LERNOVICI Siméon [dit LEGRAND]

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 6 mars 1918 à Jassy (Roumanie), mort par suicide le 28 novembre 1942 à Paris (XVe arr.) ; étudiant à l’École centrale des arts et manufactures ; communiste ; résistant, membre des FTPF.

Fils de David et de Marie, née Auran, Siméon Lernovici arriva en France le 9 novembre 1937. Il demeura successivement au 49 rue du Vertbois à Paris (IIIe arr.), 69 rue Galande (Ve arr.) et 29 bis rue de Montreuil à Vincennes (Seine, Val-de-Marne). Dès son arrivée il se mit en conformité avec la législation en vigueur. Il était détenteur d’une carte d’identité valable jusqu’au 15 décembre 1942. En 1940 et 1941 il suivit des cours d’élève ingénieur à l’École centrale des arts et manufactures.
Communiste, Siméon Lernovici entra dans les Francs-tireurs et partisans français (FTPF), pseudonyme Legrand, changea d’identité et devint Robert Martino, né en 1920 à Nice. Il était en relation avec Marceline Gruwier, ex-membre de la Commission exécutive du Syndicat CGT de la confection pour hommes.
Le 28 octobre 1942, vers 22 h 40, deux engins incendiaires furent lancés dans la cour de la menuiserie Fradelli 28 bis rue des Entrepreneurs à Paris (XVe arr.). Le 8 novembre 1942, il déposa un engin explosif dans le sous-sol de l’Hôtel du Laos, rue de la Croix-Nivert (Ve arr.), lieu non gardé occupé par des soldats allemands. Il y eut de légers dégâts. Le 21, il jeta des bouteilles incendiaires rue de la Colonie, rue Vergniaud et Wurtz (XIIIe arr.).
Du 5 octobre au 19 novembre 1942 à la suite d’aveux d’un combattant arrêté, des inspecteurs de la BS2 filèrent quotidiennement Marceline Gruwier du matin au soir. Malgré toutes les précautions qu’elle prenait, les policiers repérèrent plusieurs militants et combattants FTP.
Le 28 novembre 1942 les policiers interpellèrent selon les sources rue de Constantine (VIIe arr.) ou dans le hall de la gare des Invalides Siméon Lernovici, Jules Miline et Marceline Gruwier. Tous les trois furent emmenés menottés au poste de police de la rue de Grenelle (XVe arr.). Dans le poste, selon les policiers, Siméon Lernovici se serait saisi d’un pistolet « dissimulé dans sa manche de chemise, et qui était fixé à son bras gauche à l’aide d’un bracelet élastique ». Il porta son arme contre sa tempe droite et fit feu. Transporté d’urgence à l’hôpital Laennec, il y décéda peu après son arrivée.
Les faux papiers au nom de Martino qu’il portait sur lui ne firent pas illusion. Son frère Aurel, ancien avocat au barreau de Jassy fut interrogé. Il expliqua qu’il ignorait que son frère était résistant et qu’il s’était muni de faux papiers pour échapper aux mesures antisémites.
Germaine Pezin, employée au ministère des Finances, amie d’Aurel Lernovici déposa plainte le 25 février 1945 contre les inspecteurs qui avaient arrêté Siméon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article163734, notice LERNOVICI Siméon [dit LEGRAND] par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 6 septembre 2014, dernière modification le 31 janvier 2019.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0092, 77W 464, BA 1752, BS2 carton 20, KB 90.

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