QUÉNARD André, Lucien

Par Gilles Morin

Né le 7 janvier 1909 à la Ferté-Imbault (Loir-et-Cher), mort le 30 avril 1988 à La Milesse (Sarthe) ; instituteur ; député socialiste de l’Indre-et-Loire (1945-novembre 1946, 1951-1955) ; secrétaire de la fédération SFIO (1958-1960).

André Quénard, fils de modestes ouvriers – son père était garde-chasse au moment de sa naissance –, était titulaire du brevet supérieur. Formé à Amboise et à l’École normale d’instituteurs de Loches, il exerça dans plusieurs communes rurales, notamment à Dame-Marie et fut nommé directeur d’école. Il adhéra à la SFIO en 1936 selon des sources internes au parti (ou 1931 selon le Dictionnaire des parlementaires), militant par ailleurs à la Ligue des droits de l’Homme, à la Libre pensée et au Syndicat national des instituteurs.

Fait prisonnier de guerre durant la Seconde Guerre mondiale le 14 juin 1940, il rentra en France le 15 mai 1945. Dans la SFIO, il devint l’adjoint de Jean Meunier et se consacra plus spécialement aux questions agricoles, mutualistes et coopératives. Désigné contre d’autres militants, au titre d’ancien prisonnier, en deuxième position sur la liste SFIO aux élections législatives à la Constituante en octobre 1945, derrière Jean Meunier, il fut élu député en octobre 1945 à la plus forte moyenne, ave 52 802 suffrages sur 219 600 inscrits et 163 816 exprimés. Le préfet estimait qu’il était “peu connu et sans grande influence politique”, ne devant son succès qu’à sa place privilégiée sur la liste socialiste. Il se consacrait surtout à l’étude des questions mutualistes et coopératives “sans pour autant faire autorité en la matière”. Il siégea à la commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales, ne déposa aucun texte de loi et n’intervint pas en séance publique. Il fut réélu en juin à la deuxième Constituante, en dépit du recul de la liste socialiste qui ne rassemblait plus que 45 124 suffrages sur 218 652 inscrits et 170 387 exprimés. Il siégea dans la même commission et devint membre de celle de l’Éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs. Mais il échoua en novembre 1946, la liste SFIO ayant perdu régulièrement des électeurs, avec seulement 38 205 suffrages sur 221 388 inscrits et 161 808 exprimés en novembre et le Parti communiste français emporta le siège de Quénard. En février 1947, il se disait “très déprimé physiquement ; très vraisemblablement les cinq années de captivité en sont la cause”. Il était alors secrétaire fédéral à la propagande.

Quénard retrouva son siège de député d’Indre-et-Loire lors des législatives du 17 juin 1951, toujours en deuxième place derrière Jean Meunier, grâce à l’apparentement qui, majoritaire, emporta tous les sièges du département, la liste socialiste recueillant seulement 27 715 suffrages sur 215 566 inscrits et 162 486 exprimés. Il siégea à la commission des affaires économiques et assura le secrétariat de cette commission. Il fut nommé également à la sous-commission chargée de suivre et d’apprécier la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d’économie mixte. Il déposa, au nom de celle-ci, un rapport d’information, puis un rapport complémentaire, le 10 mars et le 28 octobre 1955, sur la gestion de la SOFIRAD (Société financière de radiodiffusion française). Il vota, le 30 août 1954, l’amendement Aumeran qui aboutit au rejet du projet de traité de Paris instaurant la Communauté européenne de défense (CED).

Quénard perdit de nouveau son siège en janvier 1956 (avec 28 433 voix pour 184 444 suffrages exprimés) du fait de la poussée poujadiste et échoua de nouveau dans la deuxième circonscription d’Indre-et-Loire aux élections législatives de novembre 1958, n’arrivant qu’en quatrième position, avec 4 995 suffrages sur 53 975 inscrits et 39 976 exprimés, puis en novembre 1962 face à Jean Royer. Il avait été élu conseiller municipal de Tours en mars 1953 mais échoua à l’élection au conseil général en 1955 et en 1958, à Montbazon, où il tenta de reprendre le siège de Guillaume-Louis. Il ne se désista pas au second tour, permettant l’élection d’un RPF contre le secrétaire fédéral du PCF. Il se présenta de nouveau en 1961 dans le canton de Tours-Sud.

Au sein de la fédération socialiste SFIO d’Indre-et-Loire, Quénard devint le second de Jean Meunier. Il était plus spécialement chargé des questions agricoles, mutualistes et coopératives. Il fut désigné comme secrétaire fédéral à la propagande 1951-1954 puis comme secrétaire fédéral en 1958-60. En 1971, il démissionna de la fonction de trésorier fédéral qu’il disait exercer depuis 25 ans, mais fut secrétaire fédéral par intérim. Il intervint peu dans les débats internes du parti, mais fut signataire de la motion Indre-et-Loire pour le congrès national de 1960. Il appartint à la commission de réintégration et fut assesseur à la première séance de ce congrès. On le retrouva encore siégeant à la commission de vérification des mandats et de la commission de réintégration au conseil national du 6 septembre 1962. Quénard fut signataire de la motion Mollet-Mauroy, pour le congrès national constitutif de mai 1969 à Alfortville, puis de la motion Mollet pour le congrès d’Issy-les-Moulineaux en juillet 1969.

En 1972, après avoir été exclu du parti avec un groupe de militant qui avait maintenu des alliances centristes, il demandait sa réintégration. Pierre Mauroy, au comité directeur du 10 juin 1972, se montrait favorable à sa réintégration, alors qu’il était hostile à celle de Maurice Beaulaton.

Retiré à La Milesse dans la Sarthe, il était président du Comité départemental d’action laïque et la Fédération des œuvres laïques et membre du conseil d’administration et co-gérant du Réveil du Maine. En conflit avec celui-ci, la CEF demanda à Quénard, Max Boyer et Christian Pïneau d’en démissionner en juin 1975.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159955, notice QUÉNARD André, Lucien par Gilles Morin, version mise en ligne le 18 juin 2014, dernière modification le 18 juin 2014.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arh. Nat., F/1cII/133, 147, 305, 318, 320, 704. — Archives de l’OURS, correspondance Indre-et-Loire et notices biographiques. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 116, 117. — Site de l’Assemblée nationale, notices. — Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, ed. CLD, 1990. —Profession de foi aux élections législatives de juin 1946. — La Documentation socialiste, avril 1969 et juin 1969.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément