Née le 8 septembre 1920 à Chambéry (Savoie), morte le 7 février 2005 à Paris ; historienne, personnalité culturelle, anticolonialiste, syndicaliste au SNES, au SNESup et à la FEN, communiste, présidente de la Ligue des droits de l’Homme, présidente de l’association des Amis du Maitron

Madeleine Rebérioux
Cliché Claude Pennetier
Madeleine Rebérioux au lycée Marcelin Berthelot
Collection Patrick Fridenson
Patrick Fridenson (sur les épaules) et Madeleine Rebérioux (quatrième à partir de la gauche)
En juin 1960, devant l’entrée de la classe de Sciences Expérimentales II, au lycée Marcelin Berthelot, à Saint-Maur (Seine).
Collection Patrick Fridenson
La trajectoire de Madeleine Rebérioux forme un tout, mais c’est celle d’une femme de plusieurs vies, successives ou simultanées mais interconnectées.
Pierre Amoudruz, inspecteur des Contributions directes, et Elise Thonon, professeur de lettres, s’écrivent tous les jours pendant la guerre de 14-18, puis se marient en 1919. Madeleine naît à Chambéry un an plus tard, puis une sœur en 1922, un frère en 1926. Elle n’est scolarisée qu’à partir de la 6e, sa mère s’étant chargée de sa formation et de son éducation pour le primaire. Élevée dans le catholicisme, elle fait sa première communion. La famille déménage souvent (promotions dans la fonction publique obligent) d’Albertville à Lille, Roubaix, puis Lyon et Clermont-Ferrand. Excellente élève, elle a pour loisirs le piano, le tennis et la marche. Au lycée de jeunes filles Jeanne d’Arc à Clermont-Ferrand, où elle arrive en 1934, elle a comme professeure d’histoire en 3e et en 1ere une Sévrienne, Madeleine Schnerb, qui voit en elle “une grande gamine assez embarrassée de ses membres, […] assez dégingandée, différente des autres”. D’abord bousculée par l’humour de ce professeur, elle se révèle à l’occasion d’un devoir sur une phrase de Lucien Febvre : “Luther voyait autour de lui plus de ruines que de bâtisses”. En 1ere elle décroche le premier prix d’histoire au Concours général avec un sujet sur la presse de 1815 à 1848 malgré les fautes d’orthographe (1937). Le président Albert Lebrun lui donne l’accolade et lui remet la collection reliée de l’Histoire de France de Lavisse. Elle devient l’amie de Madeleine et Robert Schnerb, deux professeurs d’histoire antifascistes, pacifistes et juifs. Elle hésite entre une terminale littéraire ou scientifique. Madame Schnerb la pousse à la première option. Puis elle entre en hypokhâgne au lycée Blaise Pascal. Deux professeurs venus de Paris, membres ou anciens de la Ligue des droits de l’Homme et du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes la marquent : en lettres Jean Guéhenno, favorable à la résistance à l’Allemagne, et en philosophie Michel Alexandre, pacifiste intégral, pour une paix immédiate. Elle fréquente celui-ci et sa femme Jeanne Alexandre, professeure de lettres, féministe et pacifiste intégrale. Mais l’année suivante les professeurs parisiens sont rappelés dans la capitale et arrive Pierre Boutang (Action française), professeur de philosophie à 24 ans, qui parle aussi à ses élèves de peinture, musique et poésie. Elle est reçue 4e à l’École normale supérieure de jeunes filles en 1941. Mais à cause de l’Occupation Sèvres n’est plus dans Sèvres, elle est toute à Reid Hall (à Montparnasse).
Comme une bonne partie des normaliens de l’époque, elle fait ses délices de la vie culturelle à Paris. En thurne avec trois philosophes, elle hésite entre philosophie (les Alexandre, l’allemand première langue) et l’histoire (les Schnerb). Elle se déclare “kantienne de formation”. L’histoire l’emporte. Grâce à Georges Lefebvre qui l’a passionnée par ses cours sur le déroulement de la Révolution française, la voici entrée en (histoire du) socialisme : son diplôme d’études supérieures porte sur Proudhon et l’Europe. Si elle observe désormais que les peuples colonisés ont droit à la maîtrise de leurs ressources, elle reste pacifiste, fréquentant les Alexandre et d’autres membres de ce courant. Elle écrira en 1955 : « Je n’ai pas participé à la Résistance. J’étais à cette époque “pacifiste intégrale” et encore loin du Parti. Je connaissais bien Germaine Decaris, ancienne rédactrice à L’œuvre, qui avait quitté le journal en 1940, lorsque Déat en devint le maître. J’ai rompu toutes relations avec elle depuis 1946 ». Pourtant des choix différents sont faits par des proches directs. René Bigot, Ulmien de la même promotion qui travaille sur la patristique, pour qui elle a “une sympathie”, passe dans la clandestinité en 1943. Arrêté, torturé, déporté, il mourra à Sachsenhausen. En novembre 1943 son beau-frère communiste et résistant est arrêté et déporté puis son jeune frère. Une épreuve que sa mère a consignée en 1948, dans un manuscrit publié en 1972. En 1945 elle est reçue 1ere à l’agrégation féminine d’histoire-géographie. Elle dit adieu à cette période dans un livre très personnel de poèmes, sorti en janvier 1946.
