PIGNON Édouard

Par Anysia L’Hôtellier

Né le 12 février 1905 à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais), mort le 14 mai 1993 à La Couture-Boussey (Eure) ; artiste-peintre, céramiste, créateur de décors et de costumes de théâtre, militant communiste, résistant.

Édouard Pignon vit le jour le 12 février 1905 à Bully-les-Mines, dans le Pas-de-Calais. Son père, Lucien Pignon, était mineur de fond, comme l’étaient ses ancêtres depuis trois siècles dans la région. Membre du Parti socialiste, son père participa aux luttes politiques et aux grèves des mineurs. Sa mère, Estella Allart, issue d’une famille d’ébénistes du faubourg Saint-Antoine, était venue s’installer dans la région après la Commune de Paris. Ils eurent trois fils et deux filles. En 1912, Pignon entra à l’école communale, ses dessins furent appréciés dès cette époque. Durant la Grande Guerre, il passait ses journées dans le café que tenait sa mère. Il y côtoyait les nombreux soldats qui montaient et descendaient du front situé à quelques kilomètres. L’un d’entre eux fit son portrait aux crayons de couleur. Stupéfait par la « puissance magique » de l’art (Quête de la réalité), le jeune garçon était fasciné, son envie de devenir peintre fut décuplée. Pour faire face au quotidien, une fois son certificat d’études obtenu, Pignon dut s’engager à la mine comme « galibot » en 1919. L’année suivante, il se fit manœuvre dans le bâtiment puis cimentier-plafonneur. Parallèlement, il lisait beaucoup tout en s’essayant à la peinture et à la gravure. Il s’inscrivit en 1922 à un cours de dessin par correspondance. Il copiait des cartes postales ou tout ce qui lui tombait sous la main et utilisait son frère comme modèle. Incorporé en 1925 dans l’aviation, Pignon fit son service militaire en Syrie pendant la guerre du Djebel druze. S’étant déclaré dessinateur, il se vit affecté à l’atelier de photographie au camp de Rayak. De retour à Marles, il retourna à la mine puis travailla à la construction des chevalements. À cette période, il commença à peindre à l’huile des portraits de ses proches.

En 1927, Pignon quitta le nord de la France et s’installa à Paris avec Aline Lancial qu’il venait d’épouser (ils auront deux enfants ensemble). Il fut embauché quelque temps chez Citroën comme ouvrier spécialisé, puis il devint pointeur à la Société des Téléphones. Après son travail, il peignait des autoportraits, des natures mortes et des paysages des bords de Seine. Il en profitait aussi pour visiter les musées et les expositions. L’art moderne l’attirait, il était fasciné par Cézanne, Picasso, Matisse ou encore Fernand Léger. Pour la première fois, il assista en 1927 à une réunion politique au Vel’d’Hiv. Il s’agissait d’une manifestation de soutien à Nicola Sacco et à Bartolomeo Vanzetti. Plus tard, tout en continuant à travailler, Pignon s’inscrivit à l’école du soir du boulevard Montparnasse, au sein du cours d’André Auclair. Il suivit également des cours du soir de sculpture et de dessin dispensés par Robert Wlérick et Henry Arnold. Il rencontra là-bas les peintres Georges Dayez et Antoine Irisse qui devinrent ses amis. Avec Dayez, il participa aux rencontres d’artistes organisées par la revue Monde d’Henri Barbusse, où ils rencontrèrent le peintre Arpad Szenes. Édouard Pignon suivait également les cours de littérature, de philosophie et d’économie politique de l’Université ouvrière, notamment ceux de Paul Nizan et de Georges Politzer. En 1931, grâce à Auclair, il fut embauché chez Renault comme chef d’équipe. Il adhéra la même année à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) au cours d’un meeting. À partir de 1932, il participa aux activités de l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR) où il rencontra de nombreux peintres, notamment Jean Hélion, Auguste Herbin, Gruber, André Marchand, Maurice Estève, Manessier, Vieira da Silva, mais aussi des écrivains comme Louis Aragon et Malraux.

La mine, les usines et les meetings l’inspiraient et retentissaient dans ses toiles. Il exposa en 1932 pour la première fois, au Salon des indépendants. Au milieu de ces années 1930, son frère cadet, Lucien, lui présenta un ami rencontré au service militaire : André Fougeron. Édouard et lui devinrent amis et partagèrent le goût des arts et le goût de l’engagement politique. Au sein de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, Pignon fut l’un des membres fondateurs de la section « Arts plastiques ». Il fut aussi l’un des militants les plus actifs de l’Association des plasticiens de la Maison de la Culture. En 1932, il participa à la création et aux activités du groupe des Indélicats qui publia une revue anarchiste. Édouard Pignon et les artistes du groupe comme Maurice Estève, Roger Falck, Georges Ort, Adrien Cumora, Gisèle Delsine, Louis Féron, André Fougeron, Marcel Debarbieux ou encore Gabriel Robin abordaient dans leurs oeuvres les thèmes sociaux du chômage, des élites, de la colonisation ou bien encore de la guerre. Il adhéra en 1933 au Parti communiste français. Suite à cet engagement, Pignon fut mis à pied par ses employeurs de l’usine Renault. Inscrit sur une « liste noire », il vécut une longue période de chômage dans des conditions difficiles. En 1934, il participa avec les artistes et écrivains de l’AEAR à la manifestation du 12 février, en réponse à la manifestation antiparlementaire du 6 février. En 1935, son ami Georges Dayez le fit embaucher dans l’atelier de lithographie de cartes postales de son père, Pignon put alors quitter son poste épuisant de manœuvre dans une fabrique de démarreurs.

À partir de 1935, Pignon put se consacrer davantage à la peinture. En 1936, dans le contexte de la guerre d’Espagne, il peignit une toile intitulée Les Fusillés, Hommage aux mineurs des Asturies. Cette année-là, il peignit également son premier Ouvrier mort, inspiré par le coup de grisou qui endeuilla la mine de La Clarence en 1912 (catastrophe qu’il avait vécu de près lorsqu’il était enfant). Le 14 juillet 1936, pour la première de la pièce Quatorze Juillet de Romain Rolland, il exposa avec Picasso, Matisse, Braque, Léger, Jean Lurçat, Laurens dans le hall du Théâtre de l’Alhambra où fut jouée la pièce. Ce fut à cette occasion qu’il rencontra Picasso. Ce dernier prit son parti et celui des jeunes peintres au cours d’une violente discussion qui opposa Pignon à Léger. Pour la grande manifestation du Front populaire à la Bastille, Pignon réalisa un immense portrait de Robespierre. De 1936 à la guerre, il fut illustrateur et metteur en pages de l’hebdomadaire communiste Regards. Avec le sculpteur Henri-Georges Adam, il joua comme figurant dans la troupe de Raymond Rouleau, puis avec Charles Dullin. En 1937, Pignon participa à l’exposition « 50 peintres du temps présent », aux côtés de Bazaine, Gromaire, Tal Coat, Tanguy et Jacques Villon.
La même année, Pignon travailla pour l’Exposition internationale des Arts et Techniques de Paris à la décoration du pavillon des Anciens Combattants.

Soutenu par André Lhote, Pignon présenta sa première exposition personnelle en 1939, à Paris, à la Maison de la culture, rue d’Anjou. Elle fut présentée par Marcel Gromaire. Mobilisé dans l’aviation à Villacoublay, Pignon, après une retraite jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, fut démobilisé et rentra à Paris en septembre 1940. Dès son retour, il s’engagea dans la Résistance par l’intermédiaire de René Blech.

En mai 1941, Pignon participa, aux côtés de Bazaine, Beaudin, Berçot, Bertholle, Borès, Coutaud, Desnoyer, Gischia, Lapique, Lasne, Lautrec, Legueult, Le Moal, Manessier, Marchand, Suzanne Roger, Singier, Tal Coat et Walch, à l’exposition-manifeste des « Jeunes Peintres de Tradition Française » organisée à la Galerie Braun à Paris. Membre de ce groupe reconnu de la "Jeune peinture", soutenu par la Galerie de France, Pignon pouvait en 1942 se consacrer à son œuvre. En 1943 il participa à l’exposition « Douze peintres d’aujourd’hui » aux côtés de ses amis Bazaine, Léon Gischia, Le Moal, Manessier, Singier et Fougeron. Avec le critique d’art Gaston Diehl et les peintres Adam, Gischia, Le Moal, Manessier, Marchand et Singier, Pignon participa en 1943 à la fondation du Salon de Mai. Pendant ces années noires, il exposa aussi à la galerie Jeanne Bucher, comme Lurçat, Dora Maar, Braque de Staël, Kandinsky, etc.

