Né en Belgique ; mineur, puis fermier ; membre de l’AIT ; parti aux États-Unis durant les années 1890 ; militant anarchiste, puis socialiste ; brièvement membre de l’UMW ; collaborateur régulier de l’Union des travailleurs.

Militant belge de la Première Internationale et ami d’Albert Delwarte, André Doms émigra aux États-Unis vers le milieu des années 1890. En mars 1896, il travaillait comme mineur à Beacon (Iowa) et était en contact avec la rédaction de l’organe anarchiste l’Ami des ouvriers.
Abonné à La Tribune libre dès son lancement, André Doms en fut un lecteur actif et généreux, toujours prêt à mettre la main à la poche. En mars 1898, il souscrivit la somme de 1 dollar pour aider le journal à acquérir une presse. Il fit également parvenir au journal plusieurs articles qui furent publiés. En envoyant 1 dollar pour le fonds Berkman destiné à permettre un recours devant la commission des grâces, il rappela qu’il avait été chargé par les compagnons belges de collecter des fonds au profit des condamnés anarchistes espagnols de Montjuich (Espagne), sans grand succès hélas.
Libertaire convaincu, André Doms hésita longtemps avant d’adhérer à l’UMW, pour ne pas contribuer à payer le salaire d’un président jugé inutile. Il finit par s’y résoudre début 1899 et adhéra à la section 178 de l’UMW de Beacon. Toutefois, ne parlant pas lui-même anglais, il se trouvait forcé de s’en remettre à un interprète pour obtenir les renseignements qu’il souhaitait avoir. Au bout de six mois, il cessa de payer ses cotisations, persistant dans ses accusations contre le président de l’Union.
En 1901, André Doms exploitait une ferme d’une quinzaine d’hectares de bonnes terres, se plaignant pourtant de n’en retirer que le strict minimum pour vivre. Lui-même continuait d’aller travailler à la mine pour faire bouillir la marmite. Un des tout premiers abonnés à L’Union des travailleurs, il était également abonné en 1902 à la Bataille de Namur.
Au cours des années suivantes, il demeura un lecteur aussi fidèle que généreux de L’Union des travailleurs. Ne parvenant pas à échapper à sa condition de mineur de fond, il travailla successivement à Given (Iowa), où il résida de 1905 à 1911, puis à Oskaloosa (Iowa), où il vécut de 1912 à 1916. Au fil des ans, il fit parvenir à la rédaction des correspondances à propos du climat social et des événements notables (la venue de Tom Lewis à Given en 1908, la grève des tramways à Oskaloosa en 1914…) qui furent régulièrement publiées, ainsi que ses souvenirs sur son ami Albert Delwarte lorsque ce dernier mourut en 1913. Attentif à la santé financière fragile de son journal, il l’aida de diverses manières, faisant par exemple cadeau en 1908 à la rédaction d’un certain nombre de livres destinés à être revendus d’occasion et promettant d’agir énergiquement contre le déficit en 1913.
André Doms demeura abonné à L’Union des travailleurs jusqu’à la disparition de ce journal en septembre 1916.

SOURCES : L’Ami des ouvriers, 30 mars 1896. — La Tribune libre, 24 sept 1896, 23 septembre 1897, 31 mars, 29 septembre, 6 octobre 1898, 5 janvier, 26 janvier, 23 février 1899, 4 janvier 1900 entre autres. — L’Union des travailleurs, 25 avril, 6 juin 1901, 30 janvier 1902, 8 juin 1905, 27 août, 8 octobre 1908, 10 octobre 1912, 10 avril 1913, 15 janvier 1914, 15 juin 1916 entre autres.

Michel Cordillot

Version imprimable de cet article Version imprimable