Né le 29 juillet 1926 à Longwy (Meurthe-et-Moselle), mort le 1er mars 2017 à Arles (Bouches-du-Rhône) ; sidérurgiste ; militant communiste de Meurthe-et-Moselle ; secrétaire du syndicat CGT des Aciéries de Longwy ; membre du comité fédéral (1952-1987), secrétaire de la fédération du PCF de Meurthe-et-Moselle et de Meurthe-et-Moselle-Nord (1961-1979) ; secrétaire puis président du comité de Lorraine de la FSGT ; conseiller municipal de Longwy ; conseiller général ; député ; attaché parlementaire ; président de l’Office national de la Navigation.

Antoine Porcu
Les parents d’Antoine Porcu, Luca Porcu et Maria-Luigia Cavada, étaient tous deux natifs de Lula, un village de montagne du nord-est de la Sardaigne, issus de familles de paysans et artisans. Le père, connu pour ses idées communistes, dut s’exiler avec sa femme et ses trois jeunes enfants en 1924. Après avoir traversé la frontière clandestinement à Modane, ils parvinrent à Longwy où vivait une importante colonie sarde. La dernière née de la famille mourut à l’arrivée. Ils furent d’abord logés dans des baraquements, puis ils obtinrent un logement dans les habitations ouvrières de Gouraincourt, le quartier des usines sidérurgiques du nord de la ville. C’est là que naquit Antoine, la famille comptant finalement quatre garçons et deux filles. Tous acquirent la nationalité française en 1934, le français était devenu leur langue d’usage, et le jeune garçon n’apprit l’italien que dans la rue puis à l’usine avec ses copains.
Le père, ouvrier comme tous les voisins, devint président d’une organisation d’immigrés proche du PCI, puis adhéra au PCF. Antoine fut le seul de la fratrie à ne pas suivre le catéchisme jusqu’à la communion. Le frère et la sœur aînés, Jean-Marie et Inès, adhérèrent respectivement aux JC et à l’UJFF dans les années du Front populaire, et lui fut très impressionné par un meeting de Maurice Thorez venu à Longwy. Il admirait aussi Gramsci, Sarde comme les siens. Encore gamin, il fut interpelé pour avoir distribué un journal politique en italien pendant une manifestation. Il venait de décrocher le certificat d’études.
En 1940, avant l’invasion allemande, le père et le frère aîné restèrent réquisitionnés à Longwy, mais le reste de la famille fut évacué en Gironde, à Soulac-sur-Mer. Jean-Marie, un temps arrêté pour son appartenance aux JC, fut libéré par la débâcle française. Il rejoignit sa famille, mais au cours d’un bain de mer, Antoine le vit se noyer sous ses yeux alors que lui fut secouru par un soldat allemand. Le père les rejoignit à son tour, mais le drame désunit les parents, et les enfants n’eurent plus de contact avec lui pendant la guerre. L’adolescent trouva d’abord un petit emploi à la mairie de Soulac, puis dans une forge bordelaise succursale d’une usine de Longwy, avant d’être réquisitionné pour la construction du mur de l’Atlantique. En 1942, convaincu par la propagande vichyste, il se porta volontaire pour travailler en Allemagne en espérant gagner ainsi la libération du fiancé de sa sœur prisonnier de guerre, mais il fut refusé en raison de son âge. La famille regagna Longwy en 1943, et il fut embauché aux Aciéries.
Contacté par un ami d’enfance, Robert Ritzu (tué lors de la libération de Nancy), Antoine Porcu intégra un triangle de jeunes communistes résistants, distribua tracts et journaux clandestins et colla des affichettes. À la Libération, il adhéra à la CGT et fut nommé responsable local des JC. Le secrétaire fédéral Roger Radot* le convainquit en septembre 1944 de s’engager pour la fin de la guerre. Incorporé dans la Marine, son affectation fut retardée de plusieurs mois, car il fut blessé lors d’un bombardement pendant la contre-offensive des Ardennes. Devenu fusilier-marin, il fut déplacé de Mimizan en Algérie, où il resta six mois, de là à Toulon, enfin, remarqué comme « forte tête », il fut débarqué et affecté au bureau des pensions à Paris jusqu’en 1948. Il adhéra formellement au PCF en 1947, rattaché à une cellule du XVe arrondissement, et fut poussé par le secrétaire Jean Le Ramey à suivre l’école de section. Repéré comme communiste pour avoir diffusé le journal France d’abord, il fut réembarqué sur un contre-torpilleur à Cherbourg.
