BERGER Paul

Par Pierre Petremann

Né le 28 mai 1928 à Cahus (Lot) ; professeur ; militant syndicaliste de la FEN, secrétaire de la section départementale de Moselle (1962-1979), militant du SNET, membre de la CA nationale (1959-1966), puis du SNES, membre de la CA nationale (1966-1984), secrétaire national (1967-1975) ; représentant de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en Lorraine.

Paul Berger
Paul Berger
Cliché fourni par Paul Berger

Né au hameau de Miquial, chez son grand-père maternel appartenant à une famille de petits agriculteurs du Quercy, Paul Berger était le fils d’un garçon d’hôtel devenu gérant d’hôtel-restaurant avec son épouse à Paris. Ses parents étant revenus s’installer à Bilhac (Dordogne) peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale, il poursuivit ses études au cours complémentaire de Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze), après son certificat d’études obtenu en 1940. À partir du 5 juin 1944, il passa les épreuves d’oral du concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Tulle (Corrèze), et échappa, le 9 juin, à la.rafle des hommes de 16 à 60 ans par les Allemands, avant le tragique épisode des pendus de Tulle, qui le marqua durablement. Élève-maître au lycée Perrier de Tulle, il y obtint son baccalauréat mathématiques élémentaires.

En 1947, il fut élève en classe préparatoire au lycée Pierre de Fermat de Toulouse puis alla préparer le concours d’entrée à l’École normale supérieure de l’enseignement technique au collège Chaptal de Paris. Il réussit le concours en 1949 et sortit de l’ENSET en 1951, titulaire du CAPET A1 (mathématiques et sciences). Il prit ses fonctions comme professeur certifié de mathématiques à l’École nationale professionnelle de Metz, devenue lycée Louis Vincent, en octobre 1951, et ne quitta jamais ce poste jusqu’à sa retraite en mai 1988. Il y enseignait avec son épouse, née Jacqueline Lassabe, professeur certifiée de physique-chimie, rencontrée à l’ENSET, avec qui il s’était marié en août 1951 à Reims (Marne) et avec laquelle il eut trois filles. Elle mourut en juin 2012 à quatre-vingt-trois ans.

L’engagement syndical de Paul Berger débuta dès son entrée à l’ENI en 1945 avec son adhésion au Syndicat national des instituteurs puis il adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique, dès son admission à l’ENSET. Il occupa des responsabilités syndicales diverses surtout à partir de 1954, date à laquelle Etienne-Camy-Peyret, qui l’avait encouragé à militer, quitta le département. Il était alors membre de la Fédération de l’Éducation nationale-CGT, mais n’y resta pas au-delà de 1955. Au plan local, outre des responsabilités exercées dans sa section d’établissement (S1) du SNET, il fut secrétaire de la section départementale (S2) de Moselle et trésorier de la section régionale (S3) de Strasbourg. Il militait aussi à la commission administrative départementale de la FEN de Moselle, où il succéda à Camy-Peyret, avec lequel il conserva une grande amitié jusqu’au décès de ce dernier. Il devint quelques années plus tard secrétaire de cette section FEN, en 1962, et le demeura jusqu’en 1979, date à laquelle il fut remplacé par Roland Rouzeau. Au cours de ce long mandat, il s’attacha notamment à mener le combat laïque dans le cadre du Comité départemental d’action laïque et contribua au regroupement des organisations laïques au 3, rue Gambetta à Metz : syndicats d’enseignants, Ligue des Droits de l’Homme, Cercle Jean Macé. Il favorisa l’action unitaire des travailleurs, ce qui se manifesta notamment lors de la grève des mineurs de 1963 puis en mai-juin 1968. Il fut aussi membre du conseil d’administration de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Education nationale (1962-1972), du CA de la Fédération des œuvres laïques (1962-1994) et du CA de l’Université de Metz.

Militant du courant « Unité pour une action syndicale efficace » dans le SNET, Paul Berger fut membre de la commission administrative nationale, suppléant en 1959, puis titulaire à partir de 1961 jusqu’à la fin de l’existence du SNET en 1966. Il participa activement à la fusion du SNET et du Syndicat national de l’enseignement secondaire et exerça ses mandats les plus importants dans le nouveau Syndicat national des enseignements de second degré.

Élu à la CA nationale en 1966, il fut réélu en 1967 et fit partie de la nouvelle direction nationale « Unité et Action », chargé du secrétariat de la commission laïque. Il rédigea plusieurs études dont celle publiée dans L’Université syndicaliste sur l’enseignement privé, alimentée par une documentation importante provenant pour partie des sections syndicales du SNES. Il fut très actif en mai-juin 1968 dans son département et participa aux négociations nationales au ministère durant l’été, notamment à celle concernant la surveillance et la vie des établissements avec Gérard Alaphilippe, qui se conclut par la circulaire du 1er octobre 1968 abaissant substantiellement les horaires de service des MI-SE. Aux États généraux de l’Université nouvelle organisés par la FEN et la Fédération des conseils de parents d’élèves les 26 et 27 octobre 1968, il fut le seul dirigeant du SNES chargé d’un rapport sur la vie des établissements puis il réalisa avec François Blanchard un dossier publié dans L’US pour expliquer les intérêts de la présence des représentants des parents d’élèves dans les CA d’établissements et les conseils de classe.

