ARON Lazare dit Georges, alias BUICAN-ARNOLDI Aleksander

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 23 mai 1902 à Toraceni en Bucovine (Roumanie), mort à une date inconnue ; journaliste, aide-comptable ; résistant FTP-MOI ; déporté.

The National Archives of Romania, The Personal Files of the Antifascist Militants (F 95), file no. 46.
Cliché de Cristina Diac

Fils d’Abraham et de Sara né Laub, Lazare Aron milita dès son adolescence en Roumanie au sein de la Jeunesse communiste Roumaine, il fut l’un des fondateurs du Parti communiste de Roumanie. Du fait de la répression il vint en France, demeura à Paris où il représenta le Parti communiste roumain de 1936 à 1938, il était journaliste correspondant de trois journaux édités en Roumanie. Il fut remplacé P. Grosu comme représentant du PC Roumain. Il organisa la solidarité avec les combattants roumains des Brigades internationales internés dans les camps du sud-ouest de la France.

Il reçut l’ordre de rejoindre Moscou, n’obtempéra pas, il aurait selon Christina Boïco été partie prenante des luttes internes qui déchirèrent l’organisation roumaine en 1931. Il était lié pendant cette période lié d’amitié avec Marcel Pauker. Or, celui-ci fut liquidé en 1937-1938 en Union Soviétique.

Lazare Aron s’engagea en 1939 comme volontaire dans le 23e Régiment d’infanterie de marche pour la durée de la guerre. Démobilisé fin août 1940, de retour à Paris il rejoignit la Main d’Œuvre immigrée (M.O.I.). Il traduisit avec Christina Boïco du service de renseignements des FTP-MOI un livre allemand sur l’armement, et les insignes des différentes unités de la Wehrmacht et de ses officiers.

Il demeura 72 rue des Bruyères aux Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis), puis début décembre 1942 au 25 Rue Lacépède à Paris Ve arr. Il travaillait depuis le 1er juillet 1942 comme aide-comptable à la société radio R.B. Membre du 1er détachement roumain des FTP-MOI sous le nom d’Alexandre Buican, participa-t-il à des actions ou était-il chargé du service sanitaire ?

Il était soigné par le docteur Léon Greif membre du service sanitaire de l’organisation qui avait son cabinet 68 boulevard Saint-Marcel, XIIIe arr. Le 2 décembre 1942 des inspecteurs de la BS2 perquisitionnaient le cabinet du docteur, des policiers tendaient une souricière, arrêtèrent le 5 décembre Lazare Aron qui présenta sa carte d’identité au nom d’Aleksander Buican-Arnoldi.

Emmené dans les locaux des Brigades spéciales, fouillé, il était porteur de documents ayant trait à son activité dans l’organisation, un tract L’Université libre était saisi. Il portait des médicaments, soutint qu’il rendait service au docteur Greif. Quant à sa fausse pièce d’identité et sa feuille de démobilisation au nom de Buican-Arnoldi il les avait achetés pour échapper à la répression contre les Juifs. Une confrontation eut lieu avec Karel Matuch, en fait Karel Stefka, membre du triangle de direction des FTP-MOI. Crânement Lazare Aron ne lâcha rien.

Il fut battu, probablement torturé, puis livré aux Allemands. Il était interné le 8 décembre 1942 au camp de Drancy réservé aux Juifs. Le 11 février 1943 Lazare Aron était dans le transport n° 47 de 998 déportés à destination d’Auschwitz (Pologne), 802 détenus étaient gazés dès leur arrivée. Le 27 janvier 1945 lors de la libération du camp par l’armée Soviétique, dix déportés dont une femme de ce convoi avaient survécus aux épreuves. Lazare Aron était vivant, il rentra en Roumanie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article163744, notice ARON Lazare dit Georges, alias BUICAN-ARNOLDI Aleksander par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 7 septembre 2014, dernière modification le 1er juillet 2019.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

The National Archives of Romania, The Personal Files of the Antifascist Militants (F 95), file no. 46.
Cliché de Cristina Diac

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0092, BS2 carton 20. – Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle…, Calmann-Lévy, 1989. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Gaston Laroche (Boris Matline), On les nommait des étrangers. Les immigrés dans la Résistance, ÉFR, 1965. – Gavin Bowd, La France et la Roumanie communiste, L’Harmattan, 2008. – Livre-Mémorial, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet CDJC.

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