BUISSON Émile, Henri, Charles

Par Gabriel Désert

Né en 1876 à Fleury-sur-Orne (Calvados) ; militant ouvrier de Caen (Calvados).

Émile Buisson apparut dans la vie syndicale caennaise en 1918. Il travaillait alors à la SNM. Trésorier de la Chambre syndicale des ouvriers en métaux et membre de la commission de contrôle de l’Union départementale CGT, il était un militant très actif. En janvier 1918, il était co-signataire, avec trois autres syndiqués, d’une lettre adressée au directeur de la SNM présentant les revendications des travailleurs : augmentation du salaire horaire, majoration de 50 % pour les heures supplémentaires de nuit et du dimanche, indemnité « de panier » de 1,50 fr pour les ouvriers du service de nuit, indemnité de une heure par jour pour le trajet entre le domicile et les hauts-fourneaux. Il participa à une nouvelle démarche auprès du directeur, en novembre 1918, ayant pour but d’obtenir une indemnité de vie chère de 5 fr par jour. La direction rejetant cette revendication, les ouvriers se mirent en grève le 18 mais durent cesser leur mouvement le 25 sans avoir obtenir satisfaction.
Buisson quitta la SNM au début de 1919 et entra, comme ajusteur, à la Compagnie des chemins de fer secondaires du Calvados (CFC) où il occupait un poste de sous-chef d’atelier en 1920. Son action syndicale se fit immédiatement sentir. En avril 1919, il était l’auteur d’une lettre adressée à la direction dans laquelle il présentait les revendications de ses camarades : augmentation de 50 % des salaires, repos décadaire et seize jours de congés payés, heures supplémentaires payées double, ateliers clos et couverts avec lavabos et douches. Cette lettre étant restée sans réponse, semble-t-il, les cheminots menacèrent de se mettre en grève si bien que la direction accorda 52 jours de congés payés et l’augmentation de salaire réclamée.
Buisson devenu secrétaire de la section syndicale des chemins de fer secondaires, la représenta au congrès de l’Union départementale en 1919. En février 1920, il fut élu secrétaire du syndicat des cheminots des chemins de fer secondaires alors séparé de celui de la Compagnie de l’Ouest-État. À ce titre, il fut délégué départemental au congrès des Compagnies secondaires qui se tint à Paris en mars 1920.
Ce même mois, il fut le seul gréviste de la CFC et, en mai 1920, il prit une part active à la grande grève des cheminots ce qui lui valut d’être révoqué le 14 mai. Il trouva un emploi, l’année suivante, comme ajusteur, dans une petite entreprise métallurgique de Caen. Son action de militant ne paraissait pas s’être affaiblie puisqu’en 1921 il était encore membre de la commission de contrôle de l’Union départementale et délégué de la commission administrative à la rédaction du Populaire Normand. Lors de la scission, il rejoignit les majoritaires. On perd ensuite sa trace.
Membre de la section socialiste de Caen, en 1919, il fut candidat sur la liste ouvrière lors des élections municipales de la même année. Il arriva en 17e position et, comme ses colistiers, essuya un échec.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article1646, notice BUISSON Émile, Henri, Charles par Gabriel Désert, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 9 février 2012.

Par Gabriel Désert

SOURCES : Arch. Dép. Calvados, série M 1583, 9133 et 9133 bis. — C. Billy et J. Quinette, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1884-1922, Mémoire de Maîtrise Caen, 1971. — M. Simon, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1919-1931, Mémoire de Maîtrise Caen, 1973.

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