Né le 14 mai 1925 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 11 novembre 2016 ; métallurgiste à Marseille ; responsable des jeunes syndiqués à l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, secrétaire de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône de 1952 à septembre 1961 puis membre du bureau fédéral jusqu’en 1968 ; conseiller municipal (1965-1983 puis 1989-1995), maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille de 1983 à 1989, maire honoraire depuis.

Pascal Posado avec la chanteuse Isabelle Aubrey et Guy Hermier
Manifestation pour sauver l’emploi, de droite à gauche : A. Millo, F. Caccintolo, P. Posado
Fils unique de Virgilio Posado, paveur, né à Quintana del Marco (province de León, Espagne), devenu épicier en 1931 à la Villette puis aux Aygalades (Marseille), et de Rosenda Carreño, employée, originaire de Marseille, Pascal Posado vécut son enfance dans le quartier des Aygalades où ses parents s’étaient installés peu avant la Grande-guerre : « dans ma famille j’étais en présence, pour le moins, de républicains progressistes. Mes parents étaient espagnols. Ils étaient venus en 1913 avec l’immigration économique, poussés par la misère. Mon oncle était curé… » précisait-il en juin 2011. Ce dernier point explique les liens assez étroits de son père avec l’Eglise. Scolarisé à l’école primaire Arenc-Bachas, il participa à son premier défilé le 14 juillet 1936, portant ce jour-là le drapeau des AIL de son quartier. L’acquisition de la nationalité française ne l’empêcha pas de se montrer très sensibilisé par les événements de la guerre civile d’Espagne. Après avoir fréquenté le cours complémentaire de la rue François Moisson, Pascal Posado réussit le concours d’entrée à l’usine de la Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Sud-Est (SNCASE) à Marignane (Bouches-du-Rhône). Il devint apprenti à l’âge de 15 ans mais passionné par la géométrie et l’algèbre, il y prépara le CAP de fraiseur qu’il réussit en mars 1943 grâce aux cours du soir.
Pascal Posado adhéra à la CGT clandestine, puis au Parti communiste en 1944 et participa aux mouvements revendicatifs dans la métallurgie marseillaise en mars 1944. Il suivit ensuite les différentes écoles du Parti : l’école interfédérale à Marseille en décembre 1944 dirigée par Roger Garaudy* puis l’école qui se déroulait sur un mois. Une période au cours de laquelle il découvrit les classiques du marxisme et s’adonna avec passion à la lecture des textes de Lénine.
Pascal Posado figura, lors de la Libération, sur la liste présentée par la CGT pour siéger à la délégation municipale. Son jeune âge l’obligea à obtenir une dispense du commissaire de la République Raymond Aubrac. Sans en posséder le titre, exerça les fonctions de conseiller municipal d’août 1944 à avril 1945. Trop jeune, ni électeur ni éligible, il ne put se présenter aux élections municipales.
Sur le plan syndical, Pascal Posado devint dès l’après-guerre secrétaire de la commission départementale des jeunes au sein de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. À ce titre, il participa aux travaux du premier CCN (27-29 mars 1945), fut chargé du rapport sur la jeunesse lors des congrès de l’UD qui se tinrent à Marseille les 9 et 10 juin 1945 et les 29 et 30 juin 1946. Il devint secrétaire de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône à la suite du 27e congrès (4 au 7 juillet 1947), membre du bureau national CGT (section jeunes en mai 1948), avant de rejoindre la Commission administrative de l’union départementale en janvier 1949 puis d’entrer au bureau de l’UD à la suite du 28e congrès (25-27 Juin 1948).
Durant la même période, Posado assista au XIe congrès du PCF qui se tint à Strasbourg en juin 1947. Du 6 novembre 1947 jusqu’en mars 1948, il suivit les cours de l’école centrale du Parti. Membre des Combattants de la paix et de la liberté en mai 1949, il fut membre du bureau fédéral des Bouches-du-Rhône en septembre 1949. Il fut élu au bureau fédéral des Combattants de la paix et de la liberté des Bouches-du-Rhône en septembre 1949 ; dans le même temps il était membre du bureau fédéral des Bouches-du-Rhône.
