CLUSERET Gustave, Paul [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né à Paris (VIIe arr.) le 13 juin 1823, mort à La Capte, commune d’Hyères (Var) le 22 août 1900 ; célibataire ; serviteur de la répression en juin 1848 ; membre de l’Internationale et de la Commune en 1871 ; Cluseret finit collaborateur de la Libre Parole antisémite, d’Édouard Drumont.

Gustave Cluseret
Gustave Cluseret

Le père de Cluseret avait été colonel d’infanterie, et Gustave reçut une éducation d’enfant de troupe. En 1841, il fut admis à Saint-Cyr. Sous-lieutenant deux ans plus tard, il était en 1848 lieutenant au 55e régiment de ligne. Après la révolution de Février, il demanda à entrer dans la Garde mobile et, en mars, il devint chef du 23e bataillon. Il se distingua en juin dans la répression et se vanta d’avoir pris onze barricades et trois drapeaux (lettre du 30 juin publiée dans le Constitutionnel) ; par la suite, il devait invoquer sa jeunesse et son inexpérience pour expliquer cette attitude. Pour récompenser ses services, le gouvernement lui accorda, le 28 juillet, la Légion d’honneur. Pourtant l’armée régulière ne voulut pas reconnaître son grade de chef de bataillon et il réintégra son corps comme lieutenant après le licenciement de la Garde mobile. Il se fit alors remarquer pour son esprit d’indiscipline et, finalement, fut mis en non-activité le 31 mars 1850 pour « ses antécédents et ses opinions ».

Rappelé le 6 février 1853, Cluseret obtint sa réintégration comme lieutenant de chasseurs à pied. Il reçut deux blessures en Crimée et fut nommé capitaine. Puis il travailla aux bureaux arabes d’Algérie. Il fut accusé ici et là de trafics illicites et rayé des cadres le 17 juillet 1858 après qu’il eut donné sa démission.

Cluseret travailla durant quelque temps comme régisseur de fermes en Afrique du Nord, puis il partit pour les États-Unis et travailla dans une banque à New York. En 1860, il y recruta une légion pour Garibaldi qui le fit colonel. Après le traité de Zurich, il perdit son grade comme la plupart des officiers servant en Italie à titre étranger et repartit pour l’Amérique où il prit part à la guerre de Sécession dans les rangs nordistes. Il y gagna au combat le grade de général. Il fut parallèlement lors des élections présidentielles de 1864 le porte-parole des francophones qui souhaitaient choisir Frémont comme candidat du Parti républicain à la place de Lincoln, jugé top tiède sur la question de l’esclavage. Il s’opposa à la rédaction du Messager franco-américain, plus favorable à Lincoln. Durant la guerre de Sécession, il entra aussi en correspondance avec Ledru-Rollin, qui se trouvait en Angleterre, et il aurait alors suggéré à ce dernier de se rallier à la famille d’Orléans.

C’est à New York, peu après la fin des hostilités, que Cluseret fut initié aux théories socialistes par Claude Pelletier (voir ce nom). Un peu plus tard, il participa activement avec ce dernier à l’organisation des Fenians irlandais et à la préparation d’une tentative de coup de main contre le Canada anglais. Mais le raid lancé près de Buffalo dans la nuit du 31 mai 1866 par plusieurs centaines de conjurés ayant échoué, il se révéla nécessaire de repenser la stratégie militaire du mouvement.

Ses dirigeants décidèrent alors de porter l’action en Irlande et en Europe. Cluseret accepta de prendre la tête de la future armée irlandaise, secondé par deux Belges qui avaient également combattu dans l’armée du Nord, Victor Vifquain et Octave Fariola. Tandis que l’insurrection se préparait en Irlande, Cluseret et Vifquain organisaient une attaque de diversion contre le château de Chester à la limite du Pays de Galles. Trahis, ils durent retraverser précipitamment la Manche pour ne pas être arrêtés. Cluseret fut par la suite condamné à mort par contumace.

Après son retour en France en 1867, Cluseret collabora à divers journaux : Le Courrier français, de tendance proudhonienne, qui servit d’organe à l’Internationale à partir de mai 1866, La Démocratie, Le Rappel, La Tribune. Il fonda par ailleurs le journal L’Art. Un article sur l’armée publié par cette feuille le fit condamner, le 25 juillet 1868, par la cour d’appel de Paris, à deux mois de prison et 1 000 francs d’amende « pour excitation à la haine des citoyens les uns contre les autres ». À Sainte-Pélagie, il fit la connaissance d’Eugène Varlin, auquel il voua une admiration sincère et durable, et certains fixent à cette époque la date de son adhésion à l’Internationale. Lui-même écrivit dans une lettre que publia L’Internationale le 15 mai 1869 qu’il était « membre de la Société Internationale des Travailleurs, section de New York, et ce depuis 1865 ». Cela n’est pas totalement invraisemblable, compte tenu des liens existant entre Cluseret et Pelletier, quand bien même, dans une interview publiée dans le New York Herald du 3 août 1871, Marx, qui ne l’aimait pas, déclara : « Il n’est pas et n’a jamais été membre de l’Internationale » (cf. Le Mouvement social, n° 38, janvier-mars 1962).

