SPANNAGEL Émile, Ignace [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 18 février 1874 à Paris 17e, ouvrier électricien ou serrurier, employé de commerce, anarchiste de Levallois-Perret, partisan de la reprise individuelle, bagnard.

Spannagel fut mêlé au début de l’année 1892 à la grève des cochers de l’Urbaine : inculpé dans une affaire de coups et blessures et d’entrave à la liberté du travail, il bénéficia d’un non-lieu.

Compromis lors de la découverte d’engins explosifs à Levallois-Perret, Spannagel était arrêté puis libéré, sans être poursuivi. Vinchon* fut condamné le 24 juin 1893 à 5 ans de prison pour ces faits.

Le 18 octobre 1893, M. Moitrier, un rentier âgé de 80 ans demeurant à Levallois-Perret fut victime d’une tentative d’assassinat : trois hommes pénétrèrent dans sa maison, Spannagel lui assénant des coups de crosse de revolver sur la tête, le bâillonnèrent et le ligotèrent puis dérobèrent 500 francs en billets de banque ; 3.500 francs en titres et quelques bijoux. Le 24 octobre Piéri, Spannagel et sa maîtresse furent arrêtés, la police trouva au domicile de cette femme à Puteaux, l’argent et des objets provenant du vol.

Mais personne ne voulut parler à cause de « la terreur qu’ils inspiraient » selon la presse ; la police les relâcha faute de preuves. Trois mois plus tard, M. Moitrier décéda des suites de ses blessures.
Le 7 juillet 1894, Il fut arrêté lors d’une rafle, pour association de malfaiteurs.

En décembre 1894, Spannagel fut de nouveau arrêté en compagnie de 19 complices, pour 23 cambriolages à Paris et en banlieue.

Parmi ses présumés complices : Louis Galau, ancien gérant du Père Peinard, cinquante-quatre ans, maître charron, demeurant, 24, rue Pierre, à Saint-Ouen, candidat anarchiste dans le canton de Neuilly-Boulogne. C’était chez lui que les frères Spannagel avaient transporté un coffre-fort volé chez M. Duhamel à Courbevoie. Galau défonça le coffre-fort et le jeta dans la Seine.
Dans cette « association de malfaiteurs », chacun avait son rôle bien déterminé : les plus jeunes étaient choisis pour escalader les murs et, de l’intérieur de la maison ouvraient la porte à leurs aînés qui s’introduisaient armés.

Spannagel avait acquis sur ses complices un fort ascendant,il parcourait la banlieue pour rechercher des maisons d’accès facile et dont les propriétaires étaient absents et donnait les instructions nécessaires à l’exécution des vols, il indiquait à chacun son champ d’activité, négociait les prises avec deux receleurs à Paris, partageait le butin. Il avait séparé sa bande en deux groupes : l’un qui « opérait » et l’autre qui vendait le produit des « opérations ».
Lors du procès le 24 juin 1895, neuf accusés dont Galau furent acquittés, Spannagel fut condamné aux travaux forcés à perpétuité, Piéri à 20 ans de la même peine.

Spannagel purgea sa peine en Guyane, mais s’évada en octobre 1906.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article164730, notice SPANNAGEL Émile, Ignace [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 23 octobre 2014, dernière modification le 19 janvier 2019.

Par Dominique Petit

SOURCES : Le Matin, Le Temps, Gil Blas, Le Petit Parisien, Le Rappel, le Journal des débats sur Gallica — ANOM H1326 et H 3949/b — FIchier Bertillon — Etat civil

ICONOGRAPHIE : Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.

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