Avec le sésame de l’ENS et de sa place à l’agrégation, elle peut espérer une vie professionnelle brillante. Pourtant elle va mener une carrière lente. Compte tenu de sa puissance de travail, ce n’est pas lié à son mariage et à ses enfants. Le 10 août 1946, non sans avoir appris à cuisiner pour le recevoir, elle épouse le surveillant général du lycée de garçons de Mulhouse, Jean Rebérioux, de dix-sept ans son aîné, fils de cafetiers du Berry, communiste depuis 1921, surtout syndicaliste et responsable dans les mouvements d’anciens combattants et de prisonniers de guerre, un des cofondateurs du MRAP en 1949. Il devient son conseiller politique et lui tape ses textes. Ils ont trois garçons et une fille. Si la carrière est lente, c’est du fait de la multiplicité de ses activités et de ses engagements militants. Elle passe d’abord seize ans dans le secondaire. Son premier poste en 1945 est au lycée de jeunes filles de Mulhouse. « Où est l’industrie ? », demande-t-elle à une de ses coturnes, qui l’emmène aux cités ouvrières et au quartier des patrons. Professeur hors pair, inspirée par Madeleine Schnerb, elle obtient des rapports d’inspection enthousiastes. Début 1947 sa famille pense que son mari et elle seront nommés “à Paris” l’an prochain. Mais à propos de la répression menée par le socialiste Jules Moch, elle écrit : « M. le ministre de l’Intérieur est un assassin » dans L’Humanité d’Alsace-Lorraine. Paris s’éloigne, et surtout l’inspection générale d’histoire lui ferme à jamais la nomination en khâgne tant espérée. En octobre 1951 la voici enfin en Ile de France, au nouveau lycée de Montgeron, annexe expérimentale du lycée Henri IV, affectation provisoire car son mari est muté à Saint-Maur. Puis de 1952 à 1961 elle exerce au lycée Marcelin Berthelot, le premier lycée mixte de France, créé en 1937 par le Front Populaire. En 1958, toujours barrée pour la khâgne, elle entreprend une thèse d’État inscrite à la Sorbonne sous la direction d’Ernest Labrousse, grand historien et grande figure de gauche, à qui elle vouera une grande fidélité sans dévotion. Elle vient à Jaurès par Pierre et Geneviève Vidal-Naquet, connus dans la lutte contre la guerre d’Algérie, et par l’exécration de Guy Mollet. Son sujet est intitulé de façon plus large « L’implantation de la SFIO en France 1905-1914 ». Labrousse la fait entrer à l’Université en 1962. À la Sorbonne elle est assistante puis maître-assistante d’histoire contemporaine, et très proche du groupe des étudiants d’histoire de l’UNEF. Arrive mai 1968. Elle est d’emblée “au diapason du mouvement”. Elle passe un mois dans la Sorbonne occupée, conjuguant réforme de l’Université et changement du pouvoir d’État. Un quatuor paritaire et intersyndical : Madeleine Rebérioux, Marie-Claire Ropars, Guy Bois, Jacques Julliard anime l’assemblée des enseignants et agit avec les étudiants. Sur toutes ces bases, elle est recrutée au Centre universitaire expérimental de Vincennes, qui ouvre en janvier 1969. Elle y est maître-assistante, puis chargée d’enseignement après inscription sur la liste large. Pressée par la politique gouvernementale, elle finit par soutenir en 1979 une thèse d’Etat sur travaux à Paris I sur Jaurès, la SFIO et la société française au tournant du siècle. La voici professeure d’université, à 60 ans. À Vincennes elle est une figure à la fois politique et pédagogique. Elle fait l’interface entre les mouvements étudiants et les enseignants, entre les “gauchistes” et les autres. Elle est à fond pour l’innovation pédagogique, l’interdisciplinarité, le soutien aux salariés étudiants. Elle crée la formation universitaire des documentalistes. En outre, en 1978, sur la proposition du président François Furet, elle devient chargée de conférences à l’EHESS. Jusqu’au printemps 1991 elle y anime un séminaire de recherche d’histoire sociale puis culturelle qui a une influence et une réputation internationales. Ses voyages au loin : Cuba, le Mexique, les États-Unis, la Chine en sont une autre marque.
On a commencé à le voir, cet itinéraire de grande enseignante est sans cesse relié à l’expérience militante. C’est le cas pour plusieurs autres aspects de sa vie d’historienne. Elle est ainsi une femme du collectif. Elle est cofondatrice de la Société d’Etudes Jaurésiennes en novembre 1959, et en devient la présidente en 1981. Elle anime avec Gilles Candar le travail de publication des Œuvres de Jaurès en 17 tomes qui paraît chez Fayard à partir de 2000. Sur le même modèle elle fondera l’Association d’études Jean-Richard Bloch au printemps 1993, dont elle assurera naturellement la présidence. En 1960 Jean Maitron lui demande d’écrire des notices pour son Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. Elle est vite une des plus actives rédactrices du dictionnaire. Maitron en 1982, lorsqu’il crée Les Amis du Maitron pour valoriser et pérenniser le dictionnaire, lui demande de présider l’association, ce qu’elle fera jusqu’au bout, en 2004. Elle est de même très active au jury du Prix Maitron, présidé par Antoine Prost, de 1989 à 2004. Toujours avec Antoine Prost, elle propose début 1981 au CNRS de créer à l’échelle nationale un Groupement de recherche (GDR) sur Travail et travailleurs aux XIXe et XXe siècles. La direction des sciences sociales refuse à cause du mot travail, à ses yeux synonyme de marxisme. Il faut pas moins que l’alternance de 1981 pour que le GDR soit créé. Par ses groupes de travail, ses rencontres, ses publications collectives, son ouverture à la sociologie et à l’économie, il contribue beaucoup à l’affirmation d’une histoire des mondes du travail jusqu’en 1993. Madeleine Rebérioux y intervient avec passion, sur les qualifications, les professions, la mutualité. Au reste, elle a une prédilection ancienne pour les colloques, dont souvent elle dirige et publie les actes. A partir de 1975 s’y ajoute la participation régulière à des tables rondes internationales d’histoire sociale, celles de la MSH puis celles avec la revue américaine International Labor and Working Class History. Dans ces activités transformatrices une préoccupation grandit chez elle : celle de la mémoire collective. Elle a au moins dès 1960 des liens avec le Musée de l’histoire vivante à Montreuil, créé en 1939 à l’initiative de dirigeants communistes nationaux et internationaux. La question de la mémoire vient au premier plan dans les années 1980. Elle se révèle conflictuelle pour elle. Nommée par la gauche unie, elle devient présidente de la délégation aux commémorations nationales en 1982 mais en 1986 elle en est chassée pour raisons politiques par le ministre de la Culture François Léotard, pourtant son ancien élève à Marcelin Berthelot. À partir de 1992 elle s’implique dans la préfiguration puis le fonctionnement du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane. Elle en préside le comité scientifique, puis le comité d’éthique. Elle y fait l’expérience d’affrontements difficiles. La stricte séparation entre mémoire et histoire est-elle plus facile à appliquer ? Dans la même période elle intervient souvent sur l’enseignement de l’histoire. Mais elle n’incite pas à l’essor de l’histoire du temps présent. En 1990 elle prend une position abrupte contre la loi Gayssot qui judiciarise le négationnisme.