Il est en fait prouvé que Cluseret fut adhérent de l’Internationale. En septembre 1868, il transmit par lettre son opinion sur une des questions – celle du crédit mutuel entre travailleurs – inscrites à l’ordre du jour des travaux du 3e congrès de l’AIT tenu à Bruxelles ainsi qu’en atteste le compte-rendu. À la même époque, de Sainte-Pélagie, Cluseret joignit sa protestation à celle des membres de la commission parisienne détenus, qui, à l’exception de Bourdon et de Charbonneau, s’élevèrent contre une résolution adoptée par le congrès déclarant que la Ligue de la paix et de la liberté n’avait pas de raison d’être. Les détenus estimaient que « le droit de se croire la seule expression des aspirations d’une époque ne peut appartenir à aucune association isolée. » Une confirmation de cette adhésion est encore fournie par l’avocat-policier Oscar Testut : dans un rapport du 28 mai 1876, il affirmait que l’embryon de section de l’Internationale aux USA, fondée en juin 1867 à New York et qui groupait 30 à 40 membres à l’origine, obéissait, en janvier 1870, aux inspirations de Cluseret à qui Varlin aurait conféré le titre de représentant de la Fédération parisienne aux USA (Arch. PPo., Ba/435). Il est enfin établi qu’en juin 1870, Cluseret fonda, avec Benoît Hubert (voir ce nom), la première section de langue française de l’Internationale à New York.

En 1869, Cluseret, qui résidait toujours à Paris, fut poursuivi pour un article sur l’armée publié par la Tribune. Il invoqua sa qualité de citoyen américain et fit appel à l’ambassadeur dont l’intervention fut efficace, mais il se vit contraint de repartir pour New York. Il s’y trouvait en septembre de la même année, puisqu’il y figura parmi les orateurs qui s’adressèrent aux 200 personnes rassemblée à l’occasion du banquet organisé par l’Union républicaine de langue française (URLF) pour commémorer l’anniversaire du 22 septembre. Il prononça de même un discours à l’occasion de la séance inaugurale de la (première) section française de l’AIT à New York qui se tint le 8 juin 1870.

Lorsque la guerre franco-prussienne éclata, Cluseret se hâta de regagner l’Europe. Parti de New York début août, il gagna Liverpool, transita par Londres et arriva à Ostende le 18. Il prit alors contact avec Cousin-Montauban pour lui offrir ses services, puis avec Trochu, avant finalement d’écrire au maire de Suresne pour lui demander de l’inscrire dans la garde nationale locale. À la veille de l’effondrement de l’Empire, il se trouvait à Bruxelles, où il retrouva Varlin. Rentré à Paris dès le 5 septembre 1870, il critiqua l’insuffisance du gouvernement et, avec ses amis du Comité central des vingt arrondissements auquel il appartenait, il présenta, le 15 septembre, les mesures d’urgence que le gouvernement de la Défense nationale aurait dû, selon les signataires, se hâter de « transformer en décrets pour le salut de la patrie et de la République ». Ces mesures intéressaient la sécurité publique, les subsistances et les logements, la défense de Paris et des départements. Le 17, il se rendit à Lyon à la demande d’Albert Richard, le Comité de Salut public lyonnais désirant le charger du commandement des corps de volontaires qu’il souhaitait voir se former dans le département du Rhône.

Après l’échec du mouvement insurrectionnel lyonnais, le 28 septembre, Cluseret se rendit à Marseille où il fut le vrai chef de la commune révolutionnaire proclamée le 1er novembre, et dont le président était Adolphe Carcassonne. Il se vit alors conférer le titre de commandant de la Garde nationale et de général en chef des troupes de la Ligue du Midi. Mais, si l’émeute fut maîtresse de la cité le 1er novembre, ce succès ne dura que quelques jours. Cluseret dut s’exiler à Genève, où il fit paraître une Lettre du général Cluseret au citoyen Gambetta (2 p. in-folio), que l’on trouvait en dépôt à la « Marmite » de la rue Larrey.

