CLÉMENT Félix [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Mineur ; militant anarcho-syndicaliste, puis socialiste et syndicaliste-révolutionnaire ; trésorier de la section du PSA de Johnston City (Illinois) et membre du bureau exécutif de la Fédération de langue française, puis administrateur de l’organe de la Fédération, Germinal ; libre-penseur militant, organisateur de plusieurs baptêmes républicains.

Émigré aux États-Unis sans doute à la suite d’une mise à l’index, Félix Clément travaillait en 1907 dans une mine de Pana (Illinois). Sympathisant anarcho-syndicaliste, il figura parmi les souscripteurs désireux de venir en aide à Benoît Broutchoux, alors emprisonné.

Félix Clément fut abonné à L’Union des travailleurs en 1912 par Auguste Larondelle (voir ce nom). Il travaillait alors à Johnston City (Illinois). Lecteur dévoué et généreux de ce journal, il vendit à son profit plusieurs dizaines de cartes postales et de gravures.

Libre-penseur convaincu, Félix Clément fut au printemps 1912 le co-organisateur (avec Charles Titrant) du « baptême anti-clérical » du fils de Louis Divrechy (voir ce nom). Au cours de la fête qui suivit, des chansons socialistes furent entonnées en chœur et une collecte fut effectuée au profit des grévistes de Lawrence (Massachusetts) ; celle-ci rapporta la somme de 9 dollars. En avril 1914, il participa de même au baptême socialiste de la fille du camarade Cloutz et rédigea pour le journal un compte-rendu de cet événement. En octobre de la même année, le baptême rouge chez le camarade E. Delcourt fut cette fois suivi d’une collecte pour les victimes de guerre.

Félix Clément avait gardé une sensibilité syndicaliste révolutionnaire qui le fit s’impliquer activement dans la mobilisation au bénéfice des militants des IWW, Joe Ettor et Arturo Giovannitti fin 1912. En octobre 1914, il était membre du bureau de la section socialiste couvrant les localités de Christopher et de Johnston City. Bien qu’ayant été victime quelques jours auparavant d’un accident à la mine, il figurait en décembre 1914 sur la liste des candidats au bureau exécutif provisoire de la Fédération de langue française. Fin novembre 1914 celle-ci comptait 487 membres à jour de cotisations et il fallait pour qu’elle soit reconnue par le PSA que le nombre de 500 adhérents soit atteint avant la fin de l’année.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale ne tempéra pas l’engagement militant de Félix Clément. Élu responsable à l’organisation de sa section socialiste en février 1915, il fut plus spécialement chargé en octobre de faire de la propagande pour relancer la diffusion de l’Union des travailleurs, dont le déficit avait dépassé la barre des 500 dollars. Il plaça autour de lui plusieurs abonnements, et il trouva aussi quelques nouveaux lecteurs pour le journal anglophone que publiait Louis Goaziou, The Union Worker. Ayant remporté le premier prix au concours d’abonnement, il organisa une tombola en remettant en jeu son lot et récolta 2,80 dollars au profit de L’Union des travailleurs.

Élu trésorier de la section de Johnston City, Félix Clément fut appelé à ce titre à vérifier la comptabilité de la Fédération de langue française avec deux autres militants. Il fut élu fin août 1916 membre du Bureau exécutif de la Fédération socialiste française. Vicime de la marche des événements en Europe, celle-ci n’avait plus que 122 dollars en caisse et ne comptait plus que 5 sections vraiment actives.

Félix Clément était toujours membre de la Fédération socialiste française en 1922. Il demeurait alors 205 South Benton street à Johnston City (Illinois). Il occupait la fonction d’administrateur de l’organe de la Fédération, Germinal.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159748, notice CLÉMENT Félix [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 10 juin 2014, dernière modification le 10 juin 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : L’Action syndicale, 5 décembre 1907. — L’Union des travailleurs, 14 mars, 25 avril, 7 novembre 1912, 6 mars, 11 décembre 1913, 8 janvier, 16 avril, 29 octobre, 17 décembre 1914, 18 février, 14 octobre, 2 décembre, 30 décembre 1915, 20 avril, 7 septembre 1916 entre autres. — Germinal, mai 1922.

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