BAUDRU Laurent, Jules

Par André Balent

Né et mort à Perpignan (Pyrénées-Orientales) : 10 août 1888-4 novembre 1962 ; médecin à Perpignan ; militant du Parti socialiste SFIO, maire de Perpignan (1937-1940).

Laurent Baudru était le fils Baptiste, Jovin âgé de trente-huit ans en 1888, et, à cette date, capitaine au 126e RI de ligne en garnison à Toulouse. Sa mère Bonaventure, Charlotte, Françoise Fontano [Fontaneau d’après l’état civil, mais la famille Fontano, d’origine bourgeoise, fit édifier à Perpignan, place de la République un immeuble remarquable nommé "maison Fontano"] née à Perpignan le 14 février 1854. Laurent Baudru naquit rue du jardin botanique, au domicile de son grand-père, Louis Fontaneau maître maçon âgé de soixante-trois ans, époux de Charlotte Molins, qui déclara son petit-fils en mairie [il signa l’acte : "Louis Fontano"].

Militant effacé du Parti socialiste SFIO, blumiste pendant longtemps fidèle à Jean Payra, le leader socialiste catalan des années 1918-1937, Laurent Baudru fut élu au conseil municipal de Perpignan en mai 1935 (liste SFIO intitulée " liste socialiste Payra " au premier tour ; liste d’union des gauches issue de la fusion au second tout des listes SFIO et du parti radical Camille-Pelletan : voir Brutus Gilbert). Au second tour (19 mai), Baudru recueillit 6626 voix. Il fut le septième candiadat qui obtint le plus de voix (le premier, Joseph Pal, en obtint 6741). Il siégea à la commission de l’hygiène publique.

Il fut élu maire de Perpignan le 30 juin 1937, à la suite du décès de Jean Payra*. Il obtint 26 voix sur 33 votants. Il y eut sept votes blancs. Lors du discours qu’il fit immédiatement après son élection, il rendit hommage au maire défunt. Il salua également la mémoire de François Batllo "qui l’initia au socialisme" (L’Indépendant , 1er juillet 1937).

En février 1938, Laurent Baudru adhéra au comité de Perpignan de la Solidarité Internationale Antifasciste qu’organisait le militant pivertiste Henri Abbadie ; lorsque ce comité fit venir Huart de la CGT-SR à Perpignan, Laurent Baudru se fit admonester par le Parti communiste. Ce parti mettait en garde le maire de Perpignan contre les " anarcho-trotskystes que les Roussillonnais ont déjà condamnés car ils étaient liés avec tous les incontrôlés qui, en Catalogne, terrorisaient, pillaient et sabotaient la défense républicaine ". Est-ce par sympathie avec le POUM ou uniquement par " anticommunisme " que Laurent Baudru adhéra à une organisation où se côtoyaient pivertistes et anarchistes ? Fernand Cortale, militant pivertiste passé au PC pendant la Seconde Guerre mondiale penche pour la seconde hypothèse. Toutefois ce jugement doit être en partie nuancé, car M. Cortale pivertiste comme Henri Abbadie porte depuis un jugement très critique sur la période de sa vie militante pendant les années 1936-1939. Ce qui est sûr c’est que Laurent Baudru fut réellement un antifasciste et que la municipalité de Perpignan sut accueillir, sans distinction de tendance politique, les réfugiés qui fuyaient les troupes franquistes pendant leur offensive en Catalogne.

Destitué par les autorités vichyssoises, ainsi que tous les élus municipaux de Perpignan, le 1er décembre 1940, Laurent Baudru ne joua plus aucun rôle politique.

Candidat socialiste indépendant dans le canton de Perpignan-Est pour les élections au conseil général d’octobre 1951, il fut battu.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article165001, notice BAUDRU Laurent, Jules par André Balent, version mise en ligne le 26 septembre 2014, dernière modification le 30 septembre 2014.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, bulletin de vote de la " liste socialiste Payra " (élections municipales du 5 mai 1935). — Arch. com. Perpignan, état-civil, actes de naissance de Laurent Baudru et de sa mère. — L’Indépendant, 20 mai 1935, 1er juillet 1937. — Le Travailleur catalan, hebdomadaire de la Région catalane du Parti communiste, 12 février 1938. — Roger Bernis, Les Pyrénées-Orientales sous la IVe République, thèse de droit, dactylographiée, Montpellier, 1971. — Renseignements communiqués par Fernand Cortale de Perpignan.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément