BATTINI Jean-François

Par Jacques Girault, Gérard Leidet

Né le 21 avril 1927 à Kénitra (Maroc) ; instituteur ; militant communiste ; militant syndicaliste, secrétaire général des sections des Bouches-du-Rhône du SNI (1964-1967) et de la FEN (1967-1972) ; ; conseiller municipal de Port-de-Bouc puis d’Allauch.

Fils d’un inspecteur des douanes et d’une future militante de l’Union des femmes françaises, Jean-François Battini vécut au Maroc jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Étudiant à la Fondation nationale des Sciences politiques de Paris, bachelier en droit, militant de l’Union nationale des étudiants de France, il appartenait à l’Union de la jeunesse républicaine française depuis 1946, puis au Parti communiste français, l’année suivante. Membre du bureau de la section communiste du VIe arrondissement de Paris (1947-1951), du comité de rédaction du journal communiste en direction des étudiants, Clarté (1948-1950), il suivit les cours d’une école de la fédération communiste de la Seine (1948 ou 1949).

Jean-François Battini travailla comme cadre commercial dans les Bouches-du-Rhône à partir de 1951. Secrétaire de la section communiste Saint-Barnabé à Marseille en 1951, après son service militaire (1952-1953) dans l’école d’application du train à Tours (Indre-et-Loire), officier de réserve, il devint instituteur et adhéra au Syndicat national des instituteurs. Il retrouva le secrétariat de la section communiste et le conserva jusqu’en 1957.

Jean-François Battini devint instituteur à Port-de-Bouc en 1953 et adhéra immédiatement au Syndicat national des instituteurs. Quand en janvier 1954 le PCF demanda aux instituteurs communistes de n’adhérer qu’au SNI, le SNI réorganisa la commission nationale des jeunes pour inclure des instituteurs ex-cégétistes et Battini y entra selon les décisions ratifiées par le bureau national du SNI, le 12 février 1954. Il se distingua très vite. Lors de la réunion de la commission du 9 mai 1954, fut discutée l’attitude à tenir vis-à-vis des équipes enseignantes et la Paroisse universitaire. Face à l’exclusion évoquée, il invoqua la situation dans les Bouches-du-Rhône où ces enseignants catholiques adoptaient des attitudes favorables à l’école laïque. Il refusa « toute action qui tendrait à leur jeter l’anathème ». Mais le dirigeant communiste Georges Fournial lui opposa « c’est le contenu de l’école qui est en danger ». Deux ans plus tard, lors de la réunion des responsables des commissions départementales des jeunes à la veille du congrès national, il insista pour améliorer la formation professionnelle dans les écoles normales.

Il se maria avec la fille d’un mécanicien et d’une femme de service, membres du PCF. Le couple eut cinq enfants.

Jean-François Battini s’installa à Port-de-Bouc où il enseignait et fut membre du bureau de la section communiste locale jusqu’en 1963. D’autre part, élu au comité de la fédération communiste (1961-1966), il était chargé du travail parmi les enseignants et du syndicalisme enseignant. Il siégeait aussi au conseil municipal de Port-de-Bouc (1959-1965).

Dès 1953-1954, membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, Jean-François Battini, délégué au congrès national, le 20 juillet 1957, dans les discussions sur les questions d’Outre-Mer, soutint la motion déposée par des « Amis de l’École émancipée » favorable à l’indépendance accompagnée d’une « construction commune » qui recueillit 604 mandats contre 1 159 à celle de la majorité. Le 20 juillet 1958, au congrès national, il intervint sur la question algérienne pour refuser toute intégration et réclamer l’ouverture de négociations. Au congrès national de 1961, dans la discussion sur le rapport sur la coopération culturelle et technique avec l’Algérie, il défendit la motion déposée par les douze sections minoritaires. Dans le questionnaire biographique rempli en 1973 pour le PCF, indiquait avoir suivi un stage destiné aux correspondants de L’École et la Nation en 1960.

Membre du bureau de la section jusqu’en 1970, il en devint le secrétaire général (1964-1967). Par la suite, il occupa la responsabilité de secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale (1967-1972). Intervenant souvent dans les congrès nationaux du SNI ou de la FEN (en 1965 par exemple) comme porte-parole du courant « Unité et action », il siégea dans les instances dirigeantes nationales de la FEN pendant quelques années.

Jean-François Battini, directeur de l’école « Les Micocouliers » dans le quatorzième arrondissement de Marseille, habitait Allauch à la fin des années 1960. Secrétaire de la section communiste locale au début des années 1970, vice-président du comité local de la fédération des parents d’élèves Cornec, il fut élu conseiller municipal d’Allauch en 1971. Retraité, il était un des principaux responsables de la radio-libre créée par l’Union des mutuelles de travailleurs à Marseille.

Dans les années 1980, toujours conseiller municipal d’Allauch, il quitta le PCF.

Sa sœur Marie-Louise Battini, future secrétaire adjointe d’une section académique (S3) du Syndicat national des enseignements de second degré, ses frères Guy Battini et Jean-Pierre Battini militaient dans les rangs du PCF.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15896, notice BATTINI Jean-François par Jacques Girault, Gérard Leidet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 31 décembre 2018.

Par Jacques Girault, Gérard Leidet

SOURCES : Arch. comité national PCF. — Bulletins des sections du SNI et de la FEN des Bouches-du-Rhône ; L’Ecole libératrice ; L’Enseignement public. — Notes de Jean-Claude Lahaxe et de Jean Reynaud.

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