Avec Édouard Goerg et André Fougeron, il fonda clandestinement en 1943 le Front National des Arts, une branche du Front national, l’organisation de résistance créée en mai 1941. Ils regroupèrent les artistes qu’ils avaient connus entre le Front Populaire et la guerre, à la Maison de la Culture de la rue de Navarin, puis de la rue d’Anjou comme Desnoyer, Montagnac, Walch, Aujame, Lurçat, Maurice Denis, Bersier, etc. Ils étaient en liaison avec le Front National par l’intermédiaire de leurs amis, l’écrivain René Blech, Pierre Maucherat et André Mercier. Grâce à Jeanne Bucher, Édouard Pignon occupait à Boulogne un vaste atelier, celui de Jacques Lipchitz parti pour l’Amérique. Ce lieu devint un lieu de réunion, de passage et d’hébergement, où Aragon et Elsa Triolet logèrent un moment. Prévenu qu’il figurait sur une liste d’otages, Pignon dut quitter cette maison en 1943.

Lors du Xe Congrès du PCF (26-30 juin 1944), Roger Garaudy et Georges Cogniot, membres du Comité Central, présentèrent deux rapports sur la culture et les intellectuels. Roger Garaudy salua l’initiative de certains artistes : « Nos peintres se sont mis au travail (...) Picasso est en train de faire le portrait de Thorez, Pignon celui de Duclos, Fougeron celui de Cachin, d’autres retracent en image la vie de Fabien. (…) La tâche de nos artistes c’est de réaliser l’union de l’art et de la nation ». Plus tard dans son discours, Garaudy s’adressa directement à Pignon et Fougeron, les deux artistes furent présentés comme des modèles.

À l’automne 1944, Édouard Pignon participa, en tant que membre du Comité directeur du Front national des arts, à l’épuration du monde de l’art.

En 1945 et 1946, conseillé par Willy Mucha, Pignon fit un séjour à Collioure ainsi que de longs séjours à Ostende, autant de voyages qui nourirent son art. Retournant fréquemment chez sa mère à Marles, il peignit ensuite Les Mineurs (1948-1952). En février 1946, il participa à l’exposition « Art et Résistance » organisée par le Parti Communiste au musée d’Art moderne à Paris ainsi qu’à « L’École de Paris » à la Kunsthalle de Berne. La même année, il entra au comité directeur de l’Union national des intellectuels. Sa deuxième exposition particulière se tint à la galerie de France. En 1947, il déménagea et s’installa dans le 14e arrondissement de Paris avec Hélène Parmelin (de son vrai nom Hélène Jungelson) avec laquelle il se mariera en juin 1950 et dont il aura un fils, Nicolas, en septembre 1948. En 1947, il se lia avec Jean Vilar qu’il rencontrait régulièrement avec Léon Gischia et Mario Prassinos. Il créa ses premiers décors et costumes pour Schéhérazade de Jules Supervielle que Vilar monta au Festival d’Avignon de 1948. Pignon prit l’habitude de rendre visite, presque quotidiennement durant les années suivantes, à Picasso. Durant l’été 1949, Pignon séjourna en Italie puis pour la première fois à Sanary dans le Var. En 1951, après un premier voyage à Venise avec ses amis Zoran Mušič et Ida Barbarigo, Pignon s’installa durant l’été et une partie de l’hiver chez Picasso à Vallauris. C’est là-bas qu’il entama les études pour son deuxième Ouvrier mort. Cette version monumentale de trois mètres de long dont Picasso dira qu’elle était "le Guernica" de Pignon, juxtaposait la mort et la maternité, dans des tonalités de bleus, gris et bruns. Exposée au Salon de mai de 1952, cette toile fut à la fois critiquée parce qu’elle ne répondait pas à l’esthétique réaliste socialiste que le Parti communiste pronait à l’époque mais aussi parce que le thème et la technique choisis, en pleine abstraction montante, révélaient le souci d’une peinture figurative, consciente des réalités sociales et politiques. Au coeur d’un paradoxe, Édouard Pignon se trouvait doublement à contre-courant. Durant ces années, les arts furent au coeur de vives controverses politiques. Avec Picasso et Léger, Pignon s’opposa aux tenants du réalisme socialiste au sein du PCF.

En 1951, Pignon remporta le prix de peinture de la Biennale de São Paulo. La même année, il créa pour Jean Vilar les décors et costumes de la première pièce de Brecht présentée en France, Mère Courage et ses enfants, avec Germaine Montero et Gérard Philipe, et en 1952 de La Nouvelle Mandragore de Jean Vauthier, avec Gérard Philipe et Jeanne Moreau. Un nouveau séjour de Pignon à Vallauris en 1953 fut à l’origine de L’homme à l’enfant endormi, d’après le souvenir de Paloma Picasso endormie sur ses épaules alors qu’il remontait avec Picasso, en fin de journée, de l’atelier, mais aussi de la série des Nus à l’olivier (1953-1954). Toujours à Vallauris, influencé par Picasso, il réalisa deux cents céramiques sur les thèmes de ses toiles.

En mai 1953, à l’occasion du 70e anniversaire de la mort de Karl Marx célébré par le PCF, il organisa avec Fougeron, Taslitzky et Graciès l’exposition « De Marx à Staline », rue Jean-Pierre Timbaud à la Maison des métallurgistes. 150 artistes y exposèrent des œuvres inspirées du mouvement ouvrier.

En 1956, alors que les troupes soviétiques entraient en Hongrie, l’opposition se faisait de plus en plus manifeste entre le Parti communiste et les intellectuels, et parmi eux Picasso, Édouard Pignon et Hélène Parmelin. Le 22 novembre 1956, un texte signé par dix intellectuels communistes dont Picasso, Édouard Pignon, Hélène Parmelin et Henri Wallon, fut publié dans le Monde et France Observateur. Ils exprimèrent leur désarroi et demandèrent la convocation d’un congrès extraordinaire.

Tout en peignant, Pignon continua de travailler pour le théâtre, notamment en 1956 pour Ce fou de Platonov d’Anton Tchekhov monté par Vilar avec Maria Casarès et Philippe Noiret. À cette époque, il fit de longs et réguliers séjours dans le Midi et rendait souvent visite à Picasso. Durant l’année 1958, il se rendit très régulièrement à Marles pour assister aux combats de coqs qui devinrent un des thèmes centraux de sa peinture jusqu’à la fin des années 1970. Pignon réalisa en 1958 sa première céramique-sculpture, L’homme à la fleur, pour le Pavillon de Paris à l’Exposition internationale de Bruxelles, contestée par la municipalité mais sauvée par l’arbitrage de Jean Cassou, conservateur du Musée d’Art moderne. Sollicité par Malraux en 1960 pour « rénover » le prix de Rome, il démissionna dès le premier jour avec Beaudin, Vieira da Silva, Masson, Soulages et Chastel, devant la toute-puissance de la « tradition » à l’époque.

Édouard Pignon fit partie des signataires intellectuels et artistes de la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », dite « Manifeste des 121 », publiée le 6 septembre 1960.

Durant les années 1960 et 1970, de nombreuses rétrospectives de son œuvre furent organisées, notamment au Musée national d’art moderne de Paris en 1966 (300 œuvres exposées). Parallèlement Pignon, poursuivant ses engagements, exposa dans de nombreuses manifestations contre la guerre du Viêt Nam, la dictature en Grèce ou au Chili, l’Apartheid et le maintien des colonies portugaises. En 1968, il peignit à l’occasion du “Congrès International des Intellectuels” une fresque dans l’entrée du Musée de La Havane, travailla à la préparation, notamment avec Bazaine, Alexander Calder, Jean Cassou, Vercors, de la “Journée Internationale des Intellectuels pour le Viêt Nam” et participa à la création d’une affiche collective avec Picasso, Manessier, Matta, Soulages, André Masson, Paul Rebeyrolle et Victor Vasarely.
En mai 1968, Pignon soutint le mouvement étudiant et créa avec Bazaine et Calder des affiches pour l’ORTF en grève. Le 26 mai 1968, 36 communistes adressèrent une lettre à la direction du Parti dans laquelle ils affirmaient leur « solidarité politique » avec le mouvement contestataire et reprochaient au Parti d’avoir freiné cet élan exceptionnel. Parmi les signataires, on retrouve Édouard Pignon, Hélène Parmelin, Jean Bouvier, Jean Chesneaux, Madeleine Rebérioux. Entre 1970 et 1973, Pignon réalisa de monumentales céramiques-sculptures : Vingtième siècle pour le Centre culturel d’Argenteuil, un Combat de coqs pour la Faculté des Sciences de Lille et des Plongeurs pour l’École des Beaux-Arts de Marseille-Luminy. Jacques Duhamel, ministre de la culture, le fait chevalier de la Légion d’honneur en 1972. Il conçut en 1973 les décors, dont une immense figure en fond de scène, pour Hamlet monté par Marcel Maréchal à Lyon. En avril 1973, la veille du vernissage de son exposition Les Nus rouges à la Galerie de France, il reçut un dernier coup de téléphone de Picasso qui meurt peu après. Une rétrospective des œuvres monumentales de Pignon fut organisée en Roumanie, Hongrie, Pologne, Luxembourg et Italie. Il collabora en 1974 à un recueil d’hommage à Fellini, avec qui il se lia d’amitié. En 1976 Pignon exposa Les nus rouges et après au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, présenta pour la dernière fois ses œuvres à la Galerie de France et reçut le Grand Prix national de la Ville de Paris. Il continua simultanément de réaliser des céramiques monumentales, L’Été pour Le Creusot (1975), Combat de coqs pour Saint-Étienne-du-Rouvray (1976), L’Homme à l’enfant commandée par Pierre Mauroy pour Lille et Combat de coqs pour Marles-les-Mines (1977). Pignon participa par ailleurs à toutes les expositions organisées en soutien aux dissidents emprisonnés en URSS et aux opposants de Tchécoslovaquie.

Au Centre Georges-Pompidou une exposition réunit en 1980 la quasi-totalité de ses œuvres conservées dans les Musées nationaux. Pour le centre de formation des Télécommunications de La Londe-les-Maures, Pignon réalisa en céramique sur béton découpé Les Plongeurs dans la vague (1980) et un timbre reproduisant ses Plongeurs fut édité par la Poste en 1981.

En 1981, après des années d’opposition, Édouard Pignon et Hélène Parmelin quittèrent le Parti Communiste. Le musée d’Antibes demandant en 1982 à treize peintres et sculpteurs un hommage à Picasso, Pignon réalisa une série d’aquarelles et cinq toiles sous le titre Pour Picasso, ses personnages et les miens au rendez-vous d’Antibes. En 1983, Jack Lang, ministre de la Culture, le fit Commandeur des Arts et des Lettres et François Mitterrand, Président de la République, lui remit les insignes d’Officier de la Légion d’honneur.

En 1985, une vaste exposition rétrospective de trois cent de ses œuvres fut organisée sur trois étages du Grand Palais. Il peignit ensuite une ultime série : les Nus géants (1986-1989). De mai à juillet 1990, pour fêter son quatre-vingt-cinquième anniversaire, le Musée national d’art moderne présenta dans les salles d’exposition permanente neuf grands tableaux inédits de la série des Nus géants accompagnés de six toiles des collections. Atteint d’une cécité progressive, Édouard Pignon mourut à La Couture-Boussey (Eure) le 14 mai 1993.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159019, notice PIGNON Édouard par Anysia L’Hôtellier, version mise en ligne le 21 mai 2014, dernière modification le 8 février 2015.

Par Anysia L’Hôtellier

ŒUVRE CHOISIE : La quête de la réalité, Éditions Gonthier, Paris, 1966, 156 p. —Contre-courant, Éditions Stock, Paris, 1974, 251 p.
Principales institutions conservant les œuvres d’Édouard Pignon : Musée national d’art moderne, centre Georges-Pompidou ; Centre national d’art contemporain ; Musée de l’ordre de la Libération ; Musée des beaux-arts de Nancy ; Musée des beaux-arts de Nantes ; Musée Picasso d’Antibes ; Musée d’art contemporain du Val-de-Marne ; Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg ; Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon ; Musée d’art moderne de Céret ; Musée Cantini de Marseille ; Musée des beaux-arts et d’archéologie de Libourne ; Musée de Grenoble ; Musée Antoine Vivenel de Compiègne ; Musée d’art moderne de Collioure ; Musée des beaux-arts de Lille ; Museum of modern art de New-York ; Tate gallery de Londre, Stedelijk Museum d’Amsterdam, Musée national d’histoire et d’art du Luxembourg, etc.

SOURCES : Préface de Jack Lang, textes de Jean-Louis Ferrier, Georges Duby, Gabrielle Althen, Alain Roger, Jean-Luc Chalumeau, Jean Lescure et Hélène Parmelin, Pignon, Galeries Nationales du Grand-Palais, Centre National des Arts Plastiques et Éditions Denoël, Paris, 1985, 300 p.Édouard Pignon, La quête de la réalité, Éditions Gonthier, Paris, 1966, 156 p. — Laurence Bertrand Dorléac, L’art de la défaite, 1940-1944, Éditions du Seuil, Paris, 1993, 481 p.Stéphane Courtois et Marc Lazar, Histoire du Parti communiste français, 2e édition, Puf, Paris, 2000, 480 p.

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