PLANAS Narcisse, André, Jean [Elne]

Par André Balent

Né le 23 octobre 1923 à Prats-de-Mollo (Pyrénées-Orientales) mort le 14 janvier 2007 au Boulou (Pyrénées-Orientales) ; artisan serrurier à Elne (Pyrénées-Orientales) ; militant du PCF à Elne puis "divers gauche" ; maire d’Elne (1965-1995) ; conseiller général du canton de Perpignan IV – Moulin à vent – Elne, (1976-1982 puis du canton d’Elne (1982-2001).

Narcisse Planas était le fils de Michel Planas, militant communiste d’Elne. Artisan, il reprit l’atelier de métallurgie de son père — qui en premier lieu avait été taillandier — et se spécialisa dans la serrurerie. Son oncle, prénommé également Narcisse, taillandier à Perpignan, fut conseiller municipal socialiste SFIO (1935-1940) de cette ville.

Narcisse Planas adhéra au PCF. Il fut candidat de ce parti à divers scrutins législatifs ou sénatoriaux. En avril 1959, il fut le suppléant d’Antoine Cayrol qui briguait pour le PCF un des deux sièges sénatoriaux des Pyrénées-Orientales. Il fut à nouveau candidat aux sénatoriales de septembre 1965 où il était le suppléant de Robert Gazan. Planas fut à deux reprises le suppléant de Joseph Albert, secrétaire fédéral, à l’occasion de législatives dans la circonscription de Perpignan-Céret (scrutins de mars 1967 et juin 1968).

Candidat aux municipales de mars 1959 à Elne, il fut battu. En 1965, il conduisit une liste d’Union de la gauche aux élections municipales à Elne (Voir aussi : Grau Roger, Hirtz Pierre, Traby Odette, Ginestes Robert) et fut, à l’issue de ce scrutin, élu maire d’Elne. Il fut réélu successivement en 1971, 1977, 1983 et 1989. Il ne se représenta pas en juin 1995. Sa longue gestion municipale permit l’extension et la modernisation de la ville d’Elne : urbanisation, nouveaux lotissements, zones industrielles et artisanales, amélioration de l’habitat ancien, développement du collège Paul-Langevin avant sa prise en charge par le département dans les années 1980, équipements culturels et sportifs. Il favorisa les fouilles des habitats antiques, ibère, romain et wisigothique de la vieille ville et s’attela également à la mise en valeur de son riche patrimoine immobilier, plus particulièrement roman, de la vieille ville, la mise en place (1994) du musée municipal Étienne Terrus (1857-1922), paysagiste roussillonnais natif d’Elne, mentor d’Aristide Maillol. Il fit nommer école Louise-Michel, une école maternelle de la ville ce qui provoqua l’ire des opposants de droite qui s’empressèrent de la débaptiser pendant les années où la droite eut la charge de la ville (1995-2001).

Candidat en 1973 aux élections cantonales dans le canton dans de Perpignan-Elne, battu par le docteur André Roquère (socialiste, adjoint au maire de Perpignan, proche de Paul Alduy). Ce nouveau canton qui regroupait des communes rurales et la ville d’Elne, comprenait aussi une partie du sud de Perpignan dont le quartier de la ville nouvelle du Moulin à Vent.

Narcisse Planas fut à nouveau candidat dans le canton de Perpignan-IV en 1976, il se plaça au premier tour (7 mars) devant le socialiste sortant, son adversaire de 1973, André Roquère. Ce dernier s’étant désisté en sa faveur, Planas emporta le canton au second tour avec 53, 82 % des suffrages exprimés. Narcisse Planas quitta le PCF en 1978 (ou 1983, selon les sources). En effet, il faisait partie des élus et responsables départementaux du parti qui désapprouvaient la ligne défendue par Georges Marchais, représentée localement par un nouveau secrétaire fédéral, Henri Costa et qui prirent leurs distances avec le PCF, allant parfois jusqu’à rompre en 1978 ou 1983 (Voir : Albert Joseph, Justafré Lucie). Il siégea dès lors dans le groupe « divers gauches » du conseil général. Il fut réélu conseiller général divers gauche du nouveau canton d’Elne formé en 1982 après le nouveau redécoupage cantonal dédidé cette année-là. Le canton s’accrut en 1985 des communes de Bages et d’Ortaffa, soustraites au canton de Thuir.

Narcisse Planas fut élu conseiller régional du Languedoc-Roussillon par le conseil général à la demande de son président, Léon-Jean Grégory.

Nacisse Planas conserva des liens étroits avec sa commune natale, Prats-de-Mollo, où il possédait une maison. Après avoir pris pris sa retraite politique et professionnelle, il y faisait de fréquents séjours. Il entretenait des rapports d’amitié avec ses maires et conseillers généraux successifs, en particulier Joseph Albert qui avait quitté le PCF pour les mêmes raisons que lui. À la fin se da vie, malade, il avait été très affecté par la mort de son épouse, Henriette, Paulette, Baptistine Clos. Soigné au centre médical "Le Vallespir" du Boulou, il y mourut le 14 janvier 2007.

Le décret du 31 décembre 1999 nomma, sur proposition du premier ministre, Narcisse Planas au grade de chevalier de la Légion d’Honneur.

Une avenue d’Elne porte le nom de Narcisse Planas.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article164419, notice PLANAS Narcisse, André, Jean [Elne] par André Balent, version mise en ligne le 22 septembre 2014, dernière modification le 4 septembre 2017.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 177 J, fonds Narcisse Planas. — Arch. com. Le Boulou, état civil, acte de décès de Narcisse Planas. — L’Indépendant, Perpignan. — Journal officiel de la République française, 1er janvier 2000. — Claude Bidaut, Histoire du couteau (Nord) catalan traditionnel. El ganivet català tradicional de Catalunya Nord, Prades, Terra Nostra, 2006, 318 p. [p. 303]. — Louis Monich, Histoires rocambolesques de l’élection cantonale 1976 en Roussillon, Perpignan, Trabucaire, 1996, 191 p.

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