Paul Berger continua de siéger à la CA nationale du SNES jusqu’en 1984 et fut membre titulaire du bureau national jusqu’en 1975 puis suppléant de 1975 à 1977. Durant cette période, il continua d’être secrétaire de la commission laïque puis du « secteur laïque » à partir de 1971, et secrétaire adjoint de ce secteur au côté de Claude Vidal de 1975 à 1977. Défenseur intransigeant de la laïcité, combattant toujours le statut particulier anti-laïque d’Alsace-Moselle, combat qui occupait une grande place dans le discours identitaire du SNI et de la FEN en Alsace et en Moselle, il fut le rapporteur des différentes motions laïques votées par les congrès du SNES et travailla beaucoup sur le VIe Plan, la répartition sociale et territoriale des élèves et la carte scolaire. Il négocia au ministère avec Edouard Patard et Camy-Peyret la circulaire du 20 février 1969 garantissant une priorité pour les mutations des personnels dont les postes étaient supprimés par mesure de carte solaire.

Après 1977, il continua à apporter sa contribution au secteur « politique scolaire et laïcité » qui succéda au secteur laïque, aux côtés de Bernard Flageollet et de Michel Chignier puis dirigé par André Siredey de 1979 à 1983. Il participa encore aux groupes de travail préparatoires aux congrès nationaux de 1981 et de 1983 sur les thèmes intitulés “ Pour un syndicalisme unitaire de second degré “ en 1981 et “ L’école dans la société “ en 1983.

Parallèlement, Paul Berger fut membre de la CA nationale de la FEN, suppléant (1967-1969), titulaire (1969-1975) puis suppléant jusqu’en 1977. Il intervint principalement sur les questions laïques, déplorant que le SNES ne fasse pas partie ès qualité du CNAL et critiquant l’insuffisance de l’analyse fédérale des atteintes à la laïcité par le patronat et par le projet de réforme Fontanet.

Après le rattachement du département de la Moselle à la nouvelle académie de Nancy-Metz en 1972, Paul Berger devint secrétaire adjoint de la section académique (S3) du SNES dont le secrétaire général était Robert Genton. Il œuvra notamment à la commission académique de la carte scolaire (1970-1982), au comité régional de la formation professionnelle et à la commission administrative paritaire des professeurs certifiés.

Après sa prise de retraite, Francis Berguin, secrétaire national du SNES, le fit désigner comme expert au Conseil supérieur de l’Éducation nationale lors de sa réunion du 31 janvier 2000 consacrée à l’examen du Code de l’Éducation. Bon connaisseur des particularités du statut d’Alsace-Moselle, il fut consulté pour le recours du SNES devant le Conseil d’État qui aboutit à l’arrêt du 6 avril 2002 abolissant le caractère obligatoire de l’enseignement religieux pour les élèves d’Alsace et Moselle.

Resté non encarté politiquement, il milita néanmoins au Mouvement de la Paix, participa à la création du Secours populaire en Moselle. Il fut aussi, secrétaire de la section mosellane de la Ligue des droits de l’Homme et délégué régional de Lorraine de cette organisation (1995-2003). Il créa la « Lettre » de la section. Selon Charles Roederer, membre du comité central de la LDH, Paul Berger eut le souci de rendre l’organisation clairement indépendante de tout parti politique, plaida pour un renforcement de la démocratie dans la gouvernance de la Ligue, qu’il jugeait insuffisante, ce qui attira « des contradictions sévères avec certains hauts responsables de la Ligue, qui ont pourtant toujours reconnu ses qualités militantes. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16332, notice BERGER Paul par Pierre Petremann, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 25 juillet 2018.

Par Pierre Petremann

Paul Berger
Paul Berger
Cliché fourni par Paul Berger

SOURCES : Arch. IRHSES (dont archives de la commission laïque, du secteur politique scolaire, Le Travailleur de l’enseignement technique, L’Université syndicaliste, L’Enseignement public, Revue Unité et Action). — Renseignements fournis par Paul Berger et interview à l’IRHSES le 7 janvier 2016. – Témoignages divers de Francis Berguin, André Prochasson, Rolland Pfefferkorn, Charles Roederer.— Alain Dalançon, Histoire du SNES, t.2, IRHSES, 2007. — Notes de Julien Veyret. — Une partie des archives de Paul Berger a été déposée aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis.

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