BAUDIN Raymond [BAUDIN Maurice, Raymond]

Par Claude Pennetier

Né le 23 janvier 1898 à Paris (XIIIe arr.), mort le 3 juin 1982 à la maison des déportés à Fleury-Mérogis (Essonne) ; ouvrier cimentier ; secrétaire du Secours rouge international ; militant communiste ; maire de L’Haÿ-les-Roses (Seine, Val-de-Marne) de 1935 à 1940, de 1945 à 1947 et de 1953 à 1954, conseiller général, sénateur de la Seine (1958-1959).

Raymond Baudin
Raymond Baudin
Sénat

Raymond Baudin (Beaudin sur l’état civil) passa son enfance rue du Château-des-Rentiers, dans le XIIIe arr. de Paris, où sa mère tenait un débit de boissons. Son père fabriquait des carreaux de plâtre. Il adhéra aux Jeunesses socialistes du XIIIe arr. en janvier 1914 et participa à la campagne des élections législatives d’avril 1914. Il travailla pendant l’été et l’automne 1914 dans une ferme de la Beauce. De retour à Paris, il aida à la reconstitution de son groupe des Jeunesses puis milita au Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI) avant sa mobilisation dans l’infanterie en avril 1917. Il fut libéré au début de l’année 1920. Selon un témoignage, il aurait été prisonnier en Allemagne.

Membre du Parti communiste depuis le congrès de Tours (décembre 1920), Raymond Baudin s’installa à L’Haÿ-les-Roses et devint propriétaire d’un pavillon. Il était ouvrier cimentier, mais, les rapports de police le disaient membre du syndicat unitaire des Métaux. En 1925, Raymond Baudin assurait le secrétariat adjoint de l’Étoile rouge sportive de Chevilly-L’Haÿ et la gérance du journal La Galère. Un rapport signalait qu’il avait pris la parole à l’entrée des usines Citroën le 28 juillet 1931. Il était alors secrétaire permanent appointé du Secours rouge international (SRI), avec Jean Chauvet et André Mercier. Il s’occupait du journal La Défense.

Ses activités dans le cadre du théâtre ouvrier ralentirent pendant quelques années son militantisme politique.

Il s’était marié en 1928 avec une couturière, Marthe Audin, née le 6 avril 1903 à Moulin (Allier) qui d’abord « indifférente » politiquement, devint « sympathisante » et membre du SRI. Le couple eut une fille, Christiane, Raymonde, née le 30 juin 1929 à Paris VIe arr. Sa soeur jumelle mourut à un mois.

Raymond Baudin se présenta sans succès aux élections municipales complémentaires du 30 avril 1934, face à l’équipe socialiste de Louis Pasquier. La liste communiste conquit la mairie le 12 mai 1935. L’assemblée municipale désigna Raymond Baudin aux fonctions de maire. La préfecture de la Seine suspendit le conseil à l’automne 1939 et déchut Baudin de son mandat le 15 février 1940.

Le maire de L’Haÿ-les-Roses était mobilisé depuis le début des hostilités au parc des chantiers de Versailles (22e section de COA). La Sûreté nationale l’arrêta le 6 mars 1940 pour « fabrication et distribution de tracts antinationaux ». Il fut écroué à la prison de la Santé puis évacué le 11 juin 1940 à Périgueux. Il passa en procès dans cette ville et fut acquitté. Revenu à son domicile le 17 décembre 1940, il fut l’objet d’une étroite surveillance policière, car « peu après son retour, il a été soupçonné de tenir des réunions avec d’autres militants communistes, mais ce fait n’a pu être confirmé. Néanmoins, on apprend, dans son entourage, qu’il n’a rien changé de ses opinions extrémistes » précisait la police. Planqué à La Baule, il fut arrêté à Saint-Nazaire avec Lequy de Villejuif, emprisonné à Angers puis Compiègne et déporté à Buchenwald. Sa femme, Marthe Baudin, avait été emprisonnée à la Petite Roquette puis à Libourne.

Raymond Baudin fut réélu conseiller municipal communiste de L’Haÿ-les-Roses le 13 mai 1945 et conserva son mandat jusqu’en 1959. Il fut désigné comme maire le 18 mai 1945 et le 8 mai 1953. Il fut conseiller général de 1953 à 1955, son élection étant annulée à cette date. Le Parti communiste le présenta au Conseil de la République le 8 juin 1958. Élu sénateur de la Seine le 8 juin 1958, en neuvième position sur la liste communiste, il n’eut guère l’occasion de siéger. Aux élections sénatoriales du 26 avril 1959, les premières de la Ve République, il fut relégué à un rang qui ne lui laissait aucune chance, derrière d’anciens députés récemment battus.

La comme de L’Haÿ-les-Roses lui doit l’achat de la roseraie pour en faire un parc communal.

Raymond Baudin se présenta à nouveau aux élections municipales de 1965.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15917, notice BAUDIN Raymond [BAUDIN Maurice, Raymond] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 janvier 2013.

Par Claude Pennetier

Raymond Baudin
Raymond Baudin
Sénat
Fiche de police pendant l’Occupation
Fiche de police pendant l’Occupation

SOURCES : RGASPI, 495 270 452. — Arch. Paris, DM3, versement 10451/76/1 ; D3M3 40. — Arch. PPo. 101. — Arch. Dép. Val-de-Marne, 1K 5, 1 Mi 2426. — L’Humanité, 24 avril 1935. — Bulletin d’information, juin 1932. — Cahiers de l’Institut Maurice Thorez, n° 20, 4e trimestre 1970, « La trempe de l’acier », article autobiographique de Raymond Baudin, p. 88-92. — Notes d’A. Caudron. — G. Blanc-Césan, Les Maires du Val-de-Marne, 1988. — Notes de Jean Maitron. — État civil. — Note de sa petite-fille, Nelly Baldenweg.

ICONOGRAPHIE : Arch. com. Villejuif déposées aux Arch. Dép. Val-de-Marne, 1S33 : Paul Vaillant-Couturier au marbre avec les travailleurs chargés de la composition ; à ses côtés Lucien Sampaix et Raymond Baudin.

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