La même relation intime entre les activités d’historienne et de militante inspire son intense investissement dans trois revues. Sous l’égide d’Ernest Labrousse, elle est l’âme du Bulletin de la Société d’études jaurésiennes, qui paraît à partir de juin 1960, puis en devient la directrice. Par Labrousse elle rencontre en 1960 toujours l’équipe qui anime la seule revue d’histoire ouvrière, Le Mouvement Social. Elle fait forte impression. Le directeur de la revue Jean Maitron la fait entrer dans la rédaction en 1961. On y parle désormais des « quatre filles du docteur Marx » (avec Michelle Perrot, Annie Kriegel, Rolande Trempé*). Mais c’est un marxisme très assoupli. Elle apporte une énergie et une curiosité inépuisables, des thèmes nouveaux, la pratique des groupes de travail. Elle est à l’unisson de Georges Haupt, le spécialiste des internationalismes, réfugié de Hongrie. Une grande proximité se crée avec Jean Maitron. Elle est donc son successeur naturel quand il veut se consacrer à plein temps à son dictionnaire. Directrice de la revue de 1971 à 1982, elle impulse son élargissement à l’histoire sociale et culturelle, tout en cherchant les ponts entre la recherche et les préoccupations de la société. Elle lui adjoint en 1972 une collection de livres aux Éditions Ouvrières puis de l’Atelier puis en ajoute une autre à La Découverte en 1988 dont seuls deux titres paraissent (Les trois batailles du charbon puis Le chef d’orchestre). La troisième revue est en revanche politique. C’est le mensuel Politique Aujourd’hui (créé en janvier 1969 par Paul Noirot, pseudonyme d’Henri Blanc, ancien directeur de la revue de politique étrangère du PCF Démocratie Nouvelle, sabordée par le Parti en juillet 1968). Elle y est une participante de premier plan. Elle collabore aussi à l’hebdomadaire Politique Hebdo, créé en octobre 1970. Mais celui-ci meurt en 1978 et la revue en 1986, puis en 1989. Outre les articles et les débats, elle pratique l’art du compte rendu de livres, principalement dans Le Mouvement Social, dans les Annales, dans les Cahiers Jaurès. Elle utilise à fond la plasticité de l’objet revue.
Sa présence de plus en plus forte dans l’univers culturel exprime là aussi les liens entre sa vie d’enseignante et ses engagements, et pas seulement l’étendue de la culture acquise dans sa jeunesse. Enseignante à Mulhouse, elle commente des œuvres de Picasso dans une ancienne fonderie. Au lycée Marcelin Berthelot elle est une des créatrices du ciné-club du lycée, qui va de l’humour anglais ou des westerns à des films étrangers engagés comme « Le sel de la terre » ou « Le chemin de la vie ». A l’Université de Vincennes elle travaille avec Ariane Mnouchkine et le théâtre du Soleil pour 1793, y mettant un peu de Georges Lefebvre et un peu de l’Histoire socialiste de Jaurès. À France Culture elle est une voix passionnée au « Panorama » de Jacques Duchâteau durant 25 ans (1973-1998). Mais le moment le plus fort de cette présence est au Musée d’Orsay. Elle devient, par la grâce de François Mitterrand, vice-présidente de l’établissement public de préfiguration (1981-1987). Ses relations avec les conservateurs du musée ne sont pas faciles. Ne propose-t-elle pas d’exposer une locomotive ? Mais si elle doit reculer, elle se fait « quelques amis » et ouvre le musée non seulement sur les peintres pompiers, mais encore sur la photographie, l’architecture, la société, l’histoire. C’est à Orsay qu’elle apprend à « lire les images », ce qui se traduit dans ses travaux très neufs sur Picasso, Hugo, les arts plastiques. Le retour à l’Université Paris VIII en 1987-1988 sera difficile. Dans la décennie suivante elle s’investit au Berry, avec Michelle Perrot, dans le Centre International George Sand et le Romantisme de 1993 à 2000. Elle se situe « à la frontière de l’art et de la vie ».
Ses engagements depuis 1945 ont fait sa notoriété autant que son oeuvre. Au commencement était le syndicalisme. À sa nomination à Mulhouse à l’automne 1945 elle prend sa carte au SNES, dont le secrétaire départemental, qui travaille dans son lycée, n’est autre que Jean Rebérioux. Elle y milite assidûment. Elle devient secrétaire départementale de la FEN pour le Haut-Rhin (1947-1951). Au congrès du SNES, en 1957, elle parvient à faire passer une motion sur l’Algérie portant “condamnation des méthodes qui, en refusant pratiquement à la population musulmane l’exercice réel des droits politiques, l’ont conduite à ne voir que le seul terrorisme pour manifester sa révolte”. Lorsqu’elle passe dans le Supérieur, elle est vite active au SNESup. A la demande d’universitaires américains dont l’historien de Jaurès Harvey Goldberg, elle crée le collectif intersyndical universitaire pour le Vietnam en 1965. Elle devient membre du bureau national du SNESup chargée des affaires internationales. En mars 1969 les communistes reprennent le pouvoir au SNESup et la chassent de ses responsabilités au collectif. Elle continue cependant d’y militer jusqu’en 1972. L’avenir lui offre une sorte de revanche : elle copréside le conseil scientifique de l’Institut de recherche de la FSU de 1996 à 2004.Mais depuis longtemps son coeur est à la CGT. Elle travaille souvent avec sa direction et y voit l’avenir du « mouvement ouvrier ».
