BERTRAND Henri, André, Marcel

Par René Gallissot

Né le 6 octobre 1900 à Céret (Pyrénées-Orientales), mort le 21 juillet 1994 à Paris (Xe arr.) ; instituteur en Algérie ; syndicaliste et socialiste.

Henri Bertrand
Henri Bertrand
Le Semeur, 1931
Fourni par Claire Marynower

Fils de Henri, sous-brigadier des Douanes à cheval, et de Victorine Agremont, Henri Bertrand était marié à Jeanne Gaillard, née le 27 septembre 1899. Le couple avait un enfant.

Instituteur très jeune, il fut appelé au service militaire en 1920 au 9e régiment de tirailleurs algériens , et redevint instituteur à sa démobilisation.

Henri Bertrand est en 1929 secrétaire du Syndicat national des instituteurs à Aïn Témouchent dans l’Oranie puis directeur d’école à Aïn-el-Turk près d’Oran enfin à Oran. Il est aussi secrétaire fédéral du SNI ayant pour adjoint Joseph Begarra* ; celui-ci est instituteur dans les successives écoles dont Henri Bertrand obtient la direction ; Joseph Begarra est aussi son second à la SFIO. Car Henri Bertand est un dirigeant socialiste notable. Il figura parmi les fondateurs de la SFIO à Oran et notamment de la section de Beni-Saf. Il est candidat socialiste aux élections législatives de 1932 et de 1936 ; mais à la faveur d’une élection triangulaire due au maintien à droite du démagogue Abbé Lambert, seul un autre instituteur socialiste, plus modeste, Marius Dubois* a la chance d’être élu.

Tout en se tenant éloigné des luttes et grèves ouvrières, Henri Bertand va jouer sa place sur la scène de représentation publique et dans l’agitation oranaise en tenant le Bureau de la CGT du grand département d’Oran. Lors de la réunification syndicale CGT-CGTU, les syndicalistes de l’enseignement, de la fonction publique et des professions à statut sont encore majoritaires malgré la poussée des ouvriers, algériens compris, qui avaient en nombre adhéré depuis 1935 à la CGTU dont Elie Angonin*, anarcho-syndicaliste devenu communiste, venait de prendre la direction. Henri Bertrand devient en 1936 secrétaire général des syndicats CGT d’Oranie.

Se situant sur la droite de la Fédération socialiste oranaise, enfermé dans le laïcisme d’école primaire républicaine et passant à côté de toute question nationale algérienne, il est réservé sur la conjonction très forte en Oranie entre Front populaire et Congrès musulman. C’est un radical-socialiste Edmond Auzas* plus à gauche que lui et que Joseph Begarra* cependant acquis à l’antifascisme, qui est à la direction politique d’Oran républicain lancé en 1937, servi par un administrateur communiste Pierre Tabarot* et un rédacteur en chef membre de la SFIO mais gauche révolutionnaire Michel Rouzé. La tribune syndicale est tenue par son adversaire à la CGT le plus que rouge Elie Angonin*.

Il est conseiller général du canton d’Oran Bastrana de 1937-1945.

On comprend qu’aussitôt après l’interdiction du PCF et du PCA à l’ouverture de la guerre en août 1939, dès le 2 septembre 1939, Henri Bertrand prononce l’exclusion des huit communistes membres de la direction de l’UD CGT.

- Mobilisé en 1939 au sein de l’armée de l’Air, il fut démobilisé en juillet 1940 au grade de sergent.

Prenant sa revanche sur le syndicalisme de lutte, il reste à la tête du Bureau de l’UD.CGT d’Oran sous Vichy jusqu’en 1942. Il a peut-être l’excuse de se ranger dans la tendance de la CGT dite pacifiste qui suit le socialiste français E. Belin qui se rallie à Pétain et devient ministre du travail. En 1943, H. Bertrand est exclu de la CGT quand celle-ci se réorganise bien après le débarquement allié du 8 novembre 1942.

Il quitte Oran pour Perpignan puis pour le Lot, et revient à Oran en mars 1945. Il devient alors négociant en primeurs en 1945. Le CA de la CGT prononça son exclusion pour 10 ans.

Bertrand Henri a organisé les 21 et 22 décembre 1947 à Oran une réunion regroupant les futurs responsables de l’UD FO d’Oranie. Il devient en janvier 1948 secrétaire général de l’Union départementale FO. Bertrand abandonne dès mars 1948 ses fonctions à la tête de l’UD, car il est candidat à l’Assemblée algérienne. L’intérim est assuré par Joseph Ortega*.

Il quitte la SFIO car il refuse liste d’union SFIO-PC pour la mairie d’Oran et créé le Parti socialiste démocratique d’Algérie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16536, notice BERTRAND Henri, André, Marcel par René Gallissot, version mise en ligne le 9 décembre 2013, dernière modification le 9 décembre 2013.

Par René Gallissot

Henri Bertrand
Henri Bertrand
Le Semeur, 1931
Fourni par Claire Marynower

SOURCES : Arch. Nat. Outre-mer, Aix-en-Provence, ALG, Oran 106. — Le Semeur, 1929. — La Voix du peuple, mars 1936. — L’Écho d’Oran, 1936. — Arch. de la Wilaya d’Oran, notes de F. Soufi. — N. Benallègue-Chaouia, Algérie. Mouvement ouvrier et question nationale, op.cit. — Notice : BEGARRA Joseph par G. Morin et J.L. Planche, nouvelle série Maitron, Dictionnaire biographique. Mouvement ouvrier. Mouvement social de 1940 à 1968, t.1, Éditions de l’Atelier, Paris 2006. — Notes de Henri Bertrand. — État civil.

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