PONTAUD Simone [née VEYAN Simone]

Par René Crozet

Née le 2 février 1919 à Saint-Julien-le-Montagnier (Var), morte le 12 décembre 2004 à Marseille (Bouches-du-Rhône, IXe arr.) ; institutrice ; militante du SNI et mutualiste (MGEN) ; militante socialiste.

Simone Veyan était la fille d’un agriculteur varois, installé par la suite dans les Alpes-de-Haute-Provence, et de Céline Pourrière. Sa famille était de tradition laïque et socialiste. Elle fit ses études primaires à l’école communale de Quinson (Alpes-de-Haute-Provence) où l’instituteur, enraciné dans le village, marqua profondément des générations d’élèves par son esprit de justice et d’égalité. Ayant été reçue en 1930 au concours des bourses, elle fréquenta l’école primaire supérieure de jeunes filles de Brignoles (Var) en qualité d’interne. La directrice, extrêmement sévère mais très ouverte à la culture, à la vie sociale et politique, invita dans l’établissement des journalistes, des artistes, des poètes, des romanciers qui présentaient leurs idées ou leurs œuvres aux élèves. Par exemple, elle entendit Jean Giono* lire le manuscrit de Que ma joie demeure et initier les élèves à la musique de Mozart.

Simone Veyan fut reçue en 1935 au concours d’entrée à l’École normale d’institutrices d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Nommée en 1938 institutrice à Orgon, Simone Pontaud, après avoir enseigné dans différentes écoles primaires de Marseille, devint pour quelques mois professeur à l’EPS Michelet à Marseille (Italien et Lettres modernes), avant d’être "mise à la disposition" de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de 1948 à 1975, année de sa retraite administrative.

Elle épousa le 28 septembre 1946 à Marseille Hubert Pontaud, fonctionnaire municipal à Marseille avec qui elle eut trois enfants. Socialiste et franc-maçon, son mari, révoqué par le régime de Vichy en 1941, se reconvertit dans le commerce d’import-export. En Algérie au moment du débarquement américain, il s’engagea dans les Forces françaises libres et participa à l’armée de Libération jusqu’à sa démobilisation en 1945.

Toute l’existence de Simone Pontaud fut tournée vers les questions sociales et orientée par le socialisme. Intéressée dès l’enfance par la vie politique, à l’école normale elle se forma sa conscience politique. Militante syndicale, dès sa première année d’entrée en fonction de directrice de l’école de filles d’Orgon, elle participa, seule dans l’école, à une grève des études qui faillit lui coûter son poste (le maire demandant sa démission). Sa vocation sociale trouva à se manifester dans différentes classes de Marseille où se trouvaient essentiellement des enfants d’immigrés ayant besoin d’un soutien actif et bienveillant (Italiens, Grecs, Portugais, arabes, arméniens...).

Durant l’Occupation, Simone Pontaud participa à des actions d’aide et de soutien aux victimes du régime de Vichy et du nazisme (accueil et hébergement de collègues révoqués et déplacés, de juifs étrangers ou recherchés par la police de Vichy ou la police allemande)

Simone Pontaud fut une militante mutualiste très active. A partir de 1948, elle participa à toutes les étapes du développement de la Mutuelle, tant au niveau départemental qu’au niveau national. En 1952, elle devint directrice de la section MGEN des Bouches-du-Rhône jusqu’en 1966. De 1980 à 1994, elle fut vice-présidente de la section. De 1963 à 1981, élue à la commission administratrice nationale de la MGEN, première femme à devenir membre du bureau national puis secrétaire générale adjointe, elle fut chargée du service Handicap, de 1965 à 1981. Elle mit en place la prestation handicap et créa les premières colonies de vacances pour handicapés à Saint-Nazaire-en-Royans (Drôme) puis à La Ménaudière (Loir-et-Cher) et Riec-sur-Belon (Finistère) et d’un centre d’accueil permanent pour "handicaps lourds" dans la région du Royans (Drôme). Elle contribua à la création du service de tutelle pour handicapés mentaux dont les parents disparaissaient, service étendu par la suite aux mutualistes eux-mêmes dans le cas de perte de leur autonomie mentale ou physique. Au titre de ses responsabilités nationales à la MGEN, elle participa à la commission « Action sociale » pour la préparation du 6ème Plan de la nation, au Conseil supérieur de l’information sexuelle, au Comité national des Jeunes contre la faim, au Conseil d’administration de l’Association nationale des communautés éducatives.

Les activités mutualistes de Simone Pontaud la conduisirent également aux fonctions suivantes :

- Membre du conseil d’administration du Comité départemental des Bouches-du-Rhône de l’Association pour adultes et jeunes handicapés, de 1980 à 1990 et administratrice nationale de l’APAJH,

- Membre de la commission du 3ème âge du Grand Conseil de la Mutualité des Bouches-du-Rhône, depuis 1982,

- Administratrice de la Fédération nationale de la mutualité française,

- Administratrice de la Maison des universitaires, de 1980 à 1988,

- Administratrice de l’Association des donneurs de sang de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône depuis 1982 et vice-présidente nationale.

Simone Pontaud était membre du Parti socialiste SFIO puis du Parti socialiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158800, notice PONTAUD Simone [née VEYAN Simone] par René Crozet , version mise en ligne le 9 mai 2014, dernière modification le 9 mai 2014.

Par René Crozet

SOURCES : Documentation MGEN. — Informations fournies par l’intéressée. — Notes de Jean-Michel Laxalt et de Charlotte Siney.

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