charles Biot aurait appartenu à cette tendance : ce qui ne laisse pas d’étonner, Charles Biot étant un proche de Léon Jouhaux ; par ailleurs, on ne trouve aucune trace de sa participation à ce journal. Il participa à plusieurs réunions de la commission exécutive de la Fédération « légale » de l’Éclairage à partir de novembre 1939 et jusqu’en 1940. En 1935, il était domicilié 9, rue de la Pompe à Villejuif (Seine, Val-de-Marne).

À la Libération en 1944, Biot fit à nouveau partie de l’équipe dirigeante de la Fédération CGT et, fin 1947, il se prononça contre la scission. Il fut le premier responsable du service d’achat du matériel du Conseil central des œuvres sociales (CCOS) d’EDF-GDF.

Il s’était marié à Paris (XXe arr.), le 18 septembre 1909, à Villejuif, le 12 septembre 1921 et à Paris (IVe arr.) le 8 janvier 1952.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16754, notice BIOT Charles [BIOT Marie, Charles] par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 10 septembre 2013.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : Arch. Nat. F7/13794. — Arch. PPo. 300 et Ba/1686, décembre 1932. — Compte rendu du XVIIIe congrès national de la CGT, 1925. — Le Gazier de Paris, n° 195 B, février 1929. — Comptes rendus des congrès de la Fédération de l’Éclairage. — Cl. Masse, La CGT à travers son quotidien, Le Peuple (1934-1936), op. cit. — D. Stephany, Le personnel de la CGT de 1936 à 1939, op. cit. — Extrait des minutes des actes de naissance, mai 1980. — B. Weiss, La Fédération légale de l’Éclairage CGT (1936-1944), mémoire de maîtrise, Paris VII, 1995. — M. Dreyfus, « Les luttes sociales des électriciens-gaziers, des origines à la Seconde Guerre mondiale », in Histoire de l’électricité en France, tome 2, 1919-1946, sous la dir. de M. Lévy-Leboyer et H. Morsel, Paris, Fayard, 1995, 1 438 p.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., t. I, p. 369.

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