RADAMONTHE Turenne

Né le 14 novembre 1926 à Mana (Guyanne), mort le 10 juin 1989 à Cayenne ; maçon . syndicaliste de Guyanne.

Né à Mana de parents modestes, Turenne Radamonthe arrêta sa scolarité à dix ans et travailla dans l’exploitation Batimaso de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Il y resta quatre ans puis préféra aller dans l’entreprise de maçonnerie de son frère Denis, à quelques kilomètres de Mana. Il était un soutien du député de la Guyane, Gaston Monnerville, radical-socialiste et participa à la campagne législative de René Jadfard de 1947. Installé à Cayenne, il devint en 1948 militant de la section départementale de la CGT.

Dix ans plus tard, il prit la direction du syndicat, à la suite d’André Aron et d’Edouard Auguste-Etienne. En 1965, il tenta dégager son syndicat de la tutelle de la centrale métropolitaine. Il fut suivi par ses camarades lors du 20e congrès, en obtenant des modifications de statuts qui permirent de créer de l’Union des Travailleurs Guyanais (UTG), syndicat autonome adhérent à la Fédération syndicale mondiale.

Il tenta la création d’un parti communiste et milita au sein du Réveil Progressiste Guyanais. Il figure parmi les fondateurs du Front Démocratique Guyanais.
Cette structure de rassemblement de tous les mouvements de gauche, née à l’occasion du 1er mai 1962, veut mettre en œuvre tous les moyens légaux propres à aboutir à la revendication guyanaise d’un statut d’autogestion.

Turenne Radamonthe qui fit donc entrer son organisation au sein du Front Démocratique Guyanais et fut membre de son bureau en tant que 1er vice-président, Paul Ophion étant le 2e vice-président, Hugues Sirder le secrétaire et Léopold Héder, le président. Le Front Démocratique Guyanais se consolida, avec les évènements du 14 juin 1962 et plus encore avec la disparition tragique du député de la Guyane, Justin Catayée, leader du Parti Socialiste Guyanais (PSG).

Turenne Radamonthe accepta de figurer sur la liste municipale de Cayenne, menée par le nouveau député Léopold Héder. Cette liste fut élue le 14 mars 1965 et Radamonthe accèda au poste de 3e adjoint supplémentaire. Les relations entre Léopold Héder et Turenne Radamonthe ne furent faciles, notamment au sujet de l’attribution d’un terrain communal à l’UTG pour son siège. Radamonthe renonça à son mandat municipal en 1971. Il avait acquis la convictionqu’il fallait éviter de s’associer à un parti politique quel qu’il soit, si l’on voulait assumer pleinement son rôle de leader syndical.

Turenne Radamonthe continue à œuvrer au sein d’ instances tel que le conseil de Prud’homme. Devenu permanent à l’ UTG (le premier secrétaire général à l’être), il vécut dans conditions modestes. Lorsqu’ il quitta le syndicat en 1984, inquiet face à l’irruption d’idées nouvelles, mais aussi affaibli par son état de santé qui l’empêchait de diriger son syndicat avec la fermeté nécessaire, il se replia (toujours en tant que locataire) dans son modeste appartement de la Rénovation urbaine.

Nombreux furent ceux qui, en dépit de sa volonté de stricte intimité, assistèrent à son inhumation au cimetière de Cayenne le 12 juin 1989 et aux manifestations organisées à l’occasion du premier anniversaire de sa mort.

Son nom à été attribué de son vivant à une rue de Cayenne, à la Cité Zéphir ; un pavillon de la Caisse générale de Sécurité sociale de la Guyane porte après son décès le nom de Turenne Radamonthe.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article162696, notice RADAMONTHE Turenne, version mise en ligne le 16 août 2014, dernière modification le 16 août 2014.

SOURCE : SitesIintenet.

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