Après trois ans d’armée, il regagna Longwy en 1948, occupa différents emplois en usine ou dans le bâtiment, avant de retrouver une place aux Aciéries. Le 17 décembre 1949 il épousa Maria Rossi, une fille d’immigrés d’Italie du nord, responsable locale des Jeunes Filles de France. Après s’être distingué à la faveur d’une grève en 1951, la direction syndicale étant décapitée, il commença son ascension dans la hiérarchie : de délégué du personnel et au CE, il fut promu secrétaire du syndicat CGT de l’usine de Mont-Saint-Martin (cinq mille ouvriers) et membre du secrétariat de la section PCF de Gouraincourt. Ayant suivi début 1952 l’école centrale de la CGT puis l’école fédérale du parti avec d’excellentes appréciations, il intégra cette année le comité fédéral de Meurthe-et-Moselle.
Aux élections municipales de 1953, il fut élu sur la liste de gauche à Longwy, derrière Édouard Legras, socialiste, choisi comme maire, et Robert Detti, son premier adjoint communiste. Cette même année, une autre grève aux aciéries fut vaincue après des affrontements entre piquets de grève et CRS. Il fut licencié parmi une douzaine de leaders ouvriers, dont le prêtre-ouvrier Robert Pfaff pour lequel il avouait une grande estime. Il perdit aussi son logement qui appartenait à l’usine, mais fut relogé en HLM. Par contre, il ne retrouva pas d’embauche durable. Il venait d’avoir un fils et ne put nourrir sa famille que grâce à la solidarité des voisins. Le PCF lui proposa alors de devenir permanent, ce qu’il accepta malgré la baisse de salaire qui en résultait. Il avait pourtant terminé l’école centrale d’un mois avec une appréciation mitigée : « Intelligent, esprit vif mais pas assez acharné au travail […] L’aider à gagner en ténacité ». Il fut alors coopté au bureau fédéral de Meurthe-et-Moselle du PCF pour le bassin de Longwy.
Parmi ses fonctions, il eut à créer un comité lorrain de la FSGT (Fédération sportive et gymnique du Travail), dont il devint secrétaire pendant plusieurs années. Il acquit alors la réputation de spécialiste du sport ouvrier. Dans les mêmes années, il fut choisi comme président de la coopérative de consommation La Fraternelle menacée de faillite. Il réussit à la faire reprendre par une autre plus solide, d’obédience socialiste. Il restait aussi secrétaire du syndicat des Aciéries de Longwy.
En 1958, toujours membre du secrétariat régional de la FSGT et du bureau fédéral du PCF, il accusa durement la défaite au référendum gaulliste. Dans les mois suivants, les deux députés communistes du département, Maurice Kriegel-Valrimont, membre du comité central, et Louis Dupont, secrétaire fédéral, étaient battus, et la liste de gauche à Longwy subit le même sort aux élections municipales.
Au cours de l’été et l’automne 1960, son avenir militant fut débattu entre les instances fédérales et nationales. Ces dernières, sous la signature de Gaston Plissonnier et Guy Ducoloné, souhaitaient l’affecter comme journaliste sportif à l’Humanité, alors que la fédération pensait l’intégrer à son secrétariat tout en lui laissant le titre de président régional de la FSGT. Porcu lui-même penchait pour cette deuxième option. Ce fut celle qui s’imposa finalement, appuyée par un argument solide : « Ce camarade a dans toute la cuvette du bassin de Longwy une très grande autorité acquise après des années de lutte à l’usine, dans le Parti, au sein des organisations de masse, CGT et FSGT. Enlever ce camarade […] c’est faire bon marché du capital politique qu’il représente dans ce bassin industriel. »
Sa promotion, comme secrétaire à la propagande, fut confirmée en 1961, puis les années suivantes. Elle se restreignit à la fédération de Meurthe-et-Moselle-Nord à partir de 1966, quand l’appareil départemental du PCF fut scindé en deux. Désormais patron incontesté de sa fédération, il se maintint à ce poste jusqu’en 1979. Cette année-là, et jusqu’en 1987, il ne fut maintenu qu’au comité fédéral, puis retiré sous prétexte qu’il n’ « habitait plus dans le département ». Les deux fédérations s’étaient réunies en 1984.
