JORISSEN Jacques, Henri

Par Julien Lucchini, Annie Pennetier

Né le 27 mai 1918 à Paris (XIIIe arr.), fusillé comme otage le 23 avril 1942 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; peintre dans le bâtiment ; militant communiste dans la clandestinité.

Fils de Arnold Jorissen et de Léonie Godard, Jacques Jorissen vivait à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) et était marié depuis début 1940 à une militante communiste membre de l’Union des jeunes filles de France (UJFF), Marcelle, Yvonne, Germaine Hucheloup. Il travaillait en qualité de peintre dans le bâtiment.
Ancien secrétaire des Jeunesses communistes à Drancy, il poursuivit ses activités militantes dans la clandestinité dès les débuts de l’Occupation. Il diffusait alors pour le Parti communiste clandestin des tracts qu’il imprimait chez lui, sur une ronéo cachée au fond de son jardin. Dénoncé, il fut arrêté le 6 novembre 1940 à Paris par la police française, et incarcéré à la prison de la Santé.
Condamné à six mois d’emprisonnement par la Section spéciale de Paris, qui dépendait de l’administration judiciaire de Vichy, Jacques Jorissen fut transféré au camp de Choisel à l’issue de sa peine, puis à la prison Lafayette de Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Les autorités allemandes l’avaient alors désigné comme otage en raison de ses activités militantes. Le 23 avril 1942, c’est comme otage qu’il fut transféré à Nantes pour être fusillé par les autorités allemandes, en compagnie de son camarade de Drancy, Simon Bronsztein, Henri Cario et Victor Ruiz.

Un rapport du cabinet du préfet décrit ses derniers moments :
25 avril 1942
Les internés Bronstein, Jorissen, Cario, Ruiz, amenés du camp de Choisel jeudi 23 ont été fusillés au Bêle à midi ce jour là. C’est le gardien-chef allemand qui les a informés de leur condamnation. Il leur a demandé s’ils désiraient un aumônier. Ils ont refusé. Il leur a laissé 1/2 heure pour réfléchir. Il les à mis dans une cellule avec de quoi écrire et ils ont eu 4" pour écrire à leurs familles. Les lettres ont été transmises pour censure le jour même.
Aucun n’avait apporté de bagages de Chateaubriant car ils s’attendaient à leur sort
Les détenus leur ont procuré 6 bouteilles de vin qu’ils ont bu en attendant l’exécution.
Ils sont morts courageusement (Arch. Municipales de Nantes, fonds Luce)
La dernière lettre d’adieu à son épouse se finissait sur ces mots : « Vive la France libre ! Adieu, mon amour. ».

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative des fusillés à Nantes..
Jacques Jorissen fut inhumé anonymement avec ses trois camarades dans le cimetière de Grandchamp, sa femme résidant à Saint-Gildas-de-Rhuys (Morbihan) demanda qu’il soit réinhumé dans cette commune (AD44). Selon une autre source, ce serait à Saint-Malo-des-Trois-Fontaines (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Il repose désormais dans le carré militaire du cimetière de Drancy.
Il a été reconnu Mort pour la France.
Son nom figure sur la plaque commémorative des victimes de la Seconde Guerre mondiale de cette ville. Une rue, une école élémentaire et un collège de la ville ont été baptisés en son honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article167077, notice JORISSEN Jacques, Henri par Julien Lucchini, Annie Pennetier, version mise en ligne le 2 novembre 2014, dernière modification le 17 avril 2018.

Par Julien Lucchini, Annie Pennetier

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Arch.dép. Loire-Atlantique, 1694 W 17, 305 J. et 270 W 480. . – La vie à en mourir, op. cit. – Site Internet de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé. — Mémorial GenWeb. —Arch. Mun. Nantes, fonds Luce.

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