BOURBON Henri, Paul

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 8 avril 1900 à Paris (Xe arr.), fusillé le 21 janvier 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; plombier-couvreur.

Fils d’Adolphe, tourneur sur cuivre, et de Rose, née Monnery, couturière, Henri Bourbon épousa le 20 décembre 1922 Jeanne Noyer. Le couple eut un enfant. Henri Bourbon exerçait son métier de plombier-couvreur pour le compte de la Compagnie industrielle immobilière et lisait parfois Le Libertaire. Lasse de l’intempérance régulière de son mari, en décembre 1938 Lucienne Bourbon se sépara de lui. Il trouva refuge au 5e étage de l’immeuble où son frère et sa belle-sœur étaient concierges, 34 rue des Maronites à Paris (XXe arr.). En 1938 il fut appréhendé sur la voie publique alors qu’il gesticulait dans la rue avec une arme à la main. Jugé par le tribunal correctionnel de la Seine, il écopa de trois mois de prison avec sursis et cinquante francs d’amende.
Pendant la guerre, posséder une arme était puni de la peine de mort par les occupants. Henri Bourbon aimait posséder et porter une arme sur lui. Il acheta un vendredi soir de libation dans un café un pistolet calibre 6,35 mm. Le 8 décembre 1941 alors qu’il rentrait rue des Maronites après le couvre-feu, il entendit des bruits de pas derrière lui et se mit à courir... se retourna, dégaina et tira. Les poursuivants étaient des gardiens de la paix. Il parvint à s’échapper et se débarrassa de son arme dans un buisson du square de la rue Sorbier. Il rentra à son domicile et se coucha. Le lendemain il se rendit à son travail.
Des policiers de la police judiciaire se présentèrent en fin d’après-midi à la loge rue des Maronites, ils perquisitionnèrent, saisirent une brochure intitulée « La plate-forme politique de l’opposition » datée de 1927 et une partition musicale « Gloire aux Mutins de Calvi ». Henri Bourbon fut appréhendé dans sa chambre, rien n’étant saisi, et emmené au siège de la police judiciaire au 36 quai des Orfèvres. Interrogé par le commissaire principal Georges Veber, il reconnut les faits. Il expliqua : « Lorsque je suis dans cet état je suis comme fou et j’empoisonne mon frère et ma belle-sœur ainsi que tous les voisins. [...] Je ne me livre pas à des violences sur les personnes, mais je les injurie et je les menace ». Des crises de paludisme affectaient régulièrement Henri Bourbon qui ne se contrôlait plus.
Inculpé de « tentative d’homicide volontaire » il fut remis aux Allemands et incarcéré à la prison du Cherche-Midi qu’ils administraient. Il comparut le 15 janvier 1942 devant le tribunal du Gross Paris, rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « détention d’armes », il fut exécuté le 21 janvier 1942 au Mont-Valérien. Son inhumation eut lieu au carré des fusillés du cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Les journaux collaborationnistes Le Matin et Paris-Soir du 26 janvier 1942 publièrent un « Avis » annonçant son exécution.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158807, notice BOURBON Henri, Paul par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 9 mai 2014, dernière modification le 26 mars 2017.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo., 77W 1459, KB 105. – DAVCC, Caen, Boîte 5/B VIII dossier 3, Liste S 1744-45/42 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin et Paris-Soir, 26 janvier 1942. – État civil, Paris (Xe arr.).

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