En 1945, après le SNES, elle adhère à France-URSS. Un pas de plus au printemps 1946 : elle entre au PCF. Ce qui surprend sa famille : « un coup de théâtre » mais aussi les Renseignements généraux : « un renversement total d’opinion ». Elle a dit plus tard que c’était l’effet de « la découverte de la classe ouvrière » à Mulhouse et que ce serait la manière « la plus simple » d’être au côté des ouvriers toute sa vie. On peut aussi y voir le rôle de son activité syndicale, l’effet de la Libération, l’influence de Jean Rebérioux avec qui elle se marie peu après. En 1946 toujours elle adhère à l’Union des Femmes Françaises et à l’Union Française Universitaire, en 1947 à la Ligue de l’enseignement et au Front National. Elle développe une activité dans plusieurs des ces organisations de masse d’entre elles. En 1955, Gaston Plissonnier écrit qu’il y a eu en 1946 une décision du secrétariat du Parti indiquant que “Madeleine Rebérioux était acceptée au Parti mais sans responsabilités en raison de son passé”. Pourtant elle acquiert rapidement des responsabilités : secrétaire de cellule, secrétaire adjointe de section en 1947, responsable à l’éducation, en 1948, membre du comité fédéral et du bureau fédéral du Haut-Rhin, conseillère municipale à Mulhouse 1948-1950, et en 1949 elle assure les cours d’une école de section. En 1948 elle est qualifiée de “camarade la plus active de Mulhouse”. La maison familiale a « porte ouverte à tous, ouvriers ou intellectuels, Alsaciens ou Français « de l’intérieur » comme on dit en Alsace, Arabes, Suisses etc. Nous avons logé chez nous, reçu à notre table tous ceux qui se présentaient, aidé les copains dans le besoin, envoyé des colis à ceux qui étaient soldats ou même en prison, ou à l’hôpital, nous avons, et ma femme plus que moi, [multiplié] distribution de tracts aux portes d’usine ou dans la rue, collage d’affiches, vente de L’Huma ». Et d’ajouter ironiquement, dans la même lettre de 1952 : “les camarades toléraient que ma femme, avec ses trois enfants, son travail à la Fédération puis à la section, son secrétariat de cellule, soit encore la seule à collecter des signatures pour l’appel de Stockholm […] (1200 signatures) et qu’on lui laisse encore la charge de coller des affiches, distribuer des tracts et se faire casser la figure par les parachutistes du RPF”, ce qui est le fruit d’une campagne contre la guerre d’Indochine, l’anticolonialisme étant « la deuxième raison » de son engagement communiste. Mais c’est le temps du stalinisme français. Peu après son adhésion elle fait l’objet d’une dénonciation détaillée de ses relations et ses positions antérieures, orale en juin 1946 puis écrite en janvier 1947, par un membre de sa famille. Un envoyé du Parti l’interroge en avril 1947. Elle déclare avoir rompu avec son passé. Une nouvelle lettre le 9 mai énumère les dangers de son adhésion : « un procédé d’espionnage par des fascistes, ou une aventure à la Gide, ou un moyen de se lancer dans certains milieux littéraires, dans certaines revues ». Ces deux lettres la poursuivront toute sa vie de communiste. La Commission centrale de contrôle politique est amenée à examiner son cas, et le 18 avril 1950 le secrétariat du comité central du PCF prend comme décision : « veiller à ce qu’elle n’ait pas de responsabilité » en raison de son passé. Lorsque Jean Rebérioux est nommé à Saint-Maur-des-Fossés, les époux Rebérioux doivent statutairement demander leur mutation interne au sein du PC pour la Seine. Le 20 septembre 1951 elle est d’abord accordée pour Madeleine par la section de la montée des cadres, avec de légères réserves : “C’est une camarade très dévouée mais qui a toujours eu un certain esprit de clan et beaucoup de sous-estimation pour les camarades de la base”. Mais elle est refusée pour Jean : “Camarade duquel nous nous sommes toujours méfiés à cause de ses relations avec la police”. Le syndicaliste fonctionnaire cégétiste qu’il est fréquente des syndicalistes policiers. Le 17 octobre c’est au tour de Madeleine d’être dans le collimateur : les termes des lettres de dénonciation de 1947 et de la décision du secrétariat de 1950 ressortent. Bouleversé, Jean se bat comme un beau diable pendant 10 mois, et obtient la mutation du couple. Dès lors Madeleine devient membre de la cellule Politzer du lycée de Saint-Maur. En 1953 la mort de Staline l’affecte, comme bien d’autres communistes. En 1953-1954, à la suite de la répression contre la CGT et le PC, elle milite au Comité national d’action pour la défense des libertés et est responsable de son comité universitaire. Elle rejoint aussi le cercle des historiens communistes, qui rassemble périodiquement l’ancienne génération (Bruhat, Dautry, Tersen*) et la nouvelle (de François Furet à Claude Mazauric). Elle milite également au Mouvement national de défense de l’enfance (secrétaire du Comité de Saint-Maur, membre du bureau du Comité parisien). Elle fait pour la section centrale idéologique un travail sur l’Alsace. En 1955 tous les membres de sa famille sont au PC ou sympathisants. Elle a dans sa bibliothèque les oeuvres de Thorez, Lénine, Staline et les ouvrages historiques de Marx et Engels. Elle est au bureau de sa cellule. Le 21 avril 1954 la Fédération Seine-Sud écrit au secrétariat