BELTREMIEUX Gaston, Jean-Baptiste, François, Joseph

Par Yves Le Maner

Né le 15 mars 1876 à Frévillers (Pas-de-Calais), mort le 15 juillet 1947 à Fresnicourt-le-Dolmen (Pas-de-Calais) ; agriculteur puis négociant en vins et liqueures ; militant socialiste du Pas-de-Calais ; conseiller général (1919-1940), député (1931-1942).

Issu d’une vieille famille de cultivateurs aisés originaire de Rebreuve-Ranchicourt, près d’Houdain (Pas-de-Calais), Gaston Beltrémieux fit de solides études dans plusieurs établissements universitaires lillois, mais décida de se consacrer à la culture de la terre aux côtés de ses parents. Converti au socialisme depuis son séjour à l’Université, il exprima très tôt des opinions politiques jugées « extrêmistes » en milieu rural qui ne permirent pas à son père d’obtenir le renouvellement du bail de l’importante ferme qu’il exploitait dans le Ternois. La famille Beltrémieux s’installa donc dans sa région d’origine en 1899, à Fresnicourt-le-Dolmen (Pas-de-Calais), petit village rural situé à quelques kilomètres au sud du bassin minier. Gaston Beltrémieux entra immédiatement dans la lutte aux côtés d’Henri Cadot* et devint bientôt le plus ardent propagandiste socialiste du canton d’Houdain. Candidat aux municipales de 1900, bien qu’il n’ait pas eu l’âge requis, il recueillit un nombre important de suffrages. Élu maire de Fresnicourt-le-Dolmen le 15 novembre 1904, premier maire socialiste du canton d’Houdain, il était alors l’un des plus jeunes maires de France. Réélu en 1908, il fut battu en 1912, mais resta conseiller municipal. En 1907, il avait échoué de peu dans sa candidature au conseil général face au candidat soutenu par la Compagnie des mines de Bruay.

Mobilisé en août 1914 au 6e Territorial, Gaston Beltrémieux fut fait prisonnier dès octobre 1914 et il passa le reste de la guerre en captivité en Allemagne. Trésorier de la Fédération cantonale de Houdain, membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais, il resta fidèle à la SFIO lors de la scission de Tours. Réélu facilement maire de Fresnicourt en 1919, 1925, 1929 et 1935, il représenta également le canton d’Houdain au conseil général de 1919 à 1940. Gaston Beltrémieux fut élu, au deuxième tour, député de la 6e circonscription de Béthume, le 12 avril 1931, lors d’une élection partielle ; il succédait à son ami Cadot, élu sénateur. Réélu en 1932 et en 1936, il appartint à l’assemblée à la commission des pensions, à celle des mines, et, à partir de 1936, à celle des comptes définitifs et des économies. Membre du Conseil consultatif des mines, il eut une importante activité législatives en ce domaine. Il fut notamment rapporteur du projet de Évrard sur les délégués à la sécurité et à l’hygiène pour les travailleurs de surface. Franc-Maçon avant la guerre, Beltrémieux appartenait à la loge « L’Aurore de la liberté » de Béthune.

Gaston Beltrémieux, signataire de la déclaration Bergery, vota la loi du 10 juillet 1940 donnant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et accepta de siéger au Conseil national de Vichy le 12 janvier 1941. Selon une note de police de Vichy, il vivait dans une « large aisance » et aurait appartenu au RNP de Déat. Cette attitude entraîna son exclusion de la SFIO à la Libération et mit un terme à sa carrière politique. Mais, il n’aurait pratiquement pas siégé au Conseil national et en fut radié en septembre 1942, sans doute du fait de son appartenance à une loge maçonnique. Selon le préfet de la Libération, il n’a eu aucune activité politique après son retour dans le département en septembre 1940, étant par ailleurs atteint d’une paralysie qui alla en s’aggravant depuis cette date et qui le rendait impotent en 1944. Le Jury d’honneur présidé par René Cassin, en accord avec le préfet et le Comité départemental de la Libération, confirma son inéligibilité le 12 décembre 1945 (JO du 28 décembre 1945).

Beltrémieux adhéra au Parti socialiste démocratique de Paul Faure et signa l’affiche appelant à voter "non au référendum du 5 mai 1946. Il était membre de l’Association des Représentants du Peuple de la IIIe République.
Marié, il était père de trois enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16189, notice BELTREMIEUX Gaston, Jean-Baptiste, François, Joseph par Yves Le Maner, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 19 octobre 2011.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat., F7/13084, rapport du 26 mars 1931 ; F/1bI/984 ; CAC, 19910564, art.11 — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 179, M 182, M 2373 et M 5221. — Yves-Marie. Hilaire et collaborateurs, Atlas-électoral Nord-Pas-de-Calais, Lille, 1977. — J. Jolly, Dictionnaire des Parlementaires, op. cit.— Arch. du Conseil d’État, fonds du Jury d’honneur. — Noëlline Castagnez, Les Paul-Fauristes après la Libération, mémoire de maîtrise, Paris IV, 1987. — Notes de Gilles Morin.

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