MOTCHANE Didier

Né le 17 septembre 1931 à Paris (XVIe arr.), mort le 29 octobre 2017 à Paris  ; magistrat  ; militant socialiste SFIO de Paris  ; un des créateurs du CERES  ; secrétaire national de 1973-1987, député européen (1979-1989).

Fils d’un industriel et mathématicien Léon Motchane, un ami de René Dumont, Didier Motchane, licencié es lettres, diplôme d’études supérieures en histoire, élève de l’Institut d’études politiques promotion 1952, élève de l’ENA (1954-1956), fut d’abord proche d’une organisation gaulliste de gauche Patrie et progrès. Avec Jean-Pierre Chevènement, Pierre Guidoni, Alain Gomez, il fonda fin 1965 le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES) qui rejoignit la Section française de l’Internationale ouvrière.

Membre du Parti socialiste après le congrès d’Épinay (juin 1971) où il fut le rédacteur de la motion majoritaire "Unité, rénovation" (Mitterrand n’ajouta que deux paragraphes), partisan de l’Union de la gauche, il assuma les fonctions de secrétaire international pour le tiers-monde, de secrétaire à la formation puis à l’action culturelle du Parti socialiste dont il fut un des fondateurs en juin 1971 (au congrès d’Épinay). Il fut à l’origine du logo "le poing et la rose".
Ses rapports avec Mitterrand ne furent jamais bons. Dans les trois créateurs du CERES c’est celui qui par sa pensée théorique, systématique et quasi scientifique irritait le plus l’homme d’Épinay. Leurs échanges au bureau exécutif du PS, étaient, disent les témoins, "vifs, parfois brutaux".
Il siégea au Parlement européen de 1979 à 1989 (il y observa sans passion la cuisson du " vol-au-vent à la sauce financière " dit-il) puis fut nommé au tour extérieur, à la Cour des comptes.
Il fut hostile au tournant de la rigueur de mars 1983 et dénonça "l’européanisme" dans lequel il voyait un renoncement à la "nation"et "l’idéologie des socialistes virés libéraux". La première guerre du Golfe (1990-1991) provoqua sa colère : exiger de Saddam Hussein, embargo à l’appui, qu’il évacue le Koweït était légitime mais entreprendre contre l’Irak, sous ce prétexte, une guerre de destruction ne l’est pas. En y prêtant la main aux États-Unis disait-il, la France contribue à restaurer sur le monde une domination que leur situation économique ne leur assurait plus.

Son itinéraire est parallèle à celui de son cadet, Jean-Pierre Chevènement. Ayant quitté le PS en 1993, il participa à la création du Mouvement des citoyens, devenu en 2003 le Mouvement républicain et citoyen (MRC).

Il dirigea Les cahiers du CERES, puis les revues Frontière, Repères, NON et Enjeu. Il signa parfois ses articles du pseudonyme de Jean Dragon.
Nommé en 2000 et reconduit en 2005, il présida une section de la commission des recours des réfugiés.

Lors de l’élection présidentielle française de 2012, il apporte son soutien au candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Dans un dernier entretien à Mediapart, le 20 mai 2017, il louait "la cohérence" de Jean-Luc Mélenchon.
Didier Motchane mourut d’un cancer le 29 octobre 2017.
Il était le frère du physicien Jean-Loup Motchane.
Père de trois enfants, il épousa en 2007 la réalisatrice Dominique Cabrera.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158610, notice MOTCHANE Didier, version mise en ligne le 4 mai 2014, dernière modification le 5 janvier 2018.

ŒUVRE  : Clés pour le socialisme, 1967  ; Un atlantisme à la Charentaise, 1992)  ; Voyage imaginaire à travers les mots du siècle, (2010), Les années Mitterrand (2011)  ; sous le pseudonyme collectif de Jacques Mandrin, L’Énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise en 1968 et Socialisme et social-médiocratie (avec Jean-Pierre Chevènement et Alain Gomez), Le socialisme et la France (avec Pierre Guidoni), 1983.

SOURCES : Presse nationale. — Sites internet. — Le Monde, 3 novembre 2017, par Michel Noblecourt .— Mediapart, entretien de Fabien Escolona avec Didier Motchane, 20 mai 2007.https://www.mediapart.fr/journal/france/260517/didier-motchane-contempteur-des-sociaux-democrates-vires-liberaux.

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