Mineur anarchiste originaire de Billy-Montigny (Pas-de-Calais), Louis Valtille travaillait en 1889 à Calamity (Pennsylvanie). Il signa en janvier à l’instigation d’Étienne Barthelot une lettre de soutien et d’encouragement à la rédaction du Réveil des masses et versa à la souscription permanente ouverte par ce journal. Le 14 avril 1891, il hébergea Tortelier lors de la tournée de propagande que ce dernier effectua en Pennsylvanie.
Militant généreux et dévoué, Louis Valtille versa la somme de 1 dollar à la souscription permanente du Réveil des mineurs en décembre 1891. Le 4 mars 1892, il participa à la réunion de propagande animée par Louis Goaziou. Puis il quitta Calamity à la recherche d’un emploi. Il travailla successivement à Monongahela (Pennsylvanie), où il se trouvait à l’automne 1893, puis à Spring Valley (Illinois), où il résidait en septembre 1896. Dès le lancement de L’Ami des ouvriers, il apporta son soutien à ce journal en versant son écot à la souscription permanente.
En avril 1914, Louis Valtille était installé au Texas, où Louis Goaziou le vit à l’occasion d’une tournée de propagande ; les deux hommes ne s’étaient pas revus depuis le départ de Valtille de Pennsylvanie quelque vingt-deux ans auparavant. Lors de ces retrouvailles, Louis Valtille, qui ne savait pas lire, donna à Goaziou la somme de 1 dollar 50 pour financer la recherche de nouveaux abonnés. Sans doute désireux d’exprimer son soutien à la ligne pro-Alliés de la rédaction de L’Union des travailleurs, Louis Valtille s’abonna à ce journal durant l’été 1915 et figura donc sur la liste des abonnés pratiquement jusqu’à la cessation définitive de parution en septembre 1916.
Marié, Louis Valtille avait perdu son épouse Marie, morte le 24 août 1895 à Alderson (Territoire Indien) sept jours après avoir accouché de jumelles. Il était resté seul avec plusieurs enfants en bas âge.

SOURCES : Le Réveil des masses, janvier 1889 ; Le Réveil des mineurs, 2 mai, 12 décembre 1891, 16 avril 1892, janvier, septembre 1893 ; L’Ami des ouvriers, septembre 1895, 30 janvier 1896 ; L’Union des travailleurs, 30 avril 1914, 17 juin 1915.

Michel Cordillot

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