du Parti : “Cette camarade semble avoir des qualités politiques et reste effacée sans prendre de responsabilités”. Elle est alors proposée pour le comité de section de Saint-Maur. Mais le comité central (Gaston Plissonnier) incite le secrétariat fédéral de Seine-Sud au refus. En 1956 elle devient « passionnément khrouchtchevienne » et approuve, douloureusement, la dénonciation des crimes de Staline. L’écrasement de la révolution hongroise la choque d’autant plus. Dans sa cellule elle et Guy Serbat, ancien commandant militaire en second des FTP de la zone sud et professeur dans ce lycée depuis 1951, expriment leur désaccord. Elle est alors obligée de présenter un rapport justifiant l’intervention et le fait en pleurant. Mais leurs critiques redoublent après l’exécution d’Imre Nagy en 1958. Ils font adopter une motion désapprouvant les conditions du jugement et de l’exécution. Au sein de la cellule le tandem Rebérioux-Serbat passe ensuite à la critique de la ligne du Parti sur la guerre d’Algérie. En 1959 lorsque le cercle des Jeunesses communistes du lycée se transforme en cercle d’études marxistes, il ne rompt pas les ponts avec lui. En 1959 Madeleine Rebérioux suscite aussi la fureur de la direction du Parti pour avoir cité Trotski dans son volume d’œuvres choisies de Jaurès. Le secrétariat du Parti s’alarme de ses multiples activités jugées fractionnelles et demande une enquête. Le 3 août 1960 les propositions de Guy Ducoloné sont acceptées : cesser la collaboration de Madeleine Rebérioux aux commissions et revues du Parti, demander aux journaux du PCF de ne pas solliciter sa collaboration, charger la direction de la Fédération Seine-Sud d’avoir une discussion avec elle sur son comportement, “informer la direction fédérale de l’Eure-et-Loir des activités de Serbat, nommé à Chartres”. Mais il y a des failles dans le “centralisme démocratique”. Lorsqu’elle est élue à la Sorbonne, elle demande sa mutation pour la cellule Sorbonne-Lettres, et elle l’obtient le 12 décembre 1962. Guy Serbat choisit de quitter le PCF, Madeleine Rebérioux d’y rester. Son grand modèle est alors le PC italien. La majorité de Sorbonne-Lettres se pose des questions sur la ligne du Parti et sur le « camp socialiste ». En 1965 puis 1966 le secrétariat du Parti constate que la décision de 1950 « fut violée à plusieurs reprises » et nécessita « des interventions » : Editions du Parti, Commissions, France Nouvelle, Démocratie Nouvelle, exposition au Musée de Montreuil, Secours Populaire, MRAP, Union rationaliste. « C’est un élément étranger au parti ». Survient le mouvement de 68. Au soir du 3 mai la cellule adopte sur sa proposition une motion soutenant le mouvement étudiant et dénonçant la répression policière. Le 26 mai Le Monde publie une adresse de 36 intellectuels communistes à la direction du Parti. Celle-ci obtient les 1er et 3 juin une discussion entre la direction du PCF et trois représentants des communistes dans le mouvement (Jacques Durand, Léo Matarasso et elle). L’invasion de la Tchécoslovaquie accroît ses divergences. « J’étais en désaccord sur de nombreux points mais je ne serais pas partie, parce qu’il y avait trop de travail à faire ». Mais l’annonce du lancement de Politique Aujourd’hui amène la direction du Parti à préparer son exclusion. Il la fait voter par une réunion très restreinte de la cellule. Un seul refus : René Gallissot, le 27 février 1969. Elle se déclare désormais « ancienne communiste non repentie ».
La forme d’engagement (liée à son type de communisme) qui a eu le plus d’impact a été son soutien ardent aux mouvements de libération nationale. Il vient de loin, nous l’avons vu, mais elle a pu dire : « Ma génération, c’est celle de la guerre d’Algérie ». En 1957 elle anime au PC le Comité de défense des libertés contre la guerre d’Algérie. Surtout, avec d’autres enseignants d’Ile de France, elle crée au printemps 1957 un comité inter-lycées, le Comité de vigilance universitaire contre la guerre d’Algérie. Elle passe ainsi à l’autonomie par rapport au PCF. Des coups de fil rameutent une centaine de collègues dans un café du Quartier latin. Ils désignent une coordination : « Quatre femmes, ô surprise ! : Bianca Lamblin, fort liée à de Beauvoir, à Sartre, et donc aux Temps modernes ; Andrée Tournès, qui militait activement à la Fédération française des ciné-clubs de jeunes ; Geneviève Trémouille dont les attaches avec le SGEN étaient bien connues ; et moi qui m’activais au SNES. Quatre femmes - aucun homme ne s’était présenté […]. L’Algérie, la France gangrenée, voilà ce qui nous obsédait. Le Comité s’étendait bientôt à la province et, comme il se doit, il se donna un petit bulletin d’information avant de se fondre, beaucoup plus tard, dans le Comité Audin” créé peu après et dont elle devient ainsi, en 1958, la secrétaire. Se noue alors sa relation solidaire avec Laurent Schwartz et Pierre Vidal-Naquet. En mai 1960 elle entre au du comité de rédaction de Vérité-Liberté, qui lutte contre la censure. Elle signe le Manifeste des 121. Elle proteste contre les ratonnades à l’égard des manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961, puis soutient la réalisation du film « Octobre à Paris » par le biologiste Jacques Panijel, achevé en 1962 et interdit jusqu’en 1973. C’est tout naturellement qu’elle participe en mars 1962 à la manifestation de Charonne. Lors d’une manifestation elle se fait tabasser, comme en 1952, cette fois par la police, et « ramasser dans la rue, évanouie, et ramener chez soi avec les enfants qui sont sur le pas de la porte ». Avec les bombardements américains sur le Vietnam en 1965, la voici à nouveau sur la brèche, et reprenant les méthodes