FONDEVILLE E. (fils) [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Membre de la section de Bordeaux de l’Association Internationale des Travailleurs ; « Promoteur de la révolution du 18 mars » ; exilé à New York, membre de la Société des réfugiés de la Commune.

Membre de l’AIT, E. Fondeville quitta Bordeaux pour monter à Paris, où il prit une part active à la Commune, apparemment comme employé au ministère des Travaux publics. Il fut également le gérant du journal La Rouge (deux numéros parus les 17 et 19 mai 1871). Proche des Blanquistes, il semble enfin avoir joué un rôle important bien qu’obscur dans la tentative d’échanger les otages contre Blanqui, ainsi qu’en témoigne la possibilité qu’il eut de rendre visite à plusieurs reprises aux otages, lesquels lui remirent des témoignages qui furent mentionnés par Me Léon Bigot dans sa défense de Gustave Maroteau. Durant la Semaine sanglante, il était encore à Paris, où il cacha divers documents importants.

Dès le mois d’août E. Fondeville se trouvait à Londres. Il y résida d’abord à Kentish Town, 96 Prince of Wales. Il participa à la conférence de l’AIT qui se tint dans cette ville du 17 au 23 septembre 1871, mais sans droit de vote. D’après une lettre de Grangeneuve de Bordeaux écrite le 25 mars 1872 et datée de Londres, l’épouse de Fondeville se serait rendue en France pour y apporter des instructions du Conseil général relatives à la loi qui venait d’être votée à Versailles, ainsi que des instructions verbales pour les blanquistes parisiens dans l’éventualité d’un coup d’État. À cette époque, Fondeville habitait dans le quartier de Kensington, 35 Gaidsford str., en compagnie de Parent et Séraillier.

Après avoir passé quatre ans à Londres, Fondeville partit à New York, où il se trouvait en mai 1875 (sa femme et ses enfants se trouvaient quant à eux en France). Membre de la Société des réfugiés de la Commune, il présida le 30 mars 1876 une réunion de proscrits de la Commune qui se tint à Husch’s Hall, 123 Houston street. Lors de cette séance furent examinées les accusations formulées contre les frères Gustave et Élie May. Ces derniers furent expulsés à l’unanimité des 22 présents. Les minutes de cette réunion furent rendues publiques dans un opuscule de 8 pages ayant pour titre Procès-verbal de la séance extraordinaire des Réfugiés de la Commune de Paris, du 30 mars 1876, à Husch’s Hall, 123 Houston street, New York, et dont un exemplaire est conservé aux archives de la préfecture de police de Paris.

La trace de Fondeville se perd ensuite.

Il était le fils de J. G. Fondeville.

Y a-t-il identité avec Fondevielle ?

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article162794, notice FONDEVILLE E. (fils) [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 18 août 2014, dernière modification le 6 juin 2019.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Arch. Dép. Gironde, série M, Police générale 1868-1875 ; Arch. PPo, Ba/428, rapport du n° 4 [Matusczewicz], 5 juin 1872, et Ba/429 ; Me Léon Bigot, Dossier d’un condamné à mort, Paris, A. Chevalier, 1871, p. 77 sq ; Miklos Molnár, Le Déclin de la Première Internationale, Genève, Droz, 1963, p. 54.

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