LOMBARD-MARTIN Édouard [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né en 1833 à Die (Drôme) dans une famille honorablement connue, Édouard Lombard-Martin dut quitter la France à la suite de diverses condamnations pour réunions publiques illicites et offense envers la personne de l’Empereur. Il séjourna d’abord à Genève, puis passa cinq ans à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), de 1853 à 1858 environ. À son retour en Europe, il s’établit en Savoie où, en 1859-60, il fut le rédacteur du Constitutionnel Savoisien et du Statut de la Savoie à Chambéry. Il était alors vraisemblablement déjà en contact avec Garibaldi. L’annexion de la Savoie à la France le força à chercher un nouveau refuge. Il gagna Genève, où il devint rédacteur de La Nation suisse, le nouveau journal radical. Il s’y fixa et fut naturalisé.

Son séjour aux États-Unis le désignait tout particulièrement pour prende en charge l’organisation du meeting qui fut convoqué le 3 mai 1865, afin adopter une « Adresse au gouvernement américain à l’occasion de l’assassinat du Président Lincoln ». (le dirigeant allemand de l’Internationale Johann Philip Becker figura parmi les orateurs). Ce fut également lui qui prit contact avec Garibaldi pour lui demander de co-signer ce document (ce qui fut accepté).

Vers 1864, Édouard Lombard-Martin quitta Genève pour devenir professeur de littérature au collège de Delémont, dans le Jura suisse. Il fut délégué au congrès de l’Internationale à Lausanne (septembre 1867), et assista peut-être à celui de la Ligue de la Paix et de la Liberté. Ayant eu vent des préparatifs de Garibaldi qui s’apprêtait à entreprendre sa campagne contre Rome, il profita de ses vacances d’automne pour se joindre à l’expédition comme médecin de la division Acerbi. Il consacra un ouvrage à cet événement.

Revenu à Delémont, Édouard Lombard-Martin ne tarda pas à démissionner de son poste et à partir pour Florence, où il travailla à la fois comme enseignant et comme médecin, tout en adressant des correspondances à divers journaux (L’Italie, Le Peuple de Marseille, Le Progrès de Delémont). En 1870, il suivit les troupes italiennes à Rome, puis, rentré en France, s’engagea comme médecin dans l’armée des Vosges sous le commandement de Garibaldi.

Édouard Lombard-Martin mourut à Lancy, près de Genève, en avril 1871, des suites d’une maladie contractée durant la campagne de France.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article164335, notice LOMBARD-MARTIN Édouard [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 21 septembre 2014, dernière modification le 21 septembre 2014.

Par Michel Cordillot

ŒUVRE : Précis historique de l’insurrection romaine. Opérations militaires dans la province de Viterbe durant la campagne de 1867, par Lombard-Martin, citoyen des États-Unis, ex-médecin des volontaires (division Acerbi), Paris, E. Dentu ; Florence, Imprimerie de l’Italie, 1868.

SOURCES : Nécrologie dans le Progrès de Delémont (Suisse), 28 avril 1871, sans doute due à son ami Élie Ducommun, qui était le rédacteur en chef de ce journal ; Marc Vuilleumier, « Garibaldi et la Suisse », in Garibaldi Cento Anni Dopo. Atti del convegno di studi Garibaldini, Bergamo, 5-7 marzo 1982, a cura di Aroldo Benini e Pier Carlo Masini, Firenze, Le Monnier, 1983, p. 211 sq.

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