d’information et de protestation inventées contre la guerre d’Algérie. À l’initiative d’universitaires américains, comme nous l’avons vu, elle mobilise le SNESup et aboutit à la création d’un collectif intersyndical très large dont l’action de solidarité s’étend bientôt au Laos et au Cambodge. Ce collectif une nouvelle fois va au-delà des positions des partis de gauche. Dans cette période, il lui arrive de converger avec le Comité Viet-Nam National, créé en novembre 1966 par Laurent Schwartz, des trotskystes et des PSU. Elle renoue avec l’action sur ce terrain en avril 1971, fondant avec le professeur de médecine Marcel-Francis Kahn, qu’elle a connu au SNESup puis en mai 68, le Front de Solidarité Indochine. Rassemblant des comités locaux qui attirent aussi des jeunes, appelant à des manifestations, dont l’une est interdite, soutenu par la Ligue communiste, le FSI est fort actif jusqu’à la défaite américaine en 1975. La dernière cause qui va la mobiliser est celle de la Palestine. En 2001 elle est l’initiatrice de l’appel « Trop, c’est trop » pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien, et y consacre son action politique durant ses dernières années.
Des droits des peuples aux droits de l’homme il n’y a qu’un pas. Comme Laurent Schwartz et Pierre Vidal-Naquet, elle coopéra avec la Ligue des droits de l’Homme à partir de 1958, et y adhéra sans doute en 1962. Foin des 21 conditions de la IIIe Internationale ! En 1964, elle fait son entrée au comité central, à l’initiative de Daniel Mayer. Dans les années 1980 elle devient vice-présidente, et crée une commission contre l’extrême droite. À un moment où les universitaires sont en recul dans la Ligue, elle est choisie pour succéder à Yves Jouffa comme présidente, fonction qu’elle exerce de 1991 à 1995. Elle rencontre des désaccords dans le Comité central et bénéficie d’un soutien dans les sections de province, où elle multiplie les conférences. Les réflexions et actions menées ont pour thèmes les droits de l’enfant (comme en 1953), ceux des femmes, l’insertion des étrangers et surtout la citoyenneté sociale. Elle prépare le centenaire de la LDH en 1998 puis en est présidente d’honneur. Parallèlement, en 1986 elle est membre fondatrice du Cercle Condorcet de Paris, à l’initiative de la Ligue de l’enseignement, et devient vice-présidente de ce lieu de débats sur les problèmes de société et de politique.
Cette longue vie, assombrie par la mort de sa sœur en 1991 et endeuillée par la mort de Jean en 1992, s’achève en février 2005. Ses nombreux amis lui rendent hommage à l’auditorium du musée d’Orsay. On remarque la présence muette du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Depuis, son nom a été donné à des bâtiments et à des rues : Centre socio-culturel à Créteil, Ecole élémentaire à Chambéry, école maternelle à Saint-Nazaire, deux Maisons des associations à Paris, un rond-point à Mulhouse, des rues à Lille, Paris, Charleville-Mézières, Saint-Ouen, Laon, Strasbourg, Saint-Nazaire, Pontivy, Hennebont. Par-delà la mémoire de ses cours et conférences, et les travaux de ses nombreux élèves, son œuvre d’historienne lui survit : une histoire des gauches qui a mis au premier plan « les hommes évoluant à la base » et « les pratiques collectives », une reconnaissance de la tradition libertaire de la France, un éventail d’horizons du local à l’international, une place faite à l’histoire des femmes « dans une société d’inégalités » mais sans le féminisme ni le genre, une histoire culturelle mettant l’accent sur le rôle des avant-gardes et de l’engagement, les relations entre les productions culturelles et leurs publics, et l’importance des droits et libertés pour la création et la diffusion des œuvres. Sa personnalité enthousiaste est marquée par la puissance de conviction, la générosité, l’autorité, la fidélité, les réseaux, l’anticléricalisme longtemps violent, une nature parfois conflictuelle et toujours rosse. “Sa vie, on l’écrira un jour, parce qu’elle traverse le XXe siècle, ses drames, ses conflits, ses déceptions et ses espoirs” (Michelle Perrot). Cette notice n’en est qu’une préface. Madeleine Rebérioux fait partie de ces femmes qui ont réussi à être professeures d’université ou directrices de recherche au CNRS et qui n’ont pas seulement ouvert la voie aux générations suivantes, mais qui ont aussi transformé le contenu et les méthodes de leur discipline. En histoire contemporaine on pense aussi à Rolande Trempé, Annie Kriegel, Michelle Perrot, et, hors de l’équipe du Mouvement Social, à Mona Ozouf. Toutes, que la République a faites officiers de la Légion d’honneur, ont en commun d’être passées par le PCF, d’avoir une présence et une éloquence exceptionnelles, d’avoir le sens de la responsabilité de l’histoire dans la cité, d’avoir fait le pont entre la province et Paris. En quoi Madeleine Rebérioux est-elle cependant différente ? D’abord en raison de trois choix faits dans ses années d’étudiante : l’engagement auprès des peuples colonisés et dominés par l’Occident, le pacifisme intégral jusque fin 1943 semble-t-il, la participation à la vie culturelle et artistique. Mais aussi en raison d’un autre choix postérieur, quoique de peu, et devenu permanent : l’activité militante, qui chez elle n’a jamais cessé, à la charnière entre l’extrême gauche et la gauche. L’ultime appartement qu’elle a habité comporte le masque africain et le piano où elle joue du Mozart, vestiges des habitations précédentes, et il a été choisi pour être près du siège de la Ligue des droits de l’Homme. À l’éducation, à la culture, à la militance, aux peuples du monde elle s’est efforcée de donner une voix, une plume, un exemple.

