BERGERON Marcel, Louis, Émile

Par Michel Dreyfus

Né le 8 juin 1899 à Valence (Drôme), mort le 4 novembre 1972 à Fleury-Mérogis (Essonne) ; ingénieur EDF ; militant syndicaliste ; résistant.

Marcel Bergeron
Marcel Bergeron

Marcel Bergeron eut un père diplômé de l’École des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence et ingénieur à la Compagnie du chemin de fer du PLM où il était responsable des signaux.
Marcel Bergeron fit ses études secondaires au lycée de Valence et entra ensuite en classe de mathématiques spéciales au lycée de Grenoble (Isère). La Première Guerre mondiale interrompit ses études. Démobilisé, il fut admis à l’Institut électrotechnique de Grenoble d’où il sortit ingénieur en 1921. Il fut alors embauché à la Compagnie des chemins de fer du PLM dans un bureau d’études de la gare de Lyon. En 1924, il entra dans le groupe de la Compagnie générale d’électricité (CGE) à la Société vosgienne d’électricité à Remiremont (Vosges). Il revint au siège de la CGE en 1927 et devint secrétaire général de la Société anonyme de transport de l’énergie (SATECO). Le 17 mai 1925, il s’était marié avec Marie Chiron à Valence.
En 1933, Marcel Bergeron adhéra au Comité mondial contre la guerre et le fascisme puis en 1934 au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). Militant syndical, il avait adhéré à la CGTU bien avant la réunification de mars 1936. En 1937, il contribua à la création du Groupement national des cadres (GNC) de la Fédération CGT de l’Éclairage. Avec Pierre Le Brun*, il participa à l’élaboration d’un projet de nationalisation du transport de l’électricité.
Mobilisé en septembre 1939, libéré en juillet 1940, Marcel Bergeron reprit ses fonctions à la SATECO. Début 1941, il chercha à nouer des liens avec la Résistance. Il put reprendre contact avec Pierre Le Brun* et Marcel Paul*, tous deux alors dans l’illégalité. Il adhéra au Parti communiste en mai 1941, participa à la création des FTP et du Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France pour la zone Nord. Avec Pierre Le Brun* et Roger Lescuyer*, Marcel Bergeron créa en juillet 1943 dans le cadre du Conseil national de la Résistance (CNR), l’Union des cadres industriels de la France combattante (UCIFC). Commandant FTP, il prit une part active aux combats pour la libération de Paris auprès de l’état-major du colonel Rol-Tanguy. En 1945, il fut membre du jury de la Haute-Cour et siégea notamment au procès de Pétain.
Marcel Bergeron fit partie de la sous-commission « Nationalisation » qui, au sein du CNR, rédigea le projet de loi de nationalisation présentée à l’Assemblée nationale. Il appartint également à la commission créée par le ministre R. Lacoste et qui, selon le décret du 20 novembre 1944, était chargée d’étudier la « nationalisation de l’industrie électrique ». Cette commission fut présidée par Léon Perrier, ancien ministre radical des colonies de 1925 à 1928 et président de la commission interparlementaire pour l’aménagement du Rhône. En novembre 1945, Marcel Paul* demanda à Marcel Bergeron de rejoindre son cabinet au ministère de la Production industrielle. M. Bergeron participa alors à la rédaction définitive de la loi de nationalisation du gaz et de l’électricité ainsi qu’à celle relative au statut du personnel de l’entreprise nationalisée. En 1946, M. Bergeron entra à l’Inspection générale d’EDF.
Administrateur du conseil central des œuvres sociales (CCOS), de janvier 1947 à février 1951, Marcel Bergeron participa activement à la mise en place de l’ensemble du réseau des activités sociales des électriciens-gaziers. À la suite de la dissolution du CCOS en février 1951, Marcel Bergeron retourna à l’inspection générale d’EDF. Jusqu’à sa mort, il devait être un des dirigeants les plus importants de l’UNITEC (Union nationale des ingénieurs, techniciens et cadres) lorsque cette organisation avait fusionné avec l’UCIFC à la Libération. Retraité en 1963, Marcel Bergeron devint président de la Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CMCAS) de Paris-Électricité puis administrateur de la CMCAS de Paris jusqu’à sa mort survenue à Fleury-Mérogis (Essonne) le 4 novembre 1972.
Marcel Bergeron était médaillé de la Résistance et chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16339, notice BERGERON Marcel, Louis, Émile par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 janvier 2018.

Par Michel Dreyfus

Marcel Bergeron
Marcel Bergeron

SOURCES : R. Gaudy, Et la lumière fut nationalisée, Éd. sociales, 1978. — René Le Guen, en collaboration avec René Gaudy, Voyage avec des cadres, Paris, Éditions sociales, 1977. — Témoignages de son fils Claude Bergeron et de M. Paul. — Renseignements fournis par M. Rault. — Archives CCOS.

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