BELVAUX Robert, Gaston

Par Philippe Nivet

Né le 18 octobre 1904 à Paris (XIIe arr.), mort le 4 mai 1967 à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) ; militant socialiste ; maire du Perreux (Seine, Val-de-Marne) de 1945 à 1947 et de 1953 à 1967, conseiller général de la Seine (1945-1959).

Robert Belvaux était le fils de Julien Belvaux, décorateur, et de Marthe Neveu, couturière. Ingénieur dessinateur, il fut jusqu’à la guerre sous-chef d’un bureau d’études techniques chez Gaumont. Syndiqué depuis l’âge de dix-huit ans, il adhéra à la SFIO en 1931. Il se trouvait à Paris lors de la débâcle en tant qu’affecté spécial dans l’armement. Dès août 1940, il entra, par l’intermédiaire d’un camarade de Vincennes, dans un groupe appelé « Combat » qui se réunissait près du boulevard Voltaire et dont faisaient partie beaucoup d’israélites, mais il ne resta pas longtemps en relations avec eux. Fin 1940 ou début 1941, il rencontra Gaston Allemane, qui lui annonça que l’on était en train de reconstruire la SFIO. Il fit partie de la « Commission exécutive fédérale » clandestine, rétablie en 1941, et fut chargé de reconstituer les sections de vingt-quatre communes de la banlieue est. Cette tâche ne fut pas sans difficultés. À Drancy, il dut dissoudre deux fois la section parce que des « mouches » s’y étaient glissées.

En 1943, il fut chargé d’assurer la liaison dans le canton de Nogent (Seine, Val-de-Marne) pour la diffusion du Populaire clandestin. Sous le nom de Belair, il appartint à Libération-Nord, où il était chargé de la banlieue est. Robert Belvaux commanda aussi le troisième bureau de l’État-major du dépôt FFI.

Il fut élu membre du comité exécutif fédéral lors du deuxième congrès de la Fédération SFIO de la Seine (1er novembre 1944). Président du Comité local de libération du Perreux et de la Délégation spéciale, il fut maire de cette commune de 1944 à 1947 et de 1953 à sa mort, après avoir été conseiller municipal minoritaire de 1947 à 1953 dans une municipalité RPF. Il résidait 9, rue Charles-Ollier, au Perreux.

Il fut élu conseiller général, le 23 septembre 1945, dans le premier secteur cantonal de la Seine (Sceaux-Est, cantons de Montreuil, Vincennes, Nogent-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés et Charenton-le-Pont) sur la liste socialiste et réélu le 17 mai 1953. Au conseil général, il fut président de la commission mixte des Transports de 1953 à 1959, membre de la première commission et vice-président du bureau en 1949-1950. En mars 1951, après la démission de Gaston Gévaudan, il fut à nouveau élu vice-président du bureau.

Candidat socialiste aux législatives de novembre 1958 dans la quarante-septième de la Seine (Nogent, Le Perreux), il arriva en troisième position au premier tour, avec 6 905 voix (13,4 % des suffrages exprimés). Il fut battu aux élections cantonales de mars 1959 dans le 38e secteur (Nogent-sur-Marne, Le Perreux-sur-Marne) par le candidat modéré, Henri Le Guichaoua. Au deuxième tour, Robert Belvaux n’obtint que 7 408 voix (34,9 % des suffrages exprimés), contre 8 709 à Henri Le Guichaoua (41 %), le candidat communiste Bouvard arrivant en troisième position avec 5 105 voix (24 %). Aux élections sénatoriales du 26 avril 1959, Robert Belvaux figura sur la liste présentée par la SFIO dans le département de la Seine.

Robert Belvaux était chevalier de la Légion d’honneur (décoration décernée début 1947) et médaillé de la Résistance (décoration décernée en décembre 1946). Marié à Rosny-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis) le 29 juin 1929 avec Calista Bourème, il fut père d’un enfant, Jacques, né en 1932.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16191, notice BELVAUX Robert, Gaston par Philippe Nivet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 27 octobre 2009.

Par Philippe Nivet

SOURCES : BMO, Débats du Conseil général, 1967, p. 101 — Dossier Bibliothèque administrative de la Ville de Paris. — Nos communes et notre région, septembre 1967, p. 10-11. — Sarah Compaing, La Fédération socialiste SFIO de la Seine de 1944 à 1951, mémoire de maîtrise, Paris IV, 1986-1987. — Témoignage au Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, 8 janvier 1947, A III n° 16. — Daniel Mayer, Les socialistes dans la Résistance, p. 39, 126. — Bulletin hebdomadaire fédéral de la Seine, 5 novembre 1944. — Archives de Claude Fuzier (OURS). — État civil de Paris XIIe arr.

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