REIX Maurice, Serge

Par Alain Dalançon

Né le 10 novembre 1925 à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine) ; mort le 3 août 2015 ; professeur de lettres ; militant syndicaliste du SNET puis du SNES, secrétaire adjoint puis secrétaire de la section départementale des Hauts-de-Seine (1969-1983), secrétaire adjoint de la section académique de Versailles (1983-1987) ; militant communiste à Puteaux.

Maurice Reix
Maurice Reix
photo du début des années 1980

Fils unique d’un ouvrier ferrailleur, mort en 1933, et d’une femme de ménage, morte en 1976, Maurice Reix fut baptisé et fit sa première communion, par tradition dans une famille non-pratiquante. Son père était lecteur de L’œuvre et sa mère lisait régulièrement l’Humanité après la Libération.

Il fréquenta l’école communale de la rue Parmentier à Puteaux, avant d’aller au cours complémentaire de cette ville, de 1937 à 1939, et entra en classe de 4e au collège moderne de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) où il obtint le baccalauréat (série philosophie-sciences) en 1945.

Appartenant à la classe 1945, il n’effectua pas de service militaire et occupa en 1945-1946 un poste d’instituteur suppléant, chargé de surveillance au collège de Suresnes, payé par la mairie. De 1946 à 1950, il fut surveillant d’externat dans ce même établissement qui devint lycée Paul Langevin en 1949, tout en poursuivant des études de lettres modernes à la Sorbonne. Après une interruption de deux ans pour maladie, il reprit son poste de SE au lycée Paul Langevin et termina sa licence en 1955. Il venait d’épouser en novembre 1953, Colette Renault, élève infirmière à l’école de la rue de Lisbonne à Paris, avec laquelle il eut une fille, devenue professeure certifiée de sciences physiques.

En 1955, Maurice Reix fut reçu au concours d’entrée en 3e année de l’École normale supérieure de l’enseignement technique où il effectua une année d’études en section E, à l’issue de laquelle il obtint le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique de lettres. Il fut alors nommé au collège technique François Bazin de Charleville (Ardennes) d’où était originaire sa famille. Il y demeura jusqu’en 1959 puis obtint sa mutation au lycée technique de Puteaux, où il termina sa carrière en 1987.

Son épouse, après l’obtention du diplôme d’État d’infirmière, fut affectée à l’École normale d’institutrices de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, Yvelines) puis au collège d’enseignement technique de Nanterre et enfin au lycée technique d’État de Puteaux, où elle retrouva son mari, et prit sa retraite en 1990.

Après avoir été syndiqué au Syndicat national de l’enseignement secondaire quand il était surveillant, Maurice Reix, qui avait adhéré au Parti communiste français en 1952, milita au Syndicat national de l’enseignement technique dans la section (S1) du collège de Charleville puis fut secrétaire du S1 du lycée de Puteaux à partir de 1960, appelant régulièrement à voter pour les listes « Union pour une action syndicale efficace ». Puis il milita dans le nouveau Syndicat national des enseignements de second degré dans la tendance « Unité et Action », en continuant d’être secrétaire du S1 de son lycée. Tout au long de cette période, il anima de nombreuses actions (manifestations, interventions auprès des parlementaires, dont le député-maire de Nanterre communiste Raymond Barbet), afin d’obtenir le transfert du lycée dans l’ancien arsenal de Puteaux, solution pour laquelle Philippe Rabier avait commencé à s’investir, mais qui n’aboutit pas ; après de nombreuses péripéties, un lycée technique tout neuf fut finalement ouvert en 1987, année où il prit sa retraite.

Maurice Reix fut élu en décembre 1967 membre du bureau de la nouvelle section départementale (S2) des Hauts-de-Seine du SNES par l’ensemble des syndiqués et en devint secrétaire adjoint au côté de Christiane Marcellesi. Cette dernière fut remplacée en 1969 par Henri Le Pichon à qui il succéda en 1973 comme secrétaire du S2, alors que celui-ci était devenu secrétaire adjoint de la nouvelle section académique (S3) de Versailles. Il demeura à cette responsabilité jusqu’en 1983, date à laquelle il fut remplacé par Nicole Barlier et devint secrétaire général adjoint du S3 au côté de Christian Charbonnel puis de Michel Blin, jusqu’à sa prise de retraite. Il était aussi durant toutes ces années membre de la commission administrative départementale de la Fédération de l’Éducation nationale.

Il militait par ailleurs au PCF, et fut membre du comité de section de Puteaux, du début des années 1960 jusqu’à la fin des années 1980. En mars 1969, lors d’une élection municipale complémentaire pour deux sièges, suite à la démission du maire socialiste SFIO, Georges Dardel, il recueillit 48 % des suffrages exprimés mais ne fut pas élu ; le 4e adjoint socialiste, Charles Ceccaldi-Reynaud, qui avait mené une violente campagne contre les communistes, devint maire, puis quitta le parti socialiste SFIO et resta maire de droite jusqu’en 2004.

Maurice Reix animait aussi l’association locale France-URSS et était membre de la section de Puteaux de la Ligue des droits de l’Homme. En mars 2000, il signa, ainsi que sa femme, l’« Appel à la constitution d’un comité de vigilance européen. Ensemble en Europe contre la droite extrémiste et les populismes ». Le 11 mars 2000, il signa une tribune libre dans l’Humanité estimant que le rapport Teulade entérinait pour l’essentiel la réforme Balladur.

Après sa prise de retraite, Maurice Reix participa à l’animation de la section des retraités du SNES de son département, et siégea à la CA départementale de la Fédération syndicale unitaire au titre d’« Unité et Action » jusqu’en 2007. Il participait aussi à la CA du S3 au titre des retraités et fit partie du bureau national des retraités jusqu’en 2005. Il fut aussi co-fondateur de l’Institut de recherches historiques sur le syndicalisme dans les enseignements de second degré en 1985 et membre de son CA.

Après le décès de son épouse à la fin 2012, il se retira définitivement au Chesne, dans les Ardennes, dans la maison où son grand-père maternel avait tenu un petit bistrot avant la Guerre 1914-1918, et travaillait l’osier, maison détruite en 1940 et reconstruite en 1956. Il était toujours adhérent du SNES-FSU et du PCF et lecteur de l’Humanité en 2014.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159930, notice REIX Maurice, Serge par Alain Dalançon, version mise en ligne le 16 juin 2014, dernière modification le 2 janvier 2019.

Par Alain Dalançon

Maurice Reix
Maurice Reix
photo du début des années 1980

SOURCES : Arch. IRHSES (congrès, CA, S3 de Versailles, Le Travailleur de l’enseignement technhique, L’Université syndicaliste. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Note de Jacques Girault.

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