Réélu membre (permanent) du bureau de l’union départementale CGT lors du XXIX° congrès en juin 1949, Pascal Posado assista en août suivant au festival mondial de la jeunesse à Budapest. Il perdit sa place au sein du bureau de l’union départementale à la suite de la réorganisation de l’équipe dirigeante effectuée du 7 au 9 octobre de cette année lors de la venue à Marseille de Benoît Frachon*. Dans un contexte de chute des effectifs à la CGT, Pascal Posado dut alors « retourner à la production » et reprendre son emploi à la SNCASE afin d’assurer son existence. Il travailla un temps à la manufacture provençale de matières plastiques à Saint-Pierre, un des quartiers à l’est de Marseille, occupa un emploi temporaire à la SNCASE, puis connut des périodes de chômage.
L’activité militante de Pascal Posado allait s’exercer dorénavant beaucoup plus au sein du PCF bien qu’il participât aussi au secrétariat des Combattants de la Paix de Marseille. Il fut nommé membre du bureau de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône en mars 1950 et s’y trouva plus particulièrement chargé des problèmes financiers sur l’ensemble des douze fédérations communistes du Sud-est. Cette promotion fit de Pascal Posado un des neuf délégués désignés pour représenter Marseille au XIIe congrès du PCF en avril 1950.
Membre de la commission administrative de l’union départementale CGT en 1951, Pascal Posado devint un permanent du parti, responsable à la presse, à la fin de cette année. Il fut désigné secrétaire fédéral en juillet 1952 pour remplacer Josette Reibaut* décédée. En septembre 1952, il fut chargé de la commission fédérale militaire (avec une responsabilité sur neuf départements). Il était en outre inspecteur du parti à l’échelon régional.
Pascal Posado exerça d’importantes fonctions au sein du secrétariat fédéral, s’occupant des problèmes d’organisation et de montée des cadres jusqu’en 1961. Accordant dès lors un grand intérêt aux problèmes financiers, c’est lui qui devait mettre en place les carnets d’effectifs pour chaque cellule du Parti. Il fut parallèlement secrétaire de la section de La Cabucelle en 1959, au sein de laquelle militaient Roger et Jeanine Porte*, chargé par ailleurs du comité du parti de la Société provençale de constructions navales (SPCN) en 1960. Réélu au poste de secrétaire le 7 mai 1961, Pascal Posado fut touché en compagnie de Paul Cermolacce* et de Roger Donadio* par la réorganisation du secrétariat fédéral au mois de septembre suivant. Il devint alors pour plusieurs années permanent du parti au sein du bureau fédéral et instructeur du comité central. C’est dans cette période qu’il participa à la recherche d’un nouveau local pour la Fédération des Bouches-du-Rhône (rue Saint Bazile, un ancien hôtel en cours de rénovation) et à la création de la librairie Paul Éluard, véritable lieu de sociabilité culturelle pour les militants communistes. Pour la réalisation de ces projets et dans le cadre des souscriptions il reçut le soutien financier et humain de Jean Jérôme*. La direction du Parti lui demanda alors de devenir collaborateur du comité central pour les questions financières et de « suivre » douze fédérations, principalement celles du Gard, de l’Hérault, de la Drôme, de l’Ardèche et de la Corse.
L’action de Pascal Posado s’orienta ensuite davantage vers des responsabilités d’élu. Lors des élections municipales de 1965, qui virent le découpage de la ville en secteurs de deux arrondissements, il devint conseiller municipal, élu sur le 8e secteur (15e et 16e arrondissements) sur la liste Billoux*-Matalon* (15 élus en tout). Il travaillait dans le même temps avec Georges Gosnat* (suppléant à Vitry de Maurice Thorez*) sur des dossiers politiques mais aussi techniques tels le Bureau d’études et de recherches pour l’industrie moderne (BERIM, créé en 1948 par Raymond Aubrac*), l’Organisation générale des consommateurs (Orgeco) …qui lui permettaient d’appréhender la dimension politique des problèmes d’urbanisme (l’importance des transports en commun notamment).
