Née le 29 avril 1926 à Strasbourg (Bas-Rhin), morte le 28 juillet 2018 à Strasbourg ; militante de Peuple et Culture, des APF, du PSU à Mulhouse (Haut-Rhin), psychanalyste, universitaire, écrivain à Strasbourg.

Charlotte Barthel est née à Strasbourg d’une mère, protestante, danseuse, puis serveuse, puis vendeuse. Elle a été élevée par sa grand-mère, Émilie Karstner, d’origine luxembourgeoise dans un village de Moselle entièrement catholique où les enfants croyaient que les protestants avaient des queues. Revenue à Strasbourg, elle fut prise en charge par une tante dont le mari, cheminot aux ateliers de Bischheim (Bas-Rhin), militait au Parti communiste.
En 1936, sa mère épousa Hanhart, réfugié sarrois depuis 1935, représentant de commerce. La famille s’établit à Metz (Moselle), où Charlotte entra au lycée de jeunes filles en 5e. En 1940, ils se réfugièrent à Royan (Charente Inférieure), où Hanhart mourut, et où, avec sa mère, elle fréquenta le collège et passa le baccalauréat Après son retour à Metz en 1945, elle travailla à la préfecture de la Moselle avant d’épouser en 1947 son ancien camarade du collège de Royan, Robert Moussay*, et de le suivre à Mulhouse. Le couple eut quatre enfants et Charlotte ne travailla que ponctuellement, mais découvrit l’éducation populaire avec Peuple et Culture au cours d’un stage à Houlgate, la psychanalyse grâce au docteur Frédéric Eck, par ailleurs militant communiste, l’école de Prague et la théorie de la connaissance par les cours de Didier Anzieu.
Derrière Frédo Krumnow*, elle s’engagea activement à l’Association populaire des familles (APF) dans le quartier populaire du Brustlein. Comme son mari, elle milita à la Jeune République, puis à l’UGS, enfin au PSU. Après la mort accidentelle de Robert en 1963, elle travailla au CAHR (Comité d’action pour le progrès économique et social du Haut-Rhin). Elle se remaria en 1966 avec Herfray et rejoignit Strasbourg. Mais son nouveau mari succomba rapidement et Charlotte reprit un emploi à la Chambre patronale du Bas-Rhin dirigée alors par Daniel Hoeffel. Elle avait entrepris des études de psychologie couronnées en 1976 par une thèse de 3ème cycle dirigée par Michel Tardy et Andrée Tabouret-Keller. Elle entra ainsi à la Faculté de Psychologie de Strasbourg en qualité de vacataire, puis de maître assistant, enfin de maître de conférences jusqu’à son départ à la retraite en 1991.
Conférencière et auteur d’ouvrages, Charlotte Herfray gardait une grande activité, notamment l’entrainement mental et la psychanalyse. Depuis 2010, elle avait repris une participation politique au PS.

ŒUVRE : La formation d’adultes, pratiques et théories à partir d’une méthode, l’entraînement mental, thèse de psychologie, Strasbourg 1, 1976. — La vieillesse : Une interprétation psychanalytique, Epi, Desclée de Brouwer, 1991. — Les figures d’autorité : Un parcours initiatique, Eres, 2005. — La psychanalyse hors les murs, L’Harmattan, 2006. — (avec Lucien Israël), La vieillesse en analyse, Eres, 2007. — Emil ou les héritiers sans testament, Bf, Strasbourg, 2008. — Vivre avec autrui…ou le tuer ! La force de la haine dans les échanges humains, Arcanes, Eres, 2009. — Penser vient de l’inconscient : La méthode de l’entraînement mental (avec Pierre Davreux), Eres, 2012.

Odile Fournier, Léon Strauss

Version imprimable de cet article Version imprimable