Née le 29 avril 1926 à Strasbourg (Bas-Rhin), morte le 28 juillet 2018 à Strasbourg ; militante de Peuple et Culture, des APF, du PSU à Mulhouse (Haut-Rhin), psychanalyste, universitaire, écrivain à Strasbourg.

Charlotte Herfray vers 20 ans (L’Alsace)
Mariage avec Robert Moussay en 1947 (Alsace)
Avec Lucien Herfray
Charlotte Herfray en 2013 (photo de Jean-Marc Loos)
Charlotte Barthel est née à Strasbourg d’une mère, protestante, danseuse, puis serveuse, puis vendeuse. Elle a été élevée par sa grand-mère, Émilie Karstner, d’origine luxembourgeoise dans un village de Moselle entièrement catholique où les enfants croyaient que les protestants avaient des queues. Revenue à Strasbourg, elle fut prise en charge par une tante dont le mari, cheminot aux ateliers de Bischheim (Bas-Rhin), militait au Parti communiste.
En 1936, sa mère épousa Hanhart, réfugié sarrois depuis 1935, représentant de commerce. La famille s’établit à Metz (Moselle), où Charlotte entra au lycée de jeunes filles en 5e. En 1940, ils se réfugièrent à Royan (Charente Inférieure), où Hanhart mourut, et où, avec sa mère, elle fréquenta le collège et passa le baccalauréat Après son retour à Metz en 1945, elle travailla à la préfecture de la Moselle avant d’épouser en 1947 son ancien camarade du collège de Royan, Robert Moussay, et de le suivre à Mulhouse. Le couple eut quatre enfants et Charlotte ne travailla que ponctuellement, mais découvrit l’éducation populaire avec Peuple et Culture au cours d’un stage à Houlgate, la psychanalyse grâce au docteur Frédéric Eck, par ailleurs militant communiste, l’école de Prague et la théorie de la connaissance par les cours de Didier Anzieu.
Derrière Frédo Krumnow, elle s’engagea activement à l’Association populaire des familles (APF) dans le quartier populaire du Brustlein. Comme son mari, elle milita à la Jeune République, puis à l’UGS, enfin au PSU. Après la mort accidentelle de Robert en 1963, elle travailla au CAHR (Comité d’action pour le progrès économique et social du Haut-Rhin). Elle se remaria en 1966 avec Lucien Herfray et rejoignit Strasbourg. Mais son nouveau mari succomba rapidement et Charlotte reprit un emploi à la Chambre patronale du Bas-Rhin dirigée alors par Daniel Hoeffel. Elle avait entrepris des études de psychologie couronnées en 1976 par une thèse de 3ème cycle dirigée par Michel Tardy et Andrée Tabouret-Keller. Elle entra ainsi à la Faculté de Psychologie de Strasbourg en qualité de vacataire, puis de maître assistant, enfin de maître de conférences jusqu’à son départ à la retraite en 1991.
Conférencière et auteur d’ouvrages, Charlotte Herfray gardait une grande activité, notamment l’entrainement mental et la psychanalyse. Depuis 2010, elle avait repris une participation politique au PS.

ŒUVRE : La formation d’adultes, pratiques et théories à partir d’une méthode, l’entraînement mental, thèse de psychologie, Strasbourg 1, 1976. — La vieillesse : Une interprétation psychanalytique, Epi, Desclée de Brouwer, 1991. — Les figures d’autorité : Un parcours initiatique, Eres, 2005. — La psychanalyse hors les murs, L’Harmattan, 2006. — (avec Lucien Israël), La vieillesse en analyse, Eres, 2007. — Emil ou les héritiers sans testament, Bf, Strasbourg, 2008. — Vivre avec autrui…ou le tuer ! La force de la haine dans les échanges humains, Arcanes, Eres, 2009. — Penser vient de l’inconscient : La méthode de l’entraînement mental (avec Pierre Davreux), Eres, 2012.

SOURCES : Entretiens avec Charlotte Herfray, 2013. — Alsace, 16 décembre 2012. — Presse locale. https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/strasbourg-deces-psychanalyste-alsacienne-charlotte-herfray-1521266.html

Odile Fournier, Léon Strauss

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