BERGOUGNOUX Gabriel

Par Jean-Claude Grandhay

Né le 25 mars 1934 à Neuilly-sur-Seine (Seine) ; animateur du Club Citoyens 60 ; membre du Comité directeur de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) ; rapporteur permanent aux affaires sociales dans le contre-gouvernement de François Mitterrand ; candidat, non élu, aux élections législatives dans le département de la Haute-Saône en 1967 et 1968.

Fils d’un professeur libre originaire de Haute-Loire et d’une mère sans profession native de Malakoff domiciliée à Levallois-Perret, après avoir obtenu sa licence ès lettres et le diplôme d’études supérieures (DES) de philosophie auprès de la Faculté de Paris, Gabriel Bergougnoux dut interrompre sa préparation au métier de professeur pour effectuer son service militaire. Il se maria le 5 juin 1957 à Paris XVIe arr. avec Nicole Lefebvre. Il fut dirigeant de mouvement de jeunesse (Scouts de France) pendant cinq ans, puis permanent de l’organisme d’éducation populaire « La Vie Nouvelle ». À ce titre, devenu spécialiste de la formation politique, économique et sociale, il fut un des principaux animateurs du « Club Citoyens 60 » qui regroupait des catholiques de gauche, disciples d’Emmanuel Mounier*. Il figura, comme secrétaire permanent, du mois d’octobre 1964 à juin 1965, au Comité national Horizon 80 fondé par Gaston Defferre*. Il fut ensuite chargé des relations de la Société centrale immobilière (SIC) de la Caisse des dépôts avec les organisations nationales et locales de locataires. Sollicité le 12 mai 1966 par François Mitterrand* pour l’assister au « contre-gouvernement », il fut contraint d’abandonner sa profession afin de se consacrer à plein-temps à ses nouvelles activités de rapporteur permanent sur les affaires sociales. Il était depuis le mois d’avril 1966 membre du comité exécutif national de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (au titre du Club Citoyens 60) et secrétaire général adjoint de la Convention des institutions républicaines. Il participa aux travaux de l’hebdomadaire France-observateur et collabora pendant plusieurs années au journal Témoignage chrétien.
Le 20 août 1966, Gabriel Bergougnoux fut présenté aux membres du comité exécutif de la Fédération départementale haut-saônoise de la Gauche démocrate et socialiste, par Jacques Maroselli*, président dudit comité, comme étant le candidat de la FGDS dans la 1e circonscription Vesoul-Gray aux élections législatives du mois de mars 1967. Totalement inconnu dans ce département jusqu’à ce jour, il s’investit pleinement dans la campagne électorale qui suivit mais n’obtint au 1er tour que 13 782 voix contre 23 800 à Pierre Vitter, député sortant UNR. Au second tour, il fut battu par 23 593 suffrages contre 26 770 à son adversaire.
Après ce premier échec, Gabriel Bergougnoux devint secrétaire du Groupe parlementaire FGDS à l’Assemblée nationale et sur le plan local, le 25 février 1968, fut porté à la vice-présidence du bureau départemental de la Convention des institutions républicaines.
Le 22 mars 1968, il déclara à la préfecture de la Haute-Saône une association dont il était le président : « Vesoul-Démocratie » qui avait pour objet « la recherche et la mise en commun de connaissances et de moyens visant à la diffusion d’une culture économique, sociale et civique ». Cette création n’était que la mise en pratique de sa conception d’une gauche largement ouverte. D’ailleurs, l’éventail politique du conseil d’administration du nouveau « Club » allait du PSU à l’aile gauche de l’ancien MRP.
Il fut une fois encore candidat dans la 1e circonscription de la Haute-Saône lors des élections législatives du 23 juin 1968. Face au même concurrent, Pierre Vitter (UNR), il fut battu dès le 1er tour, n’obtenant que 12 782 voix alors que le député sortant recueillait 29 864 suffrages.
Comme le disait le journal L’Union démocratique du mois de février 1967, « il ne restait à Gabriel Bergougnoux qu’un seul pas à franchir pour être parvenu jusqu’au bout de son engagement : les élections ». Un an et quatre mois plus tard, par deux fois, le verdict des électeurs haut-saônois s’avérait sans appel. Il était dit que ce ne serait pas dans ce département de l’Est de la France que Gabriel Bergougnoux recevrait la consécration du suffrage universel.
Gabriel Bergougnoux est un bon exemple d’homme des clubs qui sont entraînés à la fin des années soixante sur le terrain de la politique électorale, alors que champ associatif et champ électif ou partisan relèvent de logiques et de qualités différentes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16352, notice BERGOUGNOUX Gabriel par Jean-Claude Grandhay, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 4 juillet 2014.

Par Jean-Claude Grandhay

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Saône, versement 1333 et dossiers des élections législatives. — L’Union Démocratique de la Haute-Saône de la période considérée. — État civil de Neuilly-sur-Seine.

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