Cluseret joua ensuite un rôle important dans la Commune parisienne. Le 30 mars 1871, il fut délégué par le comité central de la Garde nationale au ministère de la Guerre avec mission de réorganiser la Garde nationale. Élu membre de la Commune, le 16 avril, par le Ier arr. (1 988 voix) et par le XVIIIe (8 480 voix), il opta pour le second. Le 3 avril, il fut nommé délégué à la guerre ; on le confirma dans ces fonctions le 20, et il siégea donc à la 2e Commission exécutive : il fut d’ailleurs à l’origine de la substitution des délégués aux commissions, jugées trop faibles. Son énergie toute militaire se marqua également par la création de cours martiales.

Le 30 avril, Cluseret s’abstint dans le vote relatif au Comité de salut public. On lui imputa l’évacuation temporaire du fort d’Issy (nuit du 29 au 30 avril) et il fut révoqué, puis écroué à Mazas au début de mai. Il fut toutefois acquitté et libéré le 21.

Par contumace, le conseil de guerre de Lyon le condamna, le 11 août 1871, à la déportation dans une enceinte fortifiée, puis le 3e conseil de guerre parisien le condamna à la peine de mort, le 30 août 1872.

Hébergé durant cinq mois à Paris par un prêtre qu’il avait autorisé à confesser l’archevêque, Mgr Darboy, Cluseret réussit à gagner Genève où, après avoir tenté d’influencer les sections de l’AIT qu’il soutint dans leur opposition au congrès de La Haye, il se tourna vers les milieux radicaux et collabora au Petit Genevois de G. Favon. Il fut également actif dans les milieux de la proscription française, et fit notamment paraître un Manifeste adressé aux travailleurs à l’occasion du procès Bazaine (3 p. in-12, slnd). Il co-rédigea de même avec Charles Ferdinand Gambon un Bulletin de la Commune, dont 9 livraisons au moins parurent en 1875.

Cluseret quitta Genève vers la fin du mois de septembre 1877. Jusqu’en 1880 – il bénéficia de la remise de sa peine le 12 juillet 1880 – il mena une vie errante. On le crut successivement à Sofia, Constantinople, Salonique. De retour en France, il donna un article à La Commune du 1er novembre 1880 intitulé « À bas l’armée de Cissey ! » qui lui valut, en appel, le 25 janvier 1881, deux ans de prison et 3 000 francs d’amende. Il fit défaut et se réfugia à Constantinople. Il revint en 1884. Il faisait alors de la peinture et exposa. Il s’essaya également à la céramique. Quelques années plus tard, en 1888, il fut élu député socialiste du Var, deuxième circonscription de Toulon. À cette époque, Le Figaro le présentait ainsi (11 décembre 1888) :

« Militaire, le “général” Cluseret en a toute l’allure. De haute taille, les épaules larges, d’une constitution de fer, il est encore vert et droit, malgré ses soixante-cinq ans. On reconnaît de suite en lui un de ces hommes bâtis pour vivre un siècle. La tête est forte, le front large, sillonné de rides, des cheveux blancs, coupés presque courts, le regard perçant, les yeux grands, avec une expression vague de douce ironie. »

Cluseret appartint à la commission d’organisation du congrès international ouvrier socialiste qui se tint à Paris en juillet 1889 et fut réélu député en octobre 1889 après avoir fondé La Voix du Peuple pour soutenir sa candidature. Il fut à nouveau élu en septembre 1893 et en mai 1898.

Dès 1893, Cluseret était devenu le collaborateur de La Libre Parole d’Édouard Drumont, et celui-ci écrivit en 1893 à propos de ce « révolutionnaire cosmopolite qui finit comme un bon Français » : « On m’aurait bien étonné, au temps où je combattais la Commune, si l’on m’avait dit que j’aurais Cluseret comme collaborateur. »

Le 15 novembre, Cluseret s’attaquait à Guesde, Vaillant et leurs amis, « batraciens de la fange pâteuse ». Le 5 juin 1896, Drumont publia une lettre de Cluseret dont il avait supprimé les passages trop violents, lettre dans laquelle Cluseret s’élevait contre les « doctrines juives-allemandes » et affirmait : nous restons « patriotes et socialistes ». Bien entendu, Cluseret se montra antidreyfusard. Lorsqu’il mourut, il fut salué en ces termes par un rédacteur du journal : « C’est avec un réel regret que nous voyons disparaître ce vieux républicain qui, en toutes circonstances, lutta pour la République vraiment nationale, et qui toujours réclama avec nous la France aux Français. »

Il est difficile de juger avec équité un tel personnage. Edmond Lepelletier, dans son Histoire de la Commune de 1871, l’a tenté et son opinion semble pouvoir être retenue :

Durant la Commune, « malgré une expérience indiscutable et des qualités d’organisateur, et même de tacticien, remarquables, il demeura, durant le temps relativement long où il exerça le commandement, au-dessous de la tâche qu’il avait acceptée avec empressement, après l’avoir ardemment briguée » (t. III, p. 199).

