PÉZET André

Par Gilbert Beaubatie

Né le 14 avril 1922 à Decazeville (Aveyron), mort le 11 mai 1944 à Sousceyrac (Lot) ; apprenti mécanicien ; réfractaire au STO ; résistant AS Corrèze.

Fils de Rémi Pézet, revendeur, et de Zénaïde Bourgade, sans profession, André Pézet reçut une convocation pour aller travailler en Allemagne alors qu’il vivait chez ses parents dans le quartier de Fontvernhes. Devenu réfractaire, il rejoignit courant juin 1943 un maquis installé dans les environs de Sousceyrac, puis dans les bois de Camps (Corrèze).

Dans la matinée du 11 mai 1944, le commandant de ce camp apprit que des Allemands se trouvaient dans le secteur de Saint-Céré-Sousceyrac. Il décida d’envoyer un agent de liaison auprès des FTP de Latronquière pour mettre éventuellement des renforts à leur disposition. Le maquisard désigné fut André Pézet, alias Mataff, qui aussitôt partit en moto. Il traversa sans la moindre anicroche les villages de Laval-de-Cère et de Corniac (Lot). Il en fut tout autre lorsqu’il arriva à hauteur de la route Nationale Sousceyrac-Saint-Céré, où il se trouva nez à nez avec un barrage de SS. Néanmoins il réussit à faire demi-tour, mais pour comble de malchance son véhicule refusa de redémarrer. Bien qu’atteint par deux balles, il parvint à redresser la moto sans pour autant pouvoir éviter d’être rattrapé par l’ennemi qui s’employa à le faire parler. Crânement il leur tint tête et leur cracha même au visage en les traitant de « sales Boches ». Ils le forcèrent à pousser sa moto en direction de Sousceyrac. Moto, qu’à l’entrée du village, il jeta dans les jambes d’un gardien. Mais, malchanceux en diable, il se heurta à une deuxième patrouille allemande ! A nouveau brutalisé, il fut conduit devant un hôtel, placé en balançoire sur un banc, la tête pendante et sanguinolente. Le curé du village, ainsi que quelques civils, furent autorisés à l’amener dans l’hôtel sans pour autant pouvoir lui apporter le moindre soin.
Alors qu’il agonisait et demandait à boire, un soldat allemand se contenta de lui faire sentir un chiffon humide. Mais avant d’expirer, Marcel Pézet trouva assez de forces pour susurrer à l’oreille du curé qu’il avait envoyé les Allemands « là où il n’y avait rien », autrement dit aucun maquisard.
Son nom figure sur le grand monument érigé à Sainte-Radegonde (Aveyron) en l’honneur des morts de la "Résistance rouergate" (fusillés, morts sous la torture, morts en déportation) et des victimes civiles des forces allemandes ou collaborationnistes.

 
 

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article164718, notice PÉZET André par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 29 septembre 2014, dernière modification le 5 août 2018.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : Archives du Centre Edmond Michelet de Brive, avec l’aide de Françoise Germane, de Virginie Barri (Decazeville) et de Didier Boudin. — État civil. — Note d’André Balent.

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