DROZ Pierre Frédéric [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot, Gauthier Langlois

Né le 27 juin 1813 à Duben (Allemagne), mort le 30 avril 1889 à Paris (Xe arr.) ; employé, ouvrier, comptable, commissaire de la République en 1848 ; démocrate socialiste ; exilé aux États-Unis et en Belgique.

Pierre était le fils de Pierre Frédéric Droz, né en 1758 à Locle dans le canton de Neuchâtel (Suisse) -tout comme le célèbre horloger du même nom- et de Anne Caroline Lousch. Le père s’était engagé dans l’armée française. Et c’est sans doute alors qu’il était en garnison en Allemagne, à Duben au sud de Berlin, que naquit son fils. (Plus tard ce dernier déclarera être né à Besançon, mais il ne figure pas sur l’état-civil de cette ville). Le père, gravement blessé pendant les guerres napoléoniennes, fut interné aux Invalides où il décéda en 1832. La famille était alors installée à Paris.

Pierre, alors employé au gaz, épousa le 19 janvier 1839 à Paris, Marie Félicité Monroy, qui lui donna deux enfants dont l’un devint ouvrier imprimeur-lithographe.

En 1848, sous le gouvernement provisoire de la Seconde République, Pierre fut nommé par Ledru-Rollin commissaire spécial de gouvernement de la République dans l’Aisne. Mais il perdit cette fonction quand Ledru-Rollin quitta le ministère de l’intérieur pour celui des Beaux-Arts.

Reconnaissant envers son protecteur, il soutint sa candidature aux élections présidentielles de décembre 1848. Il fit paraître une affiche électorale qui se terminait par les slogans suivants : Votons pour la République ! Votons pour le Travail !! Votons pour l’Égalité !!! Nommons LEDRU-ROLLIN. Vive la République ! Vive la Révolution démocratique et sociale ! L’affiche était signée Pierre DROZ, ouvrier, ancien Commissaire de la République, suivie du nom de douze autres personnes : des fouriéristes tels que l’homme de lettres Louis Barré, l’imprimeur-éditeur Pierre Bry et l’ingénieur Eucher Henry ; le professeur Jules-Achille Schey ; un certain F. Guenon et un certain A. Lamarche dont la profession n’était pas indiquée ; et des ouvriers, la plupart exerçant dans les métiers du livre : l’ouvrier Fause, l’ouvrier ébéniste Collinet, le relieur Tavernier, l’ouvrier estampeur Chaland, le ciseleur Capet, le tailleur Cornet.

Au lendemain du coup d’État du 2 décembre 1851, Droz se réfugia aux États-Unis, avant ou après un passage par la Belgique. Il était l’année suivante en correspondance avec Charles-Antoine Rousseau, qui, à Paris, projetait une insurrection. Il rentra cependant d’exil assez tôt puisqu’en 1855 il épousa en secondes noces, le 17 avril 1855 à Mirepoix (Ariège), Marie Anne Léonarde Rougé. Il était alors domicilié à Paris mais résidait à Mirepoix et exerçait la profession de commissaire de police.

Sous la Troisième République il demanda à bénéficier d’une indemnisation en vertu de la loi de réparation nationale du 30 juillet 1881 en faveur des victimes du 2 décembre 1851 et des victimes de la loi de sûreté générale du 27 février 1858. Mais sa demande fut rejetée car il fut considéré comme réfugié volontaire en Belgique. Il exerçait alors la profession de comptable.

Au moment de son décès il vivait avec sa femme au 17, rue du Ruisseau à Paris (Xe arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article162339, notice DROZ Pierre Frédéric [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, Gauthier Langlois, version mise en ligne le 6 août 2014, dernière modification le 27 février 2019.

Par Michel Cordillot, Gauthier Langlois

SOURCES : Delmas, Curiosités révolutionnaires : Les affiches rouges ; reproduction exacte et histoire critique de toutes les affiches ultra-républicaines placardées sur les murs de Paris depuis le 24 février 1848, Paris, D. Giraud et J. Dagneau, 1851, p. 305-307. — Arch. Min. Guerre, B 1873. — Arch. nationales, F15 4142. — Geneanet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément