SANIAL Lucien [DELABARRE Lucien, dit SANIAL] [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né en France en 1836 (lieu non précisé dans son acte de décès), mort à Longport, Long Island, le 7 janvier 1927 ; marié et père de famille ; avocat et publiciste ; un des rares Français émigrés aux États-Unis ayant joué un rôle national de premier plan au sein du mouvement socialiste américain durant plus d’un quart de siècle ; contribua à implanter la Chevalerie du travail en France.

De son vrai nom Lucien Delabarre, Lucien Sanial naquit en France en 1836. Ses parents devaient jouir d’une certaine aisance puisqu’il put faire de bonnes études, au cours desquelles il se familiarisa notamment avec les langues étrangères et suivit les cours du philosophe Auguste Comte (mort en 1857). Il travailla ensuite comme rédacteur au Ministère de la marine, puis bifurqua vers le journalisme. En 1863 ou 1864, il fut envoyé aux États-Unis par le journal Le Temps pour couvrir la guerre de Sécession. C’est alors qu’il prit le nom de Sanial. Selon ses dires, il était déjà favorable à cette date à la constitution de la classe ouvrière en parti politique. Sans doute doit-on entendre par là qu’il approuva la décision des signataires du « Manifeste des Soixante » de présenter des candidatures ouvrières aux élections législatives de 1863 (il dira aussi avoir alors été politiquement proche de Proudhon et de Louis Blanc durant sa jeunesse).

Une fois la guerre de Sécession terminée, Lucien Sanial s’installa définitivement outre-Atlantique, exerçant le métier d’avocat pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille (il eut plusieurs enfants de son mariage avec Caroline McClenahan).

Rien n’indique que Lucien Sanial ait pris part à la Commune comme cela a parfois été affirmé. Si l’on excepte une série de conférences sur le socialisme donnée à New York en 1865, ce n’est qu’à partir de l’été 1872 que l’on trouve trace de son activité militante aux États-Unis. Il résidait alors à New York et était membre (ou très proche) de la section américaine n° 9 (anglophone) de l’AIT, aux côtés de Victor Drury. En décembre 1873, il gravitait toujours dans les milieux anti-centralistes de l’AIT et participa à ce titre au mouvement d’organisation des chômeurs à New York. Il fut même désigné comme co-responsable du journal lancé à cette occasion pour populariser le programme ouvrier. En janvier, il participa à la délégation du Comité de salut public qui se rendit auprès du Maire de New York pour protester contre l’interdiction du meeting de Tompkins square et les violence qui en avait résulté. Il représentait encore le CSP lors de la réunion des militants français tenue au Casino le 21 janvier. Se prévalant de sa qualité d’ancien militaire (et non d’ancien communard), il y aurait préconisé la formation de milices armées d’autodéfense.

Après la désagrégation rapide du mouvement des chômeurs au printemps 1874, Sanial fut l’un des rares militants franco-américains à faire le choix de rejoindre définitivement le mouvement ouvrier et socialiste anglophone. Durant l’été 1874, il fut le rédacteur en chef d’un journal socialiste éphémère rédigé en langue anglaise, The Toiler. Bien que bénéficiant du soutien de ce qui restait du conseil fédéraliste de Spring street de l’AIT, cette entreprise tourna rapidement court.

Lucien Sanial adhéra vraisemblablement dès sa fondation en décembre1877 au Socialistic Labor Party (SLP), qui devait rester la principale organisation socialiste américaine jusqu’à la fin du siècle. En 1879, il était déjà l’un des animateurs de la section « américaine » de New York. Son ascension au sein de cette organisation, qui comptait peu de militants non germanophones d’envergure, fut rapide et il en devint l’un des dirigeants les plus connus. C’est également au sein de ce parti qu’il s’initia aux théories marxistes.

A l’automne 1886, Sanial fit également partie (avec De Leon et Vogt) du comité d’organisation de l’United Labor Party dont la création avait été décidée à la suite de la campagne électorale de Henry George (lequel avait failli enlever la Mairie de New York). Après une scission au congrès de Syracuse en août 1887, ce parti disparut rapidement.

En septembre 1888, Sanial fut délégué par la section américaine de New York au congrès de Chicago du SLP convoqué par la tendance de la Volkszeitung. Preuve du rôle qu’il jouait à l’échelon national, Sanial vit le programme dont il était l’auteur adopté par les congressistes (ce même texte fut, à quelques modifications mineures près, réadopté par tous les congrès subséquents du SLP). Après la victoire de la fraction dont il était membre, Sanial se vit attribuer d’importantes responsabilités puisqu’il fut désigné pour prendre en charge la rédaction du Workmen’s Advocate, l’organe officiel du parti en langue anglaise.

Dans les mois qui suivent le congrès de Chicago, le débat sur l’orientation du SLP rebondit, essentiellement à l’initiative de Sanial. Ses écrits tendaient en effet à infléchir les positions officielles du parti en matière d’action électorale. Dans un éditorial en date du 2 novembre 1889 intitulé « Political Action », il écrivait : « Bien entendu, un mouvement ouvrier politique doit se manifester dès que l’organisation économique des travailleurs aura atteint un niveau suffisant de force et d’unité. » Or, pour lui, ce moment était proche. Dans son action pour tenter de donner vie à ce projet de rassemblement unitaire, dont l’objectif était une grande campagne politique à l’image de celle de 1886, Sanial trouva en Daniel De Leon un allié précieux bien que non encore définitivement acquis au socialisme.

Il restait toutefois à convaincre les deux grandes organisations ouvrières de se joindre au mouvement. Sanial était membre à la fois des Knights of Labor (les Chevaliers du travail), seuls capables, selon lui, de syndiquer les travailleurs non-qualifiés et les journaliers agricoles, et, par le biais de la Central Labor Federation, de l’AFL (laquelle avait à ses yeux le double mérite de comprendre un grand nombre d’Unions où les socialistes étaient influents, et de mettre en avant un mot d’ordre unitaire, la journée de huit heures, dont les socialistes s’étaient depuis toujours faits les défenseurs). Pour Sanial, le succès des manifestations du 1er mai 1890 témoignait de la justesse de la campagne menée depuis quelques mois, et rendait impérative « l’organisation immédiate en vue de l’action politique indépendante ».

Une telle prise de position ne pouvait que froisser les syndicalistes. Lors du congrès de l’AFL qui se tint à Detroit en décembre 1890, une violente controverse opposa Gompers à Sanial. Les socialistes furent largement désavoués par les congressistes, et au lendemain de la clôture des travaux, Gompers écrivit à Engels pour lui demander d’arbitrer le différend et de désavouer Sanial.

Au printemps 1891, le Wokmen’s Advocate fut remplacé par un nouvel hebdomadaire, The People, dont Sanial se vit confier la rédaction. Sa vue baissant dangereusement, il céda sa place à De Leon (jusqu’alors rédacteur adjoint) lorsqu’il partit en août assister en qualité de délégué au congrès socialiste international de Bruxelles.

En 1893, faute de pouvoir espérer s’imposer au sein de l’AFL, le SLP tenta de prendre le contrôle de ce qui restait des Knights of Labor. Lors de l’Assemblée générale de 1894 (13-23 novembre), les délégués membres du SLP firent bloc avec James R. Sovereign pour empêcher Terence Powderly de reconquérir la présidence dont il avait été évincé l’année précédente. En retour Sovereign avait promis de nommer Sanial rédacteur en chef du Journal of the Knights of Labor. Mais la promesse ne fut pas tenue, ce qui allait précipiter la crise entre le SLP et les Knights quelque temps plus tard.

Bien que parfaitement intégré aux États-Unis, Sanial était loin d’être indifférent à ce qui se passait en France. En août 1893, il fut délégué au congrès international de Zurich pour y représenter la Central Labor Federation newyorkaise. Sur le chemin du retour, il avait prévu de passer par Paris. Mais il ne s’agissait pas pour lui d’une simple visite familiale, encore moins d’un voyage à vocation purement touristique. Il fit en effet parvenir à la Bourse du travail, rue du Château-d’Eau, une lettre qui fut communiquée aux journaux socialistes dans laquelle il annonçait la tenue d’une conférence le 10 septembre, « afin d’aviser aux moyens pratiques d’établir des relations suivies entre les organisations ouvrières de l’Amérique et celles de France. » L’Intransigeant l’inséra sous le titre « Les Chevaliers du travail ». Cette initiative, préparée de concert avec le secrétaire du syndicat des chemins de fer, Eugène Guérard (qui avait lui aussi assisté au congrès de Zurich) déboucha en réalité sur l’implantation en France de la Chevalerie du travail (fondée officiellement le 23 novembre suivant), dont on sait aujourd’hui le rôle aussi important que discret qu’elle joua dans l’histoire du mouvement ouvrier français. Mandaté comme « organisateur » pour créer l’Ordre en France, Sanial sut s’acquitter de cette tâche et il resta ensuite le porte-parole de la Chevalerie française au sein de l’Ordre. C’est d’ailleurs précisément ce que lui reprochait Engels, qu’il avait rencontré en passant par Londres à l’aller. Aux yeux de ce dernier, il était difficilement compréhensible que Sanial puisse tout à la fois être le principal inspirateur avec De Leon des programmes nationaux et municipaux du SLP, adhérent de l’AFL et membre des Knights of Labor.

Fin 1895, les partisans de De Leon furent exclus de l’Ordre ; un peu plus tôt la même année, la délégation donnée à Sanial par la Central Labor Federation de New York avait de nouveau été invalidée par la commission des mandats du congrès de l’AFL. La tactique de Sanial et de De Leon s’orienta dès lors vers la création de nouvelles organisations ouvrières ouvertement socialistes. Au cours d’un grand meeting tenu à New York le 6 décembre, une invitation fut lancée à tous les syndicalistes progressistes pour qu’ils s’unissent au sein d’un front anti-conservateur. Sanial, qui en fut l’un des orateurs vedettes, s’en prit au trade-unionisme « pur et simple », citant en exemple les socialistes français qui, avec leurs 58 députés, avaient renversé 4 gouvernements et contraint deux Présidents du conseil à démissionner. Peu après naissait la Socialist Trade and Labor Alliance, censée supplanter à terme les syndicats réformistes en combinant action politique et action économique. Cette décision souleva toutefois de vives polémiques, y compris parmi des syndiqués socialistes, qui dans leur grande majorité, souhaitaient rester dans leurs organisations. Ces dissensions aboutirent à une vague d’exclusions qui affaiblit gravement le parti. Son rôle de premier plan lui valut d’être une dernière fois critiqué par Engels, regrettant que « des hommes comme Sanial, qui seraient désuets en France aujourd’hui, [puiss]ent encore jouer un rôle [aux États-Unis]. » (Lettre à Sorge, 16 janvier 1895). En 1896, dans une polémique au vitriol, Gompers traita pour sa part Sanial d’« avocaillon sans clients et sans scrupules ».

Présent au congrès socialiste international de Londres (1896) en qualité de délégué de la Socialist Trade and Labor Alliance of the US and Canada, Sanial se prononça pour l’exclusion des anarchistes (la version française de son rapport sur le mouvement ouvrier aux États-Unis fut publiée par le blanquiste Argyriadès, membre de la Chevalerie du Travail Française, dans l’Almanach de la question sociale pour 1897). À cette époque, il était l’un des orateurs officiels du comité exécutif national du SLP. Il parlait parfaitement l’anglais en dépit d’un fort accent français, et il était surtout un orateur remarquable de présence et de conviction quand il s’adressait à la foule. Candidat du SLP à la Mairie de New York, il recueillit 16 000 voix en 1897. Bien que déjà âgé et aux trois-quarts aveugle, il n’hésitait pas à payer de sa personne en voyageant énormément. En 1898, il se rendit ainsi à l’invitation du Parti socialiste ouvrier du Canada pour donner dans ce pays une série de conférences. Le 2 juin 1900, il prit part à New York à la convention nationale du SLP, dont il fut élu secrétaire. À cette occasion, arguant de son âge et de sa santé, il fit part publiquement aux congressistes de son désir de prendre un peu de distance avec les lourdes tâches dévolues aux membres de la direction du Parti. Il habitait alors à New York, 1180 Boston Road.

Durant toutes ces années, Sanial resta très lié avec la France. Il y comptait de nombreux amis rencontrés à l’occasion des congrès internationaux, parmi lesquels Guesde, qui avait sans doute apprécié le soutien sans équivoque de Sanial à sa prise de position contre l’entrée de ministres socialistes au gouvernement. Plus généralement, les affinités de Sanial avec les militants guesdistes du POF tenaient sans doute au fait qu’ils étaient imprégné de la même culture marxiste dogmatique. En 1900-1901, Sanial collabora d’ailleurs au Socialiste de manière régulière.

Désigné pour assister au congrès international de Paris (23-27 septembre 1900), où il siégea en tant que délégué du SLP (il y vota contre la résolution proposée par Kautsky et eut à ce sujet une joute oratoire avec Jaurès), Sanial arriva en France au début de l’été 1900 et milita activement « comme un délégué permanent », mettant au service des organisations du POF de l’agglomération parisienne « sa parole calme et incisive, nourrie de faits et pleine d’enseignement ». Il parcourut, deux mois durant, la banlieue parisienne et la province. Son éclectisme le fit parler à Dreux aux côtés d’Eugène Fournière. Il y évoqua les divisions socialistes en Amérique afin de mieux faire ressortir la nécessité de l’union socialiste en France. Il assista également au 18e congrès national du POF à Ivry les 20 et 21 septembre 1900. Un mois plus tard, il était toujours en France, puisqu’il prononça un discours à l’occasion d’une réunion organisée salle Vauthier. Un motion célébrant « l’étroite union qui doit relier à travers l’Atlantique les prolétariat des Deux Mondes » fut à cette occasion votée dans l’enthousiasme.

Début 1901, Sanial était de retour aux États-Unis et il présida à New York le meeting du 1er mai. Quelques semaines plus tard, il fut désigné par son parti pour répondre à la convocation, par les socialiste debsiens, d’un « congrès d’unité » ; mais au dernier moment, il fut remplacé par De Leon, « par suite d’une maladie survenue dans sa famille ».

S’agissait-il en réalité d’un signe avant-coureur de disgrâce ? Sanial allait en effet bientôt être acculé à démissionner du Parti pour avoir été l’un des protagonistes d’une tentative rocambolesque de déplacer le siège du comité exécutif national du parti à Pittsburg, « centre logique » du socialisme aux États-Unis. Il s’agissait en fait de rompre avec la spirale des exclusions et des excommunications en série exigées par De Leon, dont le sectarisme avait pris un tour pathologique. Le 18 août 1902, Sanial démissionna publiquement du SLP. Il s’efforça durant quelque temps de donner vie au Logical center, qui aspirait à se situer entre le SLP et le Socialist Party de Debs en se fixant pour but « d’éduquer le mouvement socialiste américain — à l’image du Parti ouvrier de France » ; mais l’échec fut rapide. Le 20 octobre suivant, joignant sa voix à celles de contestataires qu’il avait contribué à faire exclure, il signa conjointement avec 31 autres ex-membres du SLP un texte protestant contre « l’inquisition dans le Parti ». Si l’on en croit le témoignage du vétéran Charles Corregan, son départ fut l’un des seuls à avoir profondément affecté Daniel De Leon, qu’il avait contribué à familiariser avec les œuvres de Marx.

L’adhésion de Sanial au PSA de Debs fut prématurément annoncée dans quelques journaux conservateurs en janvier 1903. En fait, il assista fin février à une conférence réunissant tous les dissidents du SLP ; si la question de l’adhésion au PSA fut bien évoquée, il fut toutefois résolu de proposer la création d’un nouveau parti socialiste, qui se fixerait pour but de rassembler tous les socialistes. Cette tentative fut de nouveau un échec, et quelques mois plus tard Sanial rejoignit effectivement le PSA. Il resta toutefois en correspondance avec certains dirigeants du SLP. Il ne renia pas ses idées marxistes, mais ne mentionna jamais plus le nom de De Leon.

Après son départ du SLP, Sanial ne parut plus guère sur la scène politique. En 1906 il donna deux conférences publiques à Philadelphie, et l’année suivante, il fut le principal orateur lors de la célébration de la Commune au Lyceum de cette même ville. Durant la campagne présidentielle américaine de 1912, on le vit encore paraître à la tribune lors d’un meeting monstre tenu à New York en faveur de la candidature Debs, afin de témoigner son soutien à ce dernier. Sanial continua toutefois de jouer un rôle au sein des instances du PSA jusqu’en 1915 au moins : membre de la commission nationale sur « les banques, le crédit bancaire et le système monétaire des États-Unis », il présenta le 9 mai de cette année-là un rapport devant le comité national du Parti réuni à Chicago.

L’échec des socialistes à prévenir l’éclatement de la Première Guerre mondiale fut dramatique pour Sanial. À l’instar de nombreux socialistes européens, en particulier ses amis guesdistes, il refusa d’adopter une position anti-interventionniste. Répondant à l’invitation de Samuel Gompers, il était présent avec plusieurs autres dirigeants socialistes à la conférence des représentants ouvriers qui s’ouvrit à Saint Paul (Minnesota) le 8 septembre 1917 pour affirmer le soutien à la politique guerrière du président Wilson et la loyauté des ouvriers américains envers leur pays et le camp allié. Cela lui valut d’être publiquement pris à partie et dénoncé par son ancien camarade et ami Arnold Petersen, alors secrétaire national du SLP.

Durant les dernières années de sa vie, Lucien Sanial, désormais veuf et aveugle, ne pouvait plus sortir de chez lui sans l’assistance d’un de ses enfants ou d’un ami. Il mourut dans sa maison de Northport, Long Island, le 7 janvier 1927, à la veille de célébrer son 92e anniversaire. À la demande de la famille, les funérailles se déroulèrent dans l’intimité. Bien que depuis longtemps à l’écart d’un mouvement auquel il avait voué sa vie, sa notoriété était encore suffisamment grande pour que le New York Times annonce son décès, tandis que le Weekly People lui consacrait une longue rubrique nécrologique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159445, notice SANIAL Lucien [DELABARRE Lucien, dit SANIAL] [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 4 juin 2014, dernière modification le 4 juin 2014.

Par Michel Cordillot

ŒUVRES :The True American Policy : Protect Labor ; An Address to the Working Men, by the editor of America, to Which are Appended Statements, NYC, National Chamber of Industry and Trade, 1882. — The Socialist Alamanac and Treasury of Facts, New York, Socialistic Co-operative Association, 1898. — I. Taxation ; II. Genesis of Religion ; III. The SLP Vote in Greater New York, NYC, Natl Exec. Center SLP, 1899. — I. Territorial Expansion ; II. Growth of Socialism in America, NY, Socialistic Co-operative Publishing Association, 1899. — General Bankruptcy or Socialism. Facts and Figures Heretofore Withheld from the Public Eye, NYC, The Cooperative Press, 1913. — Report of Lucien Sanial, as a member of the committee on banking, brank credit, currency and monetary systems of the United States to the National Committee of the Socialist Party, in meeting assembled at Chicago , Ill., on May 9th, 1915, sl [Chicago, éd. du PSA], 1915, 7 p. — Préface à l’édition américaine de F. Engels, Socialism : From Utopia to Science, 1892. — Préface et notes à l’édition américaine de K. Marx, Value, Price, and Profit, NY, 1901. — Préface et notes à l’édition américaine de K. Marx, The Paris Commune, New York, 1902.

SOURCES : The Weekly People, 29 janvier 1927, 26 avril 1941 — New York Times, 8 janvier 1927. — L’Union des travailleurs, Charleroi, Pennsylvanie, 1901-1913, passim. (le dernier article de Sanial dans ce journal parut le 7 janvier 1915). — John W. Leonard (ed.), Who’s Who in America, Chicago, Marquis, 1901. — Samuel Gompers, Seventy Years of Life and Labor, New York, 1925. — Ella Reeve Bloor, We Are Many, New York, 1940. — Howard H. Quint, The Forging of American Socialism, New York, 1953. — Maurice Dommanget, La Chevalerie du travail française, Lausanne, éd. Rencontre, 1967. — Morris Hillquit, History of Socialism in the United States, 5e éd. revue, New York, 1971. — Carl Reeve, The Life and Times of Daniel De Leon, New York, Humanities Press, 1972. — Hubert Perrier, Idées et mouvement socialistes aux États-Unis, 1864-1890, Thèse d’État, Université Paris VIII,1984. — Michel Cordillot, « Les Blanquistes à New York », Révolutions et mutations, n°6, 1990.

ICONOGRAPHIE : The Weekly People, 29 janvier 1927, 26 avril 1941.

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