BAYEURTE Louis

Par Claude Pennetier

Né le 23 août 1935 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 14 décembre 2002 à Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne) ; photograveur ; maire communiste de Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne) de 1965 à 2001, conseiller général du Val-de-Marne de 1967 à 1998.

Le père de Louis Bayeurte, Louis, Émile né à Paris (Xe arr.) le 12 mars 1907, était domicilié au Perreux-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) et gérant d’alimentation avec son épouse. Sa profession d’origine était carreleur. Il fut arrêté par un concours de circonstances par une patrouille d’Allemands en déroute et emmené comme otage, le 25 août 1944 avec plusieurs autres personnes alors qu’il était en service commandé pour la défense passive. Il mourut à Mauthausen le 15 mars 1945. Le titre de déporté politique lui fut reconnu le 16 avril 1956. Son fils fut reconnu pupille de la Nation le 8 octobre 1947. Sa mère venait d’une famille originaire du sud de l’Italie. Dans la famille paternelle, on était d’esprit « anarcho-syndicaliste » (les formules entre guillemets viennent de son livre Mémoires rebelles), anticlérical, antimilitariste.

Titulaire du certificat d’études primaires, Louis Bayeurte fut « attiré par l’usine », par l’apprentissage d’un « vrai métier ». C’est donc contre son gré qu’il fréquenta un temps un collège d’enseignement commercial et qu’il fut placé d’autorité dans le commerce. À dix-sept ans, il fit la visite d’un atelier de photogravure offset : « ce fut le coup de foudre », il entra dans une imprimerie et fit son apprentissage sur place. Il suivit des cours du soir à l’École Estienne.

Marié avec une couturière, père d’un enfant (le deuxième naîtra pendant le service et un autre plus tard), il fit son service militaire mais sans être envoyé en Algérie. À sa libération, il milita au syndicat CGT du livre. « Admirateur » du Parti communiste dès son adolescence, Louis Bayeurte s’installa à Fontenay-sous-Bois en 1960, et adhéra au PCF en 1961. Six mois plus tard, il devint secrétaire de la section communiste de Fontenay-sous-Bois, puis il entra au comité et au bureau fédéral du Val-de-Marne. Le leader communiste local, Charles Garcia étant tombé dans une dépression qui le conduisit au suicide, le Parti communiste lui demanda à sa grande surprise d’être tête de liste aux élections municipales de 1965. Nouvelle surprise, les partenaires d’union de la gauche acceptèrent pensant que dans tous les cas l’élection était perdue. Sa liste arriva en tête au premier tour, et battit celle du gaulliste Robert-André Vivien au second tour, au bénéfice d’une triangulaire. Il fut élu conseiller municipal communiste de Fontenay-sous-Bois le 21 mars 1965 et maire le 28 mars 1965, à trente ans. Le conseil municipal comprenait quatorze communistes, neuf socialistes, cinq radicaux et trois personnalités républicaines. La victoire de Bayeurte aux élections cantonales de 1967, dès le premier tour (55 % des suffrages) vint renforcer son implantation. Sa liste passa dès le premier tour en 1971. Dans une ville qui était loin d’être socialement favorable à l’influence communiste, il s’affirma comme un maire entreprenant, proche et qui connut des succès comme le passage du RER dans sa ville et la réussite d’une politique culturelle.

La maladie lui avait fait abandonner ses fonctions en 2001. Jean-François Voguet lui succéda à la première magistrature municipale. En juillet 2001, il devint maire honoraire. Le Parti communiste l’avait présenté sans succès aux élections législatives de 1968 et 1973 dans la 7e circonscription du Val-de-Marne face à Robert-André Vivien. « Élégant et modeste », l’homme jouissait d’une grande popularité dans sa ville. Conseiller général du Val-de-Marne de 1967 à 1998, il fut vice-président du conseil général de 1985 à 1998 et s’occupa principalement de la prévention de la délinquance. Passionné de cyclisme, il eut l’idée du grand prix du conseil général du Val-de-Marne et réussit à convaincre les organisateurs du Tour de France de faire étape dans sa ville.

Divorcé, remarié, il mourut en 2002 dans sa ville.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15974, notice BAYEURTE Louis par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 19 septembre 2011.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Mémoires rebelles, avec la collaboration de Michèle Léon, Ville de Fontenay-sous-Bois, 2005.

SOURCES : Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. — Arch. Com. Fontenay-sous-Bois, série K (liste électorale). — Dossiers du secrétariat d’état aux anciens combattants et victimes de guerre (Val-de-Fontenay). — L’Humanité, 16 décembre 2002. — Notes de Jean-Pierre Besse et d’Emmanuel Hagen. — État civil de Paris (XVIIIe arr.).

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