1961 était aussi l’année où Kriegel-Valrimont fut écarté des instances dirigeantes du PCF, avec Laurent Casanova et Marcel Servin. Antoine Porcu, qui disait l’estimer, prétendait « ne pas s’expliquer son exclusion », alors qu’avec Servin, rétrogradé comme secrétaire de la fédération voisine de Moselle, il affirmait avoir entretenu des relations de sympathie. Dans sa fédération, il eut à soutenir un différend qui opposait les partisans des cellules d’entreprises, dont il était, à ceux des cellules locales qui avaient jusque là la faveur des cadres. Avec l’appui de Georges Marchais et de l’ « instructeur » du CC Jean Burles qui suivait la fédération, il imposa son point de vue, qui permit, d’après lui, des progrès notables, l’émergence d’une nouvelle génération de militants, avec à la clé la victoire aux législatives partielles de 1964 de Louis Dupont qui l’avait pris comme suppléant, et le gain de nouvelles municipalités. Lui-même en revanche fut battu aux municipales de 1965, alors qu’il dirigeait cette fois la liste à Longwy. Il subit à nouveau une défaite identique en 1971, alors qu’en 1977, la liste d’union de la gauche emmenée cette fois par Jules Jean remporta la majorité, et fut reconduite en 1983.
Peut-être est-ce une des raisons qui empêchèrent son élection au comité central de son parti au 20e congrès, en décembre 1972, alors que sa candidature avait été proposée. Il ne semble pas qu’il y eut d’autres tentatives.
Antoine Porcu eut davantage de succès aux élections cantonales et législatives. En 1973, lorsque l’union de la gauche s’affirmait, il fut élu conseiller général dans le nouveau canton de Villerupt, une ville voisine de Longwy, ouvrière comme elle et à la population majoritairement d’origine italienne. Il fut réélu en 1979. Aux législatives, d’abord battu lors du raz-de-marée gaulliste de 1968, avec Jules Jean comme suppléant, il perdit encore en 1973, mais de 62 voix seulement, et finit par gagner son siège de député en 1978 contre le candidat de droite Bernard Labbé, fils du patron de forges qui l’avait licencié en 1953. Sur proposition du président du groupe communiste à l’Assemblée, Robert Ballanger, il fut choisi comme vice-président, et désigné parmi les représentants français délégués à l’assemblée européenne, qui siégeait alternativement à Strasbourg et Luxembourg et n’était pas encore élue au suffrage universel. Au Palais-Bourbon, il fut membre de la commission de la production et des échanges. Ses interventions les plus marquantes furent d’abord le 14 mars 1979 une adresse au premier ministre Raymond Barre où il mettait en garde contre les conséquences des fermetures d’usines dans sa circonscription, puis le 28 juin de la même année une question préalable dirigée contre le ministre de l’intérieur Christian Bonnet où il dénonçait sa politique d’immigration. Mais il ne siégea pas longtemps, puisqu’il fut battu en 1981 malgré le triomphe de la gauche consécutif à l’élection de François Mitterrand.
Ces fortunes diverses s’expliquent en partie par les soubresauts de la vague de luttes sociales des années 1970 déclenchées pour contrer l’agonie de la sidérurgie lorraine, les premières alertes aux fermetures frappant le bassin de Longwy dès 1967. Mais « Tony » suscita aussi de vives oppositions parmi ses camarades de parti au plan local. Albert Falcetta soutenait dans un ouvrage autobiographique que la décision de scinder la fédération en 1966 était destinée à donner satisfaction aux deux « prétendants », Jean Zaffagni* s’octroyant le sud et Porcu le nord, où il était flanqué de deux « lieutenants fidèles jusqu’au bout », le sidérurgiste Frédéric Brigidi et le mineur René Martin. L’animosité s’apparente à un règlement de compte, puisque Falcetta, d’abord choisi comme tête de liste par les communistes de la section pour les municipales à Mont-Saint-Martin, fut finalement écarté au profit de Brigidi par une assemblée