RAVEL Paul, Henri

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Né le 2 février 1904 à Archail (Basses-Alpes-Alpes de Haute-Provence), mort le 4 février 1970 à Nevers (Nièvre) ; surveillant général ; militant syndicaliste ; résistant ; militant socialiste SFIO puis communiste, conseiller général des Hautes-Alpes.

Plaque à Paul Ravel, environs d’Embrun (Hautes-Alpes)
Plaque à Paul Ravel, environs d’Embrun (Hautes-Alpes)

Son père, cultivateur devenu chef cantonnier, mourut pendant les combats de la Première Guerre mondiale. Aîné de trois enfants, pupille de la Nation depuis décembre 1918, Paul Ravel obtint le baccalauréat « Philosophie » en 1923 puis commença à préparer une licence de sciences naturelles tout en étant maître d’internat au lycée de Digne puis répétiteur au collège de Barcelonnette en 1925. Après avoir effectué son service militaire (novembre 1925-mai 1927), il termina l’année scolaire 1926-1927 comme répétiteur au collège de Verdun (Meuse). Il fut renommé à la rentrée d’octobre 1927 dans les Hautes-Alpes comme répétiteur au collège d’Embrun, où il enseignait aussi la gymnastique puis en 1928 au lycée de Gap.

Secrétaire de la section académique de Grenoble du Syndicat national des répétiteurs et répétitrices de collège France et des colonies, lors du XXIe congrès national du syndicat (1er - 4 avril 1928) à Paris, il fut élu secrétaire général adjoint et, en avril 1930, fut chargé de la propagande. Il fut gréviste le 30 novembre 1938 « par solidarité et à contre-cœur » selon les termes de l’Inspecteur d’Académie.

Militant socialiste SFIO, Ravel défendit en 1932 la doctrine du parti contre les néo-socialistes qui acceptaient de soutenir le gouvernement radical de Daladier. On le présentait comme un homme honnête et un militant dévoué qui aida la section des Hautes-Alpes à surmonter la crise de 1932 (voir Ernest Lafont), en s’appuyant sur les fédérations départementales voisines. En 1934, il était secrétaire fédéral adjoint. Devenu secrétaire de la fédération socialiste SFIO en février 1937, il fut délégué au congrès national pour la motion « Redressement » en février 1939.

Ravel se maria en décembre 1930 à Saint-Martin-de-Queyrières (Hautes-Alpes) avec une institutrice au collège d’Embrun. Le couple eut deux enfants.

Mobilisé d’août 1939 à juillet 1940, professeur adjoint au collège d’Embrun à partir de 1941, Ravel fut candidat aux fonctions de surveillant général en 1943. En dépit de son engagement pacifiste passé, il fut résistant. Secrétaire de la fédération socialiste clandestine en 1942-1943, il rejoignit le mouvement Combat en mars 1943 et devint responsable de l’organisation des maquis de l’Armée secrète des Hautes-Alpes. Arrêté par la Gestapo, le 16 mai 1944, il ne fournit aucun renseignement en dépit des tortures subies. Il fut tiré de prison lors de la prise de Gap par les FFI le 20 août 1944.

À la Libération, Ravel déclara avoir adhéré au Parti communiste français dans une lettre à Daniel Mayer, le 26 décembre 1944. Vice-président du Comité départemental de Libération, membre du Mouvement de libération nationale, il fut élu conseiller général d’Embrun en septembre 1945, de justesse avec 11 voix sur son concurrent. Secrétaire du conseil général et rapporteur général du budget, il ne fut pas réélu en 1949.

Adjoint d’enseignement faisant fonction de surveillant général au collège d’Embrun, Ravel, inscrit en 1950 sur la liste d’aptitude aux fonctions de surveillant général, fut nommé surveillant général au collège de Bougie (Algérie) l’année suivante. A partir de 1953, en poste au lycée de garçons de Tournon (Ardèche), muté au lycée Ampère de Lyon, affecté à son annexe de Saxe en 1962, il prit sa retraite en 1965. Il se retira à Digne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159686, notice RAVEL Paul, Henri par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 9 juin 2014, dernière modification le 1er septembre 2018.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Plaque à Paul Ravel, environs d’Embrun (Hautes-Alpes)
Plaque à Paul Ravel, environs d’Embrun (Hautes-Alpes)

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/4020. F/1cIV/151, F17 28563. — Arch. de l’OURS, dossiers Hautes-Alpes. — Les Alpes nouvelles, 28 janvier et 23 septembre 1933. —Le Travailleur des Alpes, 13 octobre 1934. — Le Professeur adjoint, organe du Syndicat national des répétiteurs et répétitrices des collèges de France et d’Algérie, avril, mai 1928, octobre 1930, février 1933. — Notices du DBMOF. — Notes de Louis Botella.

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