D’une façon plus générale, il le définit ainsi :

« Maître-Jacques au service des pays en insurrection. Cosmopolite et ondoyant, il changea souvent d’uniforme et même de nationalité. On ne saurait dire avec justesse qu’il changea aussi d’opinions, car il n’en eut jamais, de personnelles tout au moins. En bon condottière, il avait celles que son épée soutenait, et pendant le temps qu’elle les soutenait. [..] Son existence hasardeuse et mouvementée fut une succession de luttes pour parvenir, d’ascensions rapides et de dégringolades précipitées. Une existence de montagnes russes, comme a dit plaisamment Henri Rochefort en parlant de lui-même » (t. III, p. 194).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159749, notice CLUSERET Gustave, Paul [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 10 juin 2014, dernière modification le 2 avril 2019.

Par Michel Cordillot

Gustave Cluseret
Gustave Cluseret

ŒUVRES : Cluseret a collaboré à de très nombreux journaux ; ses œuvres sont également nombreuses. On retiendra entre autres : L’Ami du peuple, journal en coopération. Prospectus, Paris, impr. de Walder (1869), in-4°, 4 p., Lc 2/3199. — Lettre du général Cluseret à Gambetta, 27 janvier 1871. Paris, Impr. de Berthelemy (s. d.), in-fol. 2 p., Lb 57/1098. — Bulletin de la Commune, sous la direction de Cluseret, Gambon, Fesneau, brochures publiées en exil après la Commune (quelques numéros sont conservés aux Arch. PPo., Ba/1015 et 1016. — Mémoires du général Cluseret, Paris, J. Lévy, 1887-1888, 3 vol. in-18, Lb 57/9367. — Le Général Boulanger, Paris, J. Lévy, 1888, 16° Ln 27/70396

SOURCES : Les archives personnelles de Cluseret ont été proposées à la vente vers 1972. Le catalogue détaillé de cet ensemble considérable préparé par la Librairie Coulet et Faure (catal. n°123) constitue un instrument de travail indispensable pour mieux connaître les faits et gestes de Cluseret et l’évolution de sa pensée. On y trouve décrites des lettres de Mazzini, Garibaldi, Cl. Pelletier (10 lettres entre 1867 et 1876), Ch. L. Chassin, Flourens, Varlin, A. Guépin, F. Pyat (environ 40 lettres entre 1873 et 1895), La Cécilia, G. Ranvier, Élisée Reclus, Ch.-F. Gambon, A. Duportal, H. Rochefort, J. Guesde (10 lettres entre 1876 et 1890), J. Joffrin, et de très nombreux autres. À noter aussi qu’un important dossier de pièces manuscrites et autographes de Cluseret, ou intéressant ce dernier, a été vendu la même année par la librairie J.-J. Magis, dans son catalogue consacré à la Commune de Paris, l’Association Internationale des Travailleurs,… (Paris, 1972), n° 227 et suivants. — Arch. Nat., BB 24/855, n° 1775. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil. — Arch. Dép. Var, 10 T 3/4 (La Voix du Peuple). — Arch. PPo., Ba/1015 (1870-1874) et 1016 (1875-1900). — Bulletin de l’Union républicaine, 15 novembre 1869, 15 juin 1870. — L’Égalité (Genève), 18 décembre 1872. — La Libre Parole, 30 août 1893, 23 août 1900 entre autres. — G. Bourgin, G. Hanriot, Procès-Verbaux de la Commune de 1871. Édition critique, 2 vol, Paris, Leroux, puis Lahure, 1924 et 1945. — A. Landy, « À French Adventurer, and American Expansionism after the Civil War », Science and Society, 1951, n° 4. — La Révolution de 1848, t. 21, pp. 197-200 (lettre de Cluseret à Louis Blanc, 23 février 1871). — Hubert Perrier, Idées et mouvement socialistes aux États-Unis, 1864-1890, Thèse d’État, Université Paris VIII, 1984. — Charles Clerc, Les Républicains de langue française aux Etats-Unis, 1848-1871, Thèse, Univ. Paris XIII, 2001, p. 302. — Braka, Florence, Gustave Cluseret : De l’Internationale au nationalisme - 1823-1900, thèse soutenue le 5 novembre 2016, à Paris 4. Publiée en 2018 sous le titre L’Honneur Perdu du Général Cluseret, Hemisphères, 320 p.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., B a/1015 et album 286/43. — G. Bourgin,La Guerre de 1870-1871 et la Commune, Paris, Éditions nationales, 1939, p. 322. — Jean Bruhat, Jean Dautry, Émile Tersen, La Commune de 1871, Paris, Éditions sociales, 1970, p. 229.

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