ad hoc convoquée pour l’occasion. Il dut se contenter de la place de premier adjoint, et se trouva « viré » en 1992 lors de son troisième mandat municipal. En forme de rétorsion, Falcetta fut le seul membre du bureau fédéral à se prononcer contre la candidature de Porcu aux législatives de 1978, ce qui aurait provoqué son éviction de l’instance quinze jours plus tard, et des critiques constantes contre sa section d’Usinor-Longwy. Il prétendait, en dépit de son isolement apparent, que la désignation de Porcu en 1978 n’avait pas été facile, en raison des « contestations » qu’il suscitait parmi la population, lesquelles expliquaient sa défaite aux municipales à Longwy, où, bien que tête de liste, il aurait obtenu le plus mauvais score des candidats d’union de la gauche, Jules Jean étant alors le seul communiste à être élu. Des « divergences » sont d’ailleurs signalées aussi entre Jules Jean et Porcu en 1977. Ce dernier était secrétaire fédéral quand Jean et Yolande Bertrand, deux autres figures du mouvement ouvrier lorrain, furent exclus au début des années 1970. Il semble que les oppositions, outre d’éventuelles frictions entre de fortes personnalités, aient à voir avec le soutien que Porcu trouvait auprès de Georges Marchais, alors que ses contradicteurs n’appréciaient ni les méthodes ni les orientations du nouveau dirigeant du PCF. D’autre part, Antoine Porcu se présentait lui-même comme un « ami » de Christian Poncelet, l’homme fort de la droite du département des Vosges. L’un et l’autre siégeaient comme représentants de leurs départements respectifs au conseil régional de Lorraine quand ses membres n’étaient pas encore désignés au suffrage universel.
Les luttes sociales qui secouèrent le bassin industriel lorrain ne firent qu’exacerber les tensions. Le 24 février 1979, quand une manifestation tourna à l’émeute, Antoine Porcu parvint de justesse, avec un ou deux autres leaders, à empêcher la foule de prendre d’assaut le commissariat de Longwy. La colère se détourna contre le siège de l’union patronale qui fut saccagé. D’autres journées d’échauffourées suivirent. 1979 fut en effet l’année cruciale pour la Lorraine. En mars, la radio libre Lorraine Cœur d’Acier fut installée en pleine ville en présence des deux personnalités locales Jules Jean et Antoine Porcu. Porte-parole de la CGT, elle avait aussi pour but de contrer les militants de la CFDT, souvent en pointe dans la lutte, mais s’ouvrait à tous les acteurs politiques, syndicalistes et culturels de la région. En octobre 1981, le président François Mitterrand récemment élu fit un déplacement à Longwy. La nationalisation de la sidérurgie donna alors un espoir aux ouvriers du fer. Plus tard, retraçant le bilan de ces luttes, Antoine Porcu considérait que le PCF avait « eu tort » de soutenir coûte que coûte la survie de la sidérurgie lorraine, « pas assez rentable » selon lui, même s’il en tenait d’abord pour responsables le patronat et l’État gaulliste. Il critiqua le refus communiste des aciéries électriques soutenues par Jean-Pierre Chevènement lorsqu’il était ministre de l’industrie dans le gouvernement de Pierre Mauroy.
Son épouse Maria, la mère de leur fils Jean-Marie, étant décédée en 1973, Antoine Porcu se remaria le 3 janvier 1978 avec une fille d’immigrés polonais, Jacqueline Rozniakowski, elle aussi militante communiste.
Lui-même, battu aux législatives en 1981, fut choisi comme attaché parlementaire par Charles Fiterman, ministre des transports, un des quatre communistes du gouvernement de Pierre Mauroy. Il siégeait alors au 246 boulevard Saint-Germain, et se réjouissait qu’un ouvrier, titulaire d’un simple CEP, tout comme son ministre d’ailleurs, ait pu accéder à une si haute fonction. Il participa notamment à plusieurs réunions à Calais et Boulogne-sur-Mer en vue du tunnel sous la Manche. Il accompagna aussi son ministre pour un voyage à Conakry, en Guinée, en 1983.