Pascal Posado fut le suppléant de François Billoux dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône lors des législatives de mars 1967, et de juin 1968. Après avoir été candidat dans le 8e secteur lors des municipales de mars 1971 sur la liste Lazzarino* qui fut élue dès le premier tour, Posado devint alors Président du groupe communiste au conseil municipal et ce jusqu’en 1983, structurant ses interventions orales et écrites avec André Donzel et Victor Régniaud*. À cet égard, il appuya sa réflexion autour du groupe de recherches sur la cité Phocéenne lors d’une journée d’études intitulée « Pour mieux agir, mieux connaître Marseille » avec la participation de nombreux sociologues : Danielle Bleitrach, Alain Chenu, André Donzel, Pierre Reboud et Bernard Tabuteau. Le groupe municipal qu’il dirigeait se situait clairement dans l’opposition à la gestion de Gaston Defferre* ; pour autant les deux hommes se respectaient mutuellement et une reconnaissance réciproque des qualités de chacun trouva à s’exprimer. Élu député suppléant de François Billoux dans le 4e secteur (14e, 15e, 16e arrondissement) lors des législatives de 1971, il fut réélu à ce même poste au premier tour le 4 mars 1973.
Incarnant pour beaucoup d’observateurs « la passion de Marseille et des quartiers Nord », Posado participa à la Commission des activités municipales du Comité central avant que ne soit créée l’Association nationale des élus communistes et républicains sous la houlette de Marcel Rosette*. En 1976, désigné par le conseil municipal, il devint président du groupe communiste au conseil régional avant de devenir vice-président du conseil régional PACA en 1982. Auparavant, Posado avait été en 1978 le suppléant de Guy Hermier*, candidat à la succession de François Billoux comme député en 1978 dans la IVe circonscription de Marseille (14e, 15e, 16earrondissements correspondants aux quartiers Nord de la cité phocéenne). Tous deux furent élus dès le premier tour avec 31 283 voix sur 76 126 inscrits. Il fut à nouveau le suppléant de Guy Hermier lors des élections législatives de juin 1981.
Lors des élections municipales de 1983 qui virent la naissance des mairies de secteur, Pascal Posado fut élu maire des 15e et 16e arrondissements. Il conserva ce mandat jusqu’en 1989 puis siégea comme simple conseiller municipal durant les six années suivantes. Dans cette municipalité dirigée par Robert Vigouroux (PS), le maire des 15e et 16e arrondissements qui lui succéda fut le dissident communiste Lucien Vassal*. En 1995, c’est Guy Hermier, qui figurait au conseil municipal de Marseille depuis 1983, qui devint maire de ce même 8e secteur.
En 1997, cet engagement d’un demi-siècle pour la cité Phocéenne et ses quartiers populaires fut reconnu à travers la décision du Préfet des Bouches-du-Rhône de nommer Pascal Posado maire honoraire des 15e et 16e arrondissements de Marseille.
Membre de l’Association des vétérans du PCF, Pascal Posado anime depuis de nombreuses années l’association « Mémoires Vivantes » des 15e et 16e arrondissements. Très attaché à la mémoire locale et militante, il a impulsé de nombreuses initiatives autour de ces questions : Il a été ainsi la cheville ouvrière avec Léo Lorenzi* de la publication d’un recueil de 150 témoignages de résistants communistes des Bouches-du-Rhône (voir œuvre). C’est sur sa proposition qu’un premier colloque sur les grèves de novembre 1947 à Marseille a été organisé en 1997. En novembre 1998, il a mis sur pied une journée d’études sur le thème de l’engagement ouvrier à Marseille contre la guerre d’Indochine prolongée en 1999 par une exposition à bord du navire Danielle Casanova. Au début des années 2000, il contribua à la création du Musée virtuel de la Résistance en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 1940-1945 (MUREL, équipe PACA du musée de la Résistance en ligne). En novembre-décembre 2013, pour les 15 ans de « mémoires vivantes », Pascal Posado a participé à l’organisation d’une série d’expositions, de films et de débats revisitant les thématiques abordées par l’association (Marseille/Alger, les deux sœurs de la Méditerranée ; Marseille et l’Indochine ; Jeunes en Résistance ; Les femmes dans la Résistance). Un projet de film documentaire accompagné d’un livre retraçant son parcours de militant et d’élu est en cours d’élaboration avec la participation de Paul Bouffartigues, sociologue, et de Gérard Leidet, enseignant-chercheur.
