BESSON George, François, Noël

Par Nicole Racine

Né le 25 décembre 1882 à Saint-Claude (Jura), mort le 20 juin 1971 à Paris ; critique d’art et collectionneur ; membre du Parti communiste.

Fils d’un fabricant de pipes du Jura, Joseph-Aimé Besson, et de Marie-Jeanne dite Eugénie Morilliaz, George Besson naquit en 1882 à Saint-Claude, 7, rue Voltaire. Il quitta le collège en 1896 à l’âge de quatorze ans ; il compléta son instruction dans les bibliothèques, découvrit Zola, Courbet, Manet, puis Monet, Bonnard, Lautrec, Valloton.

« Il m’a souvent évoqué celui qui fut alors son vrai maître - écrit Marcel Cornu en 1971. Un ouvrier diamantaire, qui vivait en haut d’une montagne, à quelques kilomètres de Saint-Claude, et avait organisé sous le patronage de la Ligue de l’Enseignement une bibliothèque rurale. Les livres et les revues étaient rangés dans l’atelier même, à côté et au-dessus des meules où l’ouvrier Pernier taillait des pierres précieuses. George montait chaque semaine pour converser avec son « maître » et repartait en serrant ses livres contre lui.

Il m’a, un jour, il y a une quinzaine d’années, montré, retenant mal son émotion, cette maison isolée dans la montagne, où sa vie se décida. Il avait découvert ici la grandeur du dévouement militant et la beauté de la culture intellectuelle. Ici germa la graine qui allait devenir George Besson. » George Besson était alors socialiste.

En 1905, il arriva à Paris comme représentant d’une coopérative de « pipiers ». Gustave Geffroy - à qui il avait consacré son premier article - lui faisait connaître Octave Mirbeau et tous les grands sociétaires du Salon d’automne. Il rencontra Marcel Sembat, socialiste, qui s’enthousiasmait pour la peinture nouvelle.

Il gagna sa vie comme directeur artistique d’une petite maison d’édition, Crès, puis travailla longtemps aux Éditions Braun où il dirigea la collection « Les Maîtres » à partir de 1932.

Il acheta son premier tableau en 1908, le portrait de sa femme Adèle par Van Dongen. Avec son premier portrait peint par Bonnard (1909), il inaugurait sa collection. Il devint l’ami de Renoir, de Signac (dont il fut l’exécuteur testamentaire après sa mort en 1935), Marquet, Dufy, Matisse, Valtat, Rodin, Maillot, Jean Puy, Valadon, Lhote, Bonnard. Il acheta à ces artistes, qui n’étaient pas tous reconnus, les œuvres qu’il aimait.

En 1912, il fonda les Cahiers d’Aujourd’hui (qui parurent jusqu’en 1926) avec des collaborateurs comme Octave Mirbeau, Léon Werth, Francis Jourdain.
Avant la Première Guerre mondiale, George Besson écrivit à Romain Rolland une lettre de sympathie que ce dernier cita dans son Journal des années de guerre (1914-1919). G. Besson donna aux Hommes du Jour son témoignage en faveur de R. Rolland qui parut dans le numéro du 4 décembre 1915.

Au lendemain de la guerre, George Besson adhéra au nouveau Parti communiste ; il en demeura membre jusqu’à sa mort.

Durant l’entre-deux-guerres, George Besson écrivit dans l’Humanité, La Vie Ouvrière, Monde, Regards, Commune, Ce Soir. Il collabora à’ l’Encyclopédie française avec un chapitre sur « Les tendances actuelles de la peinture ». Parmi les livres qu’il consacra pendant cette période à la peinture, citons Marquet (1922), Renoir (1929), Bonnard (1934), Signac (1935).

Après la guerre, G. Besson poursuivit son œuvre de critique d’art. Il collabora à l’Humanité, La Nouvelle Critique, Europe, à La Vie Ouvrière, et surtout aux Lettres françaises.

En 1964, fidèle à l’idéal de sa vie, il légua toute sa collection aux musées nationaux. La collection George et Adèle Besson fut exposée au Louvre fin décembre 1964 avant d’être partagée entre les musées de Besançon et de Bagnols-sur-Cèze. Adèle Besson mourut subitement le jour même du vernissage du Louvre.

Au moment de l’intervention soviétique en Hongrie, G. Besson signa la lettre de protestation des dix intellectuels du parti avec M. Cornu, F. Jourdain, Dr. Harel, H. Parmelin, E. Pignon, P. Tillard, H. Wallon, R. Zazzo, Picasso.

Au lendemain de sa mort, le secrétariat du comité central publia une déclaration d’hommage (l’Humanité, 21 juin 1971).
La Monnaie de Paris lui dédia une médaille gravée par Jean Carton, avec sa devise « Pour l’art, pour le peuple ».
Il s’était marié le 15 janvier 1906 à Léonie Adèle Chamot, puis le 30 avril 1971 avec Jacqueline Bret-André.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16607, notice BESSON George, François, Noël par Nicole Racine, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 11 février 2019.

Par Nicole Racine

ŒUVRE CHOISIE : Marquet, Éd. Crès et Cie, 1929, 109 p. Collection des Cahiers d’Aujourd’hui. — Auguste Renoir, Crès et Cie, 1929, 12 p. Collection Les Artistes Nouveaux. — Bonnard, Braun et Cie, 1934, 4 p. Collection des Maîtres. — La Peinture française au XXe siècle, Éditions Braun, 1934, 12 p. — La Peinture Française au XIXe siècle, id. — « Les tendances actuelles de la peinture », Encyclopédie française, 1936, tome XVII.

SOURCES : État civil. — Les Lettres françaises, du 17 au 23 décembre 1964 et du 23 au 29 juin 1971. — Le Monde, 22 juin 1971, article de Jean-Marie Dunoyer.

ICONOGRAPHIE : Exposition Paris. Musée national du Louvre. 1964-65. Collection George et Adèle Besson, 11 décembre 1964 — 8 février 1965. Catalogue par Germain Viatte. Préface de Jean Cassou. Éditions des musées nationaux, 1964, 120 p. — Exposition Besançon 1965. Collection George et Adèle Besson, œuvres des artistes contemporains, dessins des artistes vivants, dessins des artistes contemporains, 3 juillet — 3 octobre 1965, Musée des Beaux-Arts, Besançon, 94 p.

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