Précédemment, ses responsabilités militantes lui avaient déjà permis plusieurs voyages à l’étranger. Il en dénombrait quatre à destination de l’URSS. Lors du premier en 1953 pour le trente-sixième anniversaire d’Octobre, derrière Gaston Monmousseau et René Le Guen, il fut frappé par la mauvaise qualité du travail en usine. Au deuxième, invité au festival mondial de la Jeunesse de 1957 en tant que secrétaire régional de la FSGT, il fut choqué avec le responsable national Jean Guimier de l’incurie (et il utilise un mot plus cru) soviétique. La même impression prévalut pendant l’été 1967, où le CC l’avait désigné avec Georges Marchais, Maxime Gremetz et René Rieubon pour des vacances à Sotchi, et encore pire, « la désorganisation, le je-m’en-foutisme, l’alcoolisme », en 1976 quand il accompagnait une délégation cégétiste de Meurthe-et-Moselle. Malgré ces mauvaises impressions, il reconnaissait avoir soutenu encore assez tardivement le régime soviétique. Il se montrait plus satisfait d’un voyage à Milan à l’invitation du PCI pour une conférence, où il accompagnait André Vieuguet* et conversa avec Enrico Berlinguer, un Sarde comme lui. Il mentionnait encore des séjours de vacances en Hongrie, dont un en compagnie de Georges Séguy*.
D’après lui, la rupture de l’union de la gauche par Georges Marchais lors de la constitution du gouvernement de Laurent Fabius dans l’été 1984 fut un « coup de théâtre » pour les autres membres du bureau politique. Le même jour, ne se doutant de rien, il avait été nommé président de l’Office national de la Navigation. Fiterman, qui quittait les affaires, lui aurait dit d’accepter le poste, tout comme un autre communiste, Claude Quin, maintenu à la présidence de la RATP. Il fut débarqué lorsque la droite revint au pouvoir au 1987, mais le président Mitterrand lui accorda alors la Légion d’Honneur. C’est Henri Rol-Tanguy, qui l’avait aidé pour sa campagne électorale de 1973, qui lui remit la décoration dans les salons de l’Assemblée nationale. Les deux hommes et leurs épouses passèrent ensuite des vacances ensemble au bord du lac Balaton. Mais à la cérémonie, Porcu déplorait qu’aucun de ses anciens supérieurs hiérarchiques au PCF n’ait été présent, ni Fiterman ni Gaston Plissonnier*, et que l’Humanité n’y ait pas même consacré un entrefilet.
Les conséquences des dissensions emportèrent les principales têtes du communisme lorrain. Albert Falcetta renonça en 1977 à diriger la section de Lorraine-Escaut, et pour finir, sa carte ne fut plus renouvelée en 1991. Antoine Porcu avait déjà subi la même mésaventure, « écarté du Parti sans avoir jamais su pourquoi » à partir de 1985, mais d’après la chronologie des événements, il insinuait qu’il avait été victime de son acceptation du poste à la présidence de la Navigation. Quant à Jules Jean, battu par les socialistes à Longwy en 1989, il quitta le PCF en 1990 en même temps que sa région lorraine. Malgré cette éviction, qui semble l’avoir mortifié mais dont il dit ensuite qu’il ne la regrettait plus, Antoine Porcu s’affirmait d’accord avec Robert Hue sur les changements à réaliser au PCF.
En 1997, Antoine Porcu lança en compagnie de Pierre Olivieri l’initiative « Mémorial vivant », destinée à honorer les étrangers morts pour la France au cours de la Seconde Guerre mondiale. Lors d’un rassemblement au Trocadéro au mois d’août, pour l’anniversaire de la Libération de Paris, les noms de ces martyrs furent lus à haute voix pendant douze heures d’affilée.
Une fois rejeté du PCF, Antoine Porcu ne rompit pas avec ses anciennes attaches partisanes, puisque, après avoir rédigé son livre autobiographique, il consacra quatre ouvrages illustrés de photographies à honorer les héros de la résistance communiste, hommes, femmes et syndicalistes.

ŒUVRE : Aventures et mésaventures d’un Franco-Sarde atypique, Éd. La plus haute Tour, 1999. ― Héroïques. Ils étaient communistes, Hachette, 2003. ― Héroïques. Cégétistes et communistes, résistants de la première heure, Geai bleu, 2005. ― Héroïques. Femmes en Résistance, 2 tomes, Geai bleu, 2006 et 2007.

SOURCES : Archives du comité national du PCF, notes de Paul Boulland. ― Notices du Maitron, « Jean, Jules » et « Falcetta, Albert ». ― Albert Falcetta, Ni con, ni salaud. Histoire d’un militant au pays du fer, Éd. Paroles de Lorrains, 2005. ― Janine Olmi, Longwy 1979 : les ressorts d’un soulèvement pour que demeure la vie, L’Harmattan, 2011. ― Site <www.assemblee-nationale.fr> ; . ― État civil.

Marc Giovaninetti

Version imprimable de cet article Version imprimable