OLIVIER (ou OLLIVIER) Joseph, M. [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né vers 1836, mort après 1879 ; employé de bureau, puis commissionnaire en vins et tenancier de saloon ; communard ; réfugié à Londres, puis à New York ; membre de l’AIT et de la Société des réfugiés de la Commune ; membre de la commision de contrôle du Socialiste ; un des principaux animateurs de la fraction blanquiste.

Joseph Olivier fut, sous la Commune, directeur de l’Enregistrement et du Timbre. Il fut condamné par contumace, le 15 janvier 1873, par le 19e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Réfugié à Londres après la Semaine sanglante, Joseph Olivier appartint à la section fédéraliste française de 1871. L’année suivante, il était membre de la « section parisienne de 1872 ». En novembre 1871, lors d’une réunion de la section française, il avait dit représenter l’ex-section parisienne des Batignolles (XVIIe arr.).

Un rapport de Londres, en date du 6 décembre 1873, signala que Joseph Olivier avait quitté cette ville, où il s’était établi comme commissionnaire en vins. Il avait en fait gagné les États-Unis depuis plusieurs mois, et s’était installé à New York où l’on trouve d’abondantes traces de son implication militante dans la fraction blanquiste. Dès avril 1873, Olivier fut en effet élu membre de la commission de contrôle du Socialiste. Durant l’hiver 1873-1874, il se tint en peu en retrait des événements révolutionnaires, participant toutefois avec Edmond Mégy, Jules Mazeau, Jules Thomas et L. Crosse à la tentative de lancer un hebdomadaire intitulé La Revue sociale. Il représenta également la Société des réfugiés au sein du jury d’honneur chargé de trancher le différend entre Mégy et les frères May ; c’est d’ailleurs à son domicile, 15 Wooster street, que se tenaient les réunions de ladite Société. Il était à cette époque connu pour recevoir « des correspondances intéressantes ».

Quelques mois plus tard, alors qu’il avait déménagé pour s’installer 23 sud 5e Avenue, Joseph Olivier fut nommé trésorier du comité constitué à New York pour organiser une collecte au bénéfice des déportés de Nouvelle-Calédonie ; lui-même collecta la somme de 17 dollars 85.

Après le départ d’Edmond Mégy pour Londres, il semblerait qu’Olivier ait exercé une influence considérable au sein de la proscription communaliste de New York. Tenant un bar à bière et vendant du vin en gros, il avait un peu d’argent et était devenu le principal animateur de la Société des réfugiés. C’est d’ailleurs lui qui signa au nom des proscrits, avec Hanser, Lorin, J. Schwab et Leander Thompson le nouvel appel à une collecte nationale au bénéfice des déportés de Nouvelle Calédonie en août 1877.

Joseph Olivier paraît avoir été à l’initiative de la réunion des communistes new yorkais tenue le 31 décembre 1877, à l’issue de laquelle 54 d’entre eux adressèrent une lettre d’encouragement aux membres de la Vieille Icarie à la demande de Sauva. Les signataires, outre Olivier, en étaient les suivants : Atel (d’), Baron J., Barbou L., Basse Ch., Brossard, Bedouch J., Barrier G., Claude, Carrier, Chalain, Clouzot A., Davaillon J., Dubourg, Duffez E., Demeuré, Delaporte, Gaubert C., Grolard J., Guillotel J., Hanser H., Hébert J., Hamon E., Kemp E., Jeaud A., Joal X., Lauer, Leméhauté J., Lelièvre C., Lorin J., Lorenzo M., Lambert J., Le Doré, Mégy E., Martin L., Mazeau J., Menet, Mauro, Normand, Revel, Robinet B., Seguin L., Sturele F., Thomas J., Trésal C., Thill Aug., Vaumal A., van Vloten Ch., van Houdt H., van Derven, Varmol A., Vincent Fred, Vivier J., et Villermain.

L’année suivante, Joseph Olivier collabora au lancement du journal blanquiste La Centralisation ; il fut également nommé vice-président du comité mis en place par la Société des réfugiés de la Commune pour préparer la cérémonie anniversaire du 18 mars à New York ; le 31 août, il était également présent à une réunion de la Société des réfugiés qui se tint à New York, réunion au cours de laquelle Hanser mit Mégy en accusation pour sa grossièreté et ses fanfaronnades.

Sa trace se perd ensuite, sans que l’on puisse dire s’il resta à New York ou s’il rentra en France après l’amnistie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159548, notice OLIVIER (ou OLLIVIER) Joseph, M. [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 6 juin 2014, dernière modification le 6 juin 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Arch. PPo Ba/429 (rapport du n° 20 [Louis Chalain], Londres 21 septembre 1876) et Ba/435 (rapport de New York, 31 juillet 1874). — Arch. Aff. Étr., Corr. polit. des consuls, vol. 41 (consul de New York, 30 août 1877). — Journal officiel de la Commune, 12 mai 1871. — Le Socialiste, Bulletin de l’Union républicaine, passim. — L’Égalité (Paris), 14 avril 1878, citant le New York Herald. — J. Prudhommeaux, Icarie et son fondateur, Étienne Cabet, Paris, Cornély & cie, 1907, p. 531. — M. Cordillot, « Les Blanquistes à New York », Bulletin de la Société d’Histoire de la Révolution de 1848, Paris, 1990.

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