Dans une série d’articles publiés par L’Ami des ouvriers en 1895-96, Raymond Bachman détailla son itinéraire personnel vers l’anarchisme. Jeune, il avait été catholique et fervent patriote. Puis il voyagea et s’instruisit notamment dans le domaine de la philosophie et des sciences. Il devint progressivement libéral, puis athée, et enfin socialiste. Il étudia alors l’anarchisme, et au début des années 1890 il fut soudainement fasciné par ces hommes qui acceptaient de mourir pour la cause en laquelle ils croyaient. Dans un autre article, il décrivit les conditions de travail épouvantables qu’il avait dû subir en tant qu’employé à l’hôtel Waldorf de New York : en 6 mois d’enfer, il avait perdu 12 kg.
Début 1899, Raymond Bachman écrivit à plusieurs reprises à La Tribune libre pour critiquer les points de vue exprimés par d’autres lecteurs. Il laissait entendre qu’il avait beaucoup voyagé au cours de la période précédente.
En 1904, Raymond Bachman militait au sein du groupe francophone Germinal de San Francisco. Il s’adressa au Temps nouveaux à Paris pour obtenir des renseignements qui lui permettraient de compléter la documentation rassemblée dans le but d’écrire un ouvrage sur les anarchistes au bagne. Il habitait alors 507 Pine Street à San Francisco.

SOURCES : L’Ami des ouvriers, 30 décembre 1895, 15 avril, 15 mai 1896 entre autres ; La Tribune libre, 9 février, 23 février 1899 – Les Temps nouveaux, 17 décembre 1904. – Kenyon Zimmer, ‘The Whole World is our Country’ : Immigration and Anarchism in the United States, 1885-1940, PhD, University of Pittsburgh, 2010, p. 242. – Note de Marianne Enckell.

Michel Cordillot

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