BERNARD André et Anita

Par Sylvain Boulouque

André Bernard, né le 11 avril 1937 à Chevrier (Haute-Savoie). Anita Ljungqvist, née le 4 septembre 1939 en Suède ; militants anarchistes.

Le père de Bernard fut d’abord journalier, puis devint douanier après avoir obtenu son certificat d’études à l’armée, sa mère, sans profession, était d’origine paysanne. Il rencontra le mouvement libertaire via le milieu anticlérical. À l’âge de douze ans, il lisait assidûment La Calotte. Vers quatorze ans, il devint sympathisant puis peu après adhérent du groupe Sébastien-Faure de Bordeaux de la Fédération anarchiste où il côtoya les frères Paul et Aristide Lapeyre*, Joaquim Salamero et Jean Barrué*.

Il obtint son BEPC, puis suivit une formation professionnelle de monteur-électricien dans le bâtiment à Limoges et travailla sur un barrage hydraulique.

Refusant de porter les armes et d’aller faire la guerre en Algérie, André Bernard se déclara insoumis le 1er octobre 1956, passa en Suisse et coopéra avec André Bösiger, l’un des maîtres d’œuvre du réseau de soutien aux réfractaires avec Pietro Ferrua, insoumis italien. André travailla d’abord dans une coopérative d’installation électrique, puis comme éducateur pour jeunes délinquants. Il prit part à la fondation du Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) et participa à Jeune résistance qu’il quitta compte tenu de ses désaccords : il se considérait antimilitariste autant qu’anticolonialiste alors que Jeune résistance se définissait surtout comme anticolonialiste. En 1958, il effectua différents travaux sur des chantiers du Service civil international en Suisse. C’est là, en 1959, qu’il rencontra sa compagne : Anita Ljungqvist, née en Suède dans une famille ouvrière peu politisée, employée de bureau. Elle découvrit l’anarchisme, la non-violence, les luttes sociales, et André lui fit connaître les militants du groupe Ravachol de Genève. Depuis, leurs destins sont liés. Ils se marièrent le 25 mars 1961 en Belgique où ils rencontrèrent le militant anarchiste non violent belge Hem Day* (de son vrai nom Marcel Dieu). C’est de Belgique qu’ils prirent contact avec l’Action civique non violente (ACNV). Ils rentrèrent en France fin mars 1961. Quelques semaines après, André se constituait prisonnier, au cours d’une manifestation. Libéré après vingt-deux mois de prison, il reçut l’aide de Louis Lecoin* et devint correcteur, parrainé par May Picqueray*. Peu après, André et Anita Bernard, avec de jeunes libertaires, lançaient la revue Anarchisme et Non-Violence (1964 à 1974). Entre 1975 et 1977, André fut engagé, en tant que correcteur, dans le conflit du Parisien libéré. Anita devint comptable. À partir de 1976, André prit part aux activités du groupe surréaliste de Paris, réalisant des collages et des assemblages, puis collabora à la revue SURR... (Surréalisme, Utopie, Rêve, Révolte).

En pré-retraite, en 1992, André a participé à la confection de plusieurs publications du mouvement libertaire : Les Temps maudits, Le Combat syndicaliste et Le Monde libertaire ; également, il a collaboré aux éditions de l’Atelier de création libertaire et aux éditions de la CNT. Anita et André Bernard sont membres du collectif de Réfractions, revue de recherches et d’expressions anarchistes, née en 1997. Depuis 2003, ils animent aussi un regroupement d’anciens de l’ACNV destiné à mieux faire connaître le trajet de ces réfractaires pendant la guerre d’Algérie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16385, notice BERNARD André et Anita par Sylvain Boulouque, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2008.

Par Sylvain Boulouque

SOURCES : Témoignage des intéressés. — Journaux cités.

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