RÉMER Roland

Par Paul BERGER

Né le 22 mars 1931 à Saint-Laurent-sur-Othain (Meuse) , mort le 7 avril 2019 à Metz (Moselle) ; professeur ; militant syndicaliste du SNES ; militant politique (PSU, PCF, PS, Mouvement des citoyens) et associatif en Moselle.

Photo de Remer.
Photo de Remer.

Son père, Pierre Rémer, menuisier puis ouvrier d’usine à Longwy (Meurthe-et-Moselle), décéda à l’âge de quarante ans, laissant quatre orphelins. Roland Rémer fut élevé par sa mère et son grand père dans une famille d’esprit républicain, laïque et anticlérical où on militait pour la séparation des Églises et de l’État. Il fit ses études secondaires comme interne et boursier au collège Buvignier à Verdun (Meuse). Orphelin à l’âge de seize ans, il put, grâce à la compréhension et au dévouement de la famille, aller jusqu’au baccalauréat. Afin de poursuivre des études supérieures à la faculté des Lettres de Nancy, il exerça les fonctions de maître d’internat au centre d’apprentissage de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), puis de surveillant d’externat au centre d’apprentissage de Laxou (Meurthe-et-Moselle) où il adhéra à la CGT.

Le 11 août 1956 à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), il épousa Jeanne Poirot, fille d’un cheminot qui, après avoir élevé leurs trois enfants, reprit son métier de secrétaire au service de la Fédération des conseils de parents d’élèves, puis de l’UD-CGT de Moselle.

Appelé au service militaire en 1955, Roland Rémer resta mobilisé pendant 27 mois, d’abord à Verdun, puis, en dépit de son mariage et de la naissance d’un premier enfant, en Algérie, dans le Sud-Oranais. Rentré à Nancy, adjoint d’enseignement dans cette ville, puis à Longwy, il prépara les concours de recrutement et devint professeur certifié d’histoire-géographie au lycée de Saint Avold (Moselle). Il poursuivit sa carrière au lycée Fabert de Metz où il fut nommé ultérieurement en classe préparatoire aux Hautes études commerciales pour terminer en 1992 professeur agrégé hors classe.

Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire, il devint secrétaire de la section de Saint-Avold et, à ce titre, il fut le premier à organiser le soutien financier aux mineurs de charbon en grève en mars 1963. À Metz, secrétaire de la section locale, il devint secrétaire départemental en 1967 ("Unité et Action") puis membre du bureau de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale. Il milita activement pour développer la scolarisation en Moselle, pour la laïcité et pour le rattachement du département à l’Académie de Nancy où il exerça les fonctions de secrétaire adjoint de la section académique (S3) du SNES jusqu’en 1976.

Roland Rémer adhéra au Parti socialiste unifié à sa création en 1960. Puis il rejoignit le Parti communiste français en 1963-1964 à Saint-Avold. Membre du comité de la fédération communiste en 1965, puis du bureau fédéral, il demanda à ne pas être réélu en 1972. Il joua un rôle essentiel dans la constitution d’une liste d’Union de la Gauche aux élections municipales de Metz en 1971 conduite par Emile Reiland. Il se heurta à l’ouvriérisme de la fédération du PCF et rompit sur la question de l’union en 1975. Il adhéra au Parti socialiste en 1981, devint secrétaire fédéral, chargé des études et de la formation, mais rompit avec ce parti sur la question européenne pour présider quelque temps le Mouvement des Citoyens.

Roland Rémer suscita à partir de 1963 une série d’initiatives dans le cadre du « 3 rue Gambetta », pool des organisations laïques de Moselle créé en 1955 par Jean Darroy et du Cartel départemental d’action laïque (PCF, PS, Parti radical, CGT, FO, SNI, FEN et ses syndicats, FCPE, Cercle Jean Macé, UNEF), présidé de 1962 à 1975 par Paul Berger, lieu de rencontre mensuel des organisations de gauche de Moselle. Il fut à l’origine de deux colloques, l’un en 1965 sur la laïcité avec le dirigeant communiste Marcel Servin et l’autre, en 1971, pour la défense de l’Université de Metz. Secrétaire de la Fédération des conseils de parents d’élèves de Moselle, il suscita la fondation en 1979 du Cercle Jean Macé où il exerça les fonctions de secrétaire, puis de président de 1994 à 2001, enfin président d’honneur. Membre du Comité national de liaison de la Ligue de l’Enseignement, il présida de 2001 à 2006 l’association "Espoir", chargée des malades mentaux et fut actif dans le fonctionnement de la Maison départementale des personnes handicapées.

Ses travaux lui valurent de figurer dans le Dictionnaire des littératures de Lorraine. Il était Officier des palmes académiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159992, notice RÉMER Roland par Paul BERGER, version mise en ligne le 19 juin 2014, dernière modification le 20 avril 2019.

Par Paul BERGER

Photo de Remer.
Photo de Remer.

ŒUVRES : Nombreux articles dans les revues des partis et syndicats dans lesquels il milita : L’Ecole de France, La Voix de Metz, Cahiers du Cercle Jean Macé, Le Chardon, revue de la Ligue de l’Enseignement, Les idées en mouvement, .etc .... — L’économie de la Lorraine, collection « Régions au Présent » Editions Marketing, 1977, en collaboration. — La Moselle, collection « Richesses de France », Editions Delmas, 1983, (partie géographique). — « L’épopée industrielle », dans Encyclopédie illustrée de la Lorraine, ouvrage collectif, 1995, (étude sur la chimie). — Jean Macé et les origines messines de la Ligue de l’Enseignement, éditions Serpenoise, 2003.

SOURCES : Arch. Nat., 581AP107. — Archives du comité national du PCF. — Témoignages de la FOL Moselle et FSU-Moselle. — Renseignements fournis par l’intéressé. — École de France, Bulletin du SNI –FEN de Moselle. — Cahiers du Cercle Jean Macé, — Idées en Mouvement, mensuel de la Ligue de l’Enseignement. — Notes de Jacques Girault.

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