BEAUGRAND Kléber, Jules, Pierre

Par Thérèse Burel

Né le 14 mai 1887 à Ouchamps (Loir-et-Cher), mort le 23 juin 1969 à Ouchamps ; commis-boucher, puis fabricant de saucissons ; député socialiste de Romorantin (Loir-et-Cher) ; maire d’Ouchamps.

Kléber Beaugrand dans les années 1930
Kléber Beaugrand dans les années 1930
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936

De famille modeste, Kléber Beaugrand exerça, dès sa sortie de l’école primaire, le métier de commis-boucher, améliora seul ses connaissances et milita dans les rangs du syndicalisme ouvrier. Mobilisé le 2 août 1914, il fut blessé en avril 1916. Démobilisé, il reprit et son métier et son activité au syndicat des ouvriers bouchers. En 1925, il fonda à Paris où il était venu travailler, une petite entreprise commerciale et il acquit une certaine aisance comme fabricant de saucissons. De famille républicaine, il avait adhéré très jeune au Parti socialiste SFIO et s’inscrivit d’abord à la Fédération de la Seine, puis à celle du Loir-et-Cher.

Élu conseiller municipal d’Ouchamps pour la première fois en 1929 et réélu le 12 mai 1935, il fut désigné en 1936 par la Fédération de Loir-et-Cher du Parti socialiste comme candidat aux élections législatives dans la circonscription de Romorantin. Il fut élu au second tour, le 3 mai 1936 avec 8 325 voix contre 8 066 voix à Dumoret. Il avait obtenu au premier tour, 4 314 voix et bénéficia, au second tour, du désistement en sa faveur du Dr Massacré (3 491 v., radical) et de M. Favier (784 v., communiste). Il fut battu aux élections cantonales, conseil général, canton de Romorantin, en octobre 1937, au second tour, avec 1 971 voix contre 2 085 à son adversaire de droite, élu ; Beaugrand avait obtenu 1 577 voix au premier tour. Au Parlement, membre de la commission de l’armée, il émit un avis sur une proposition de loi de M. R. Schuman tendant à limiter le droit de priorité des anciens militaires dans l’attribution des emplois publics (1937). Il prit part à la discussion du budget de l’agriculture de l’exercice 1939, pour se plaindre de l’abus des subventions pour drainage accordées à certains syndicats. Il vota et appela à voter à Vichy, la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 portant délégation de pouvoir du maréchal Pétain. Sous l’Occupation, il dut abandonner ses fonctions de maire d’Ouchamps. À la Libération, il fut déclaré inéligible et exclu du Parti socialiste SFIO. Relevé de son inéligibilité pour ses activités dans la Résistance à Libé-Nord, il fut élu conseiller municipal le 19 octobre 1947 et devint maire d’Ouchamps le 31 octobre suivant. Ayant repris sa place de militant à la Fédération socialiste de Loir-et-Cher, il devint membre de la commission exécutive. Il se présenta aux élections cantonales à Contres et fut battu le 7 octobre 1951 avec 1 004 voix, venant après le candidat de droite et le communiste. Il fut réélu conseiller municipal et maire d’Ouchamps, les 26 avril 1953 et 8 mars 1959. En même temps, il exploitait sa propriété agricole d’Ouchamps, était président de la SICA-CO-BVLG de Loir-et-Cher bétail et viande, membre des conseils d’administration de nombreuses coopératives agricoles, enfin délégué cantonal (enseignement primaire) du canton de Contres. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16031, notice BEAUGRAND Kléber, Jules, Pierre par Thérèse Burel, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2010.

Par Thérèse Burel

Kléber Beaugrand dans les années 1930
Kléber Beaugrand dans les années 1930
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936

SOURCES : Arch. Dép. Loir-et-Cher, série M, élections. — Dictionnaire des Parlementaires..., sous la direction de J. Jolly. Paris, 1960. — Le Progrès de Loir-et-Cher. — Le Solognot, puis Le Populaire de Loir-et-Cher. — Renseignements fournis par M.K. Loustau.

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