ŒUVRE  : Proudhon et l’Europe. Les idées de Proudhon en politique étrangère, Paris, Domat-Montchrestien, 1945. — Poèmes, Paris, Presses Matey, 1946. — Les ouvriers du Livre et leur Fédération, Paris, Temps Actuel, 1981. — La République radicale ? 1898-1914, Paris, Le Seuil, 1995. — Jaurès : la parole et l’acte, Paris, Gallimard, 1994. — Parcours engagés dans la France contemporaine, Paris, Belin, 1999.

SOURCES  :

Archives
Archives Nationales, Fontainebleau, ex-série F17, Notice de carrière ; fonds Madeleine Rebérioux, 642 AP ; Fontainebleau, CAC 1989 0464/07, dossier des Renseignements généraux, 1949-1950 ; 14 AS, fonds de l’Institut français d’histoire sociale ; 20000529/1-20000529/8, Collectif intersyndical universitaire d’action Vietnam Laos Cambodge, 1965-1976. Archives de la Légion d’honneur, dossier Madeleine Rebérioux. Archives du Comité national du PCF, 62/883, dossier biographique, 62/552, dossier Jean Rebérioux, 1770, Sorbonne-Lettres. Archives de la Fédération du Val de Marne du PCF, fond des cadres (consulté par Paul Boulland).

