BÉGOUT Pierre, Jean, Yvan

Par Jean-Pierre Bonnet

Né le 1er avril 1906 à Périgueux (Dordogne), mort le 21 octobre 1977 à Loches-sur-Indrois (Indre-et-Loire) ; ouvrier, puis conducteur électricien de manœuvre ; secrétaire général du secteur CGT des cheminots de Paris-Sud-Ouest ; révoqué en juin 1952.

Fils d’un charpentier et d’une couturière, Pierre Bégout entra au réseau Paris-Orléans le 3 octobre 1921 comme apprenti aux ateliers de Périgueux (Dordogne). Il créa avec deux autres apprentis, Pierre Chaumeil et Calès, une section syndicale de jeunes CGTU. Cette activité lui valut la révocation, le 1er août 1924, pour propagande syndicale et communiste à l’intérieur du centre d’apprentissage.
Pierre Bégout ne fut réintégré à la SNCF que le 8 août 1938, conformément à la loi d’amnistie votée par la majorité de Front populaire et après décision de la commission paritaire. En poste au dépôt de Paris-Sud-Ouest, il milita activement à la Fédération CGT réunifiée.
Durant la guerre, Pierre Bégout entra dans la Résistance. Il exerça diverses responsabilités dans les comités populaires, avant de devenir responsable du secteur de Paris-Sud-Ouest. Cet engagement lui valut la médaille de la Résistance et le diplôme d’honneur de la SNCF pour services rendus à la SNCF et au pays (JO du 17 juillet 1945).
Ouvrier depuis 1938, Pierre Bégout accéda le 1er janvier 1948 à la fonction de conducteur électricien de manœuvre au dépôt de Paris-Austerlitz, poste qu’il conservera jusqu’à sa révocation. Il prit alors de multiples responsabilités syndicales. D’abord délégué du premier degré et co-secrétaire du syndicat Paris-Sud-Ouest, il devint en 1948 secrétaire général du syndicat, puis secrétaire général du secteur. À partir de 1952, il siégeait au comité régional d’action sociale (CRAS).
Mais cette présence multiforme dans les structures représentatives n’empêcha pas Pierre Bégout de rester un militant de terrain, animateur de tous les mouvements revendicatifs et de toutes les grèves. À partir de 1947, il fut régulièrement sanctionné - en particulier par des retenues financières. On lui reprochait souvent ses prises de parole sur les lieux de travail et dans les cantines de l’entreprise. Au lendemain de la manifestation du 17 févrer 1950, marquée par deux heures d’arrêt de travail, il fut saisi d’une proposition de révocation et traduit devant le conseil de discipline. Pierre Bégout s’en tira avec un dernier avertissement et une nouvelle sanction financière. Une forte mobilisation de solidarité des cheminots cégétistes avait probablement joué en sa faveur. La grève de mars 1951 lui valut une nouvelle suspension.
Pierre Bégout joua un rôle de premier plan dans la grève du du 4 juin 1952, dont l’objetif était pour une bonne part une protestation contre l’arrestation de Jacques Duclos et André Stil. Cette fois-ci, la révocation fut immédiate et sans appel. L’avis de notification indiquait « abandon de poste le 4 juin 1952. Récidiviste d’actes d’indiscipline ». Il ne sera rétabli dans ses droits de cheminot que trente années plus tard, par l’amnistie de 1981, quelques années après sa mort. Après sa révocation, Pierre Bégout travailla jusqu’en 1967 dans une usine d’appareillage électrique.
Pierre Bégout s’était marié en octobre 1967 à Paris (XIIIe arr.) avec Thérèse Tissot. Il était père d’une fille née vers 1934.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16107, notice BÉGOUT Pierre, Jean, Yvan par Jean-Pierre Bonnet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Jean-Pierre Bonnet

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Acte de naissance.

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