PIOBETTA Stéphane

Par Alain Dalançon

Né le 22 juillet 1913 à La Roche-sur-Yon (Vendée), tué au combat en mai 1944 à San Appolinare (Italie) ; professeur agrégé de Philosophie ; militant socialiste, résistant.

Stéphane PIOBETTA
Stéphane PIOBETTA

Son père Jean Piobetta, ancien combattant, fondateur de l’Association des mutilés et blessés de guerre en Vendée, devint inspecteur d’académie à Paris, puis inspecteur général de l’Instruction publique chargé de l’enseignement primaire. Sa mère, Louise Etienne, était une Vendéenne.

Stéphane Piobetta effectua ses études secondaires au lycée de La Roche-sur-Yon puis au lycée Clemenceau à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) où son père avait été censeur. Après son baccalauréat (série philosophie) obtenu en 1930, il alla en khâgne au lycée Henri IV à Paris, où son père était censeur. Il y prépara le concours d’entrée à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm qu’il intégra en 1934 (major à l’écrit, quatrième à l’oral). Licencié de Philosophie en 1936, il fut reçu au concours de l’agrégation en 1938 (10e sur 14).

Parallèlement à ses études, Stéphane Piobetta militait, comme son père, au Parti socialiste SFIO. Il effectua de nombreux voyages à l’étranger dans toute l’Europe, en Allemagne, Suède, Danemark, Norvège, Grèce, et en URSS dont il rapporta beaucoup de notes, en particulier sur l’éducation.

Après son succès à l’agrégation, il effectua son service militaire comme élève officier de réserve à l’école de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), dont il sortit sous-lieutenant, et fut affecté au 51e Régiment d’infanterie à Beauvais (Oise). Nommé professeur au lycée de Laon (Aisne) pour la rentrée 1939, il fut maintenu mobilisé en raison de la déclaration de guerre. Chef de section au 51e RI, il accomplit jusqu’au 1er avril 1940 plusieurs missions aux avant-postes. Puis il fut affecté à l’État-major de la 29e Division d’infanterie et participa aux combats du 5 au 11 juin. Replié dans le Sud-Ouest, il fut démobilisé le 1er août 1940.

Ne pouvant rejoindre son poste à Laon en zone interdite, Stéphane Piobetta fut détaché au lycée Voltaire à Paris, puis devint agrégé-répétiteur à l’ENS à partir d’octobre 1941.

Refusant la défaite et l’Occupation, il participa avec le lieutenant René Denis, alias Dautin, à l’un des premiers mouvements de Résistance, « Les Bataillons de la Mort » et à la diffusion de deux journaux clandestins, Quatorze Juillet (un seul numéro) et Le Coq Enchaîné (septembre 1941 à mai 1942. Recherché par la police, il quitta la France en juillet 1943, pour rejoindre les Forces françaises combattantes en Afrique du Nord, via Barcelone. Quatre mois plus tard, après un court séjour à Alger, Stéphane Piobetta rencontra le général de Gaulle qui lui proposa des fonctions au sein du Comité français de Libération nationale, offre qu’il déclina.

Il fut alors chargé, en qualité de lieutenant, de commander la 3e compagnie du 22e Bataillon de marche nord-africain (22e BMNA), près de la côte tunisienne. Il prit part ensuite à la campagne d’Italie, dans la 1ère Division française libre. Le 14 mai 1944, il trouva la mort à San Appolinare, touché par des éclats d’obus.

D’abord inhumé au cimetière divisionnaire de San Giorgio (Naples), son corps fut ensuite transféré à la demande de la Fédération de l’éducation nationale (FEN), dans la crypte de la Sorbonne à Paris, aux côtés de ceux de neuf autres « universitaires » morts au combat ou en déportation et de six lycéens fusillés. Dans les années 1940-1950, à l’occasion du congrès annuel de la FEN, au moment des vacances de la Toussaint, une délégation venait se recueillir sur ces tombes.
Sa famille était alors domiciliée 30 avenue Gallieni à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine).

Stéphane Piobetta était titulaire de la Croix de Guerre 1939-1945 (4 citations), de la médaille de la Résistance, et fut fait Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 20 novembre 1944 et chevalier de la Légion d’honneur.

Son nom a été donné à une place du 14e arrondissement de Paris et à un collège public de La Roche-sur-Yon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159075, notice PIOBETTA Stéphane par Alain Dalançon, version mise en ligne le 23 mai 2014, dernière modification le 31 octobre 2018.

Par Alain Dalançon

Stéphane PIOBETTA
Stéphane PIOBETTA

OEUVRE : Avec Jean Balibar et al. Le Mouvement pédagogique à l’étranger, URSS et Tchécoslovaquie, Hermann, collection Actualités scientifiques et industrielles, essais philosophiques (travaux de l’ENS), 1938. — Kant. La Philosophie de l’histoire, introduction et traduction, avec un avertissement de Jean Nabert, Aubier, 1947.

SOURCES : Chancellerie de l’ordre de la Libération. — Arch. FEN.

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