Sources imprimées
Reine Cormand, La vie d’une famille face à la Gestapo novembre 1943-juin 1945, Montreux, Amoudruz-Thonon, 1972. — Madeleine Rebérioux, “La Sorbonne occupée”, Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 11-13, 1988, p. 154-159. — “Militantisme et recherche historique”, Questions de communication, n° 4, 2003, p. 279-287 ; « Le marché de la concurrence entre généraux est ouvert », L’Humanité, 3 mai 2001. — Jacqueline Brunet, Bernard Cassen, François Chatelet, Pierre Merlin et Madeleine Rebérioux (dir.), Vincennes ou le désir d’apprendre, Paris, Éditions Alain Moreau, 1979. — Pierre Vidal-Naquet, Mémoires, t. II : Le trouble et la lumière 1955-1998, Paris, Le Seuil-La Découverte, 1998.

Sources audiovisuelles

Long entretien de l’INA avec Madeleine Rebérioux interrogé par Marc Riglet (2001) avec possibilité d’imprimer la transcription.

http://entretiens.ina.fr/video/Histoire/

Geneviève Ladouès, « Au bon plaisir de Madeleine Rebérioux », France Culture, 14 juillet 1990. — Vincent Löwy, « Place Victor Basch », film, 2005.

Sources en ligne

Site du bicentenaire du lycée Blaise Pascal. Hommage à Madeleine Rebérioux au Musée d’Orsay, 15 février 2005.

Témoignages : Rolande Trempé, Michelle Perrot, Claude Pennetier

Nécrologies

Patrick Fridenson, “Toujours avec Madeleine Rebérioux”, Le Mouvement Social, juillet-septembre 2005, p. 3-4 et “Madeleine Rebérioux, entre histoire, culture et politique”, avril-septembre 2007, p. 3-16. Michelle Perrot, “Madeleine Rebérioux (1920-2005)”, Clio, juin 2005, p. 5-8. Jacques Julliard et Christophe Prochasson, “Madeleine Rebérioux”, Mil neuf cent, janvier-juin 2005, p. 2-4. Jean-Pierre Rioux, “Rebérioux Madeleine (1920-2005)”, Encyclopedia Universalis, 2006. Jacqueline Saulai-Viltard, “Amoudruz (Madeleine), épouse Rebérioux”, L’Archicube, n° spécial, 2007, p. 116-122 (avec des témoignages de Marie-Thérèse Bigand-Benoit et Pierrette Destables-Coulet). Cahiers Jaurès, octobre-décembre 2004, janvier-mars 2006 et janvier-juin 2007.

Bibliographie

Jean-François Chanet, Une laïcité socialiste, Paris, Fondation Jean Jaurès, 2010. Claudine Hérody-Pierre, Robert Schnerb, un historien dans le siècle 1900-1962, Paris, L’Harmattan, 2011. Le Collectif intersyndical universitaire d’Orsay Vietnam Laos Cambodge, Paris, L’Harmattan, 2011. Articles de Christophe Charle, René Gallissot Politique, Béatrice Slama dans Avenirs et avant-gardes, Paris, La Découverte, 1999. Roberto Ceamanos, De la historia obrera a la historia social. L’Actualité de l’histoire (1951-1960) y Le Mouvement Social (1961-2000), Saragosse, Prensas universitarias de Zaragoza, 2004. Ellen Crabtree, thèse en cours sur Madeleine Rebérioux.

Dans le Maitron  : notice consacrées à Jean Rebérioux, Guy Serbat, Paul Noirot, Michelle Perrot…

Patrick Fridenson

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