Pascal Posado s’était marié le 22 décembre 1949 avec Françoise Thomas. En 2014, il résidait toujours à Marseille, Boulevard Gustave Desplaces dans le 3e arrondissement de Marseille.

ŒUVRE  : Léo Lorenzi et Pascal Posado, Les communistes face à la tourmente dans les Bouches-du-Rhône, 1938-1945, ed Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, 1995. — Si 1947 m’était conté, autour du programme du CNR et des entreprises réquisitionnées, EDF-GDF, ed Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, 1997. – Participation à Marseille et l’Indochine, paroles pour Xuan et Marius, récit et textes de Léo Lorenzi*, CD-Rom de Jacques Roger*, brochure éditée par l’association « Mémoires vivantes », préface de Charles Fourniau, président de l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne.

SOURCES : Listes internes établies entre 1952 et 1967 à la suite des élections des instances dirigeantes de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. — Archives départementales des Bouches-du-Rhône, dossier 148 W 306, note des RG du 31 octobre 1950. Dossier 148 W 302, notes des 1er mai 1948 et 1951. Dossier 148 W 382, rapport des RG du 14 novembre 1948 (148 W 382). Dossier 148 W 294, note du 17 septembre 1952. — Le Midi Syndicaliste, numéro spécial édité à la suite du congrès de l’UD (9 et 10 juin 1945, salle de l’ancienne Casa d’Italia, rue d’Alger) destiné à préparer le congrès de Lyon de juin 1945. Édité par l’UD des syndicats ouvriers des Bouches-du-Rhône. — La Marseillaise, 11 février 1947, 19 mai 1948, 10, 18 janvier ; 14 mars ; 5 et 13 avril ; 23 mai, 13 juin ; 1er septembre, 7 novembre, 24 décembre 1949, 14 mars ; 5 et 13 avril, 8 juillet 1950, 17 et 29 janvier, 27 avril, 27 mai 1951, 8 et 10 juillet 1952, 2 et 22 (photo) février, 11 et 28 mars (photo), 6 et 24 avril (photo), 3 (photo), 11, 13, 18, 28, 29 et 30 mai, 16 (photo), 17 et 22 (photo) juin, 15 juillet 1953, 14 et 17 janvier (photo), 29 mars (photo) 1954, 16 mars, 7 avril, 15 juillet (photo), 9 novembre (photo) 1955, 6 février, 2 mai, 9 juillet 1956. — La Marseillaise, 20 février 1965, 1er mars 1967, 2 mars 1973, 3 février, 15 mars 1971, 7 janvier 1976. — Rouge-Midi, 30-31 mars 1947. — Le Midi-Syndicaliste, n° 97 du 6 juillet 1946. — Le Provençal, 29 mars 1945. — « Pascal Posado, la passion de Marseille et des quartiers nord ». Revue Quartiers Nord, éditée par la mairie des 15e et 16e arrondissements, numéro d’octobre-novembre 1997, p. 8. — Lucien Molino, Ma vie et mes combats, Préface de Robert Mencherini. Miramas, édité à compte d’auteur, 2000, page 114. — Déclarations effectuées lors des entretiens des 6 novembre 1996, 12 novembre 1997, 11 février 1998 ; 30 juin 2011, 7 novembre 2013 ; 4 janvier 2014 ; 1er mars 2014. — État civil.

Jean-Claude